Pourquoi cette canicule de juin est beaucoup plus dangereuse qu'une canicule d'août

Pourquoi cette canicule de juin est beaucoup plus dangereuse qu'une canicule d'août La vague que chaleur qui s'installe sur la France est historique. Et ce n'est vraiment pas une bonne nouvelle.

Ce mercredi 17 juin, la France a basculé brusquement dans un épisode de chaleur qui s'annonce extrême. Avec des prévisions météo frôlant les 37°C cette semaine et un pic exceptionnel attendu ce week-end à près de 40°C, les premières alertes officielles sont activées. Et il faut être prudent, sans doute plus que durant les mois de juillet ou août, on aurait tort de pense qu' une canicule en juin est moins éprouvante qu'au cœur de l'été. Scientifiquement, c'est exactement l'inverse. Cette vague de chaleur précoce s'avère bien plus redoutable pour l'organisme qu'un épisode survenant en août.

En août, notre corps a déjà subi des hausses thermiques progressives depuis le printemps. Il s'est adapté : la sudation est plus rapide et le système cardiovasculaire s'est ajusté pour évacuer la chaleur. En ce milieu de juin, nous sortons à peine de la fraîcheur. L'organisme n'a pas encore eu le temps de mettre en place ses mécanismes de thermorégulation. Le choc thermique est donc immédiat et beaucoup plus agressif. "On estime qu'il faut une dizaine de jours de montée progressive en température pour que notre corps s'adapte", estime Guy Lenaers, directeur de recherche au laboratoire Biologie mitochondriale et cardiovasculaire du CNRS, interrogé par TF1.

Nous sommes à quelques jours à peine du solstice d'été. À cette période, l'hémisphère nord reçoit la quantité maximale de rayonnement solaire de l'année. Les journées actuelles sont les plus longues de l'année, le soleil brillant pendant près de 16 heures.

La Chaine Météo © La chaine météo

La durée d'ensoleillement est maximale et l'index UV atteint des niveaux critiques de 8 à 9 sur tout le pays. De plus, les nuits sont extrêmement courtes. La masse d'air n'a pas le temps de refroidir, ce qui provoque l'apparition précoce de nuits tropicales où le mercure ne descend pas sous les 20°C à Paris ou Lyon, empêchant l'organisme de récupérer.

Il faut aussi noter qu'en août, la nature est habituée à la sécheresse. En juin, la végétation est encore en pleine croissance et gorgée d'eau. L'arrivée brutale de cette masse d'air saharienne provoque un stress hydrique immédiat.

Les prévisionnistes de La Chaîne Météo alertent ce phénomène : la baisse ultra-rapide de l'humidité superficielle des sols accentue l'effet de dôme de chaleur. Sans humidité à évaporer pour rafraîchir naturellement l'atmosphère, l'énergie du soleil se concentre uniquement à chauffer l'air et le béton, transformant les métropoles en véritables bouillons de culture.