Déconfinement en Europe : Angleterre, Espagne, Italie, le point sur les mesures et restrictions par pays

Déconfinement ou poursuite des restrictions, couvre-feu, ou réouverture de certains établissements... On fait le point sur les nouvelles mesures mises en place en Europe pour lutter contre la deuxième vague de coronavirus.

[Mis à jour le 27 novembre 2020 à 16h48] L'Allemagne réclame l'interdiction des séjours de ski en Europe et va maintenir ses restrictions anti-virus jusqu'à début janvier, tandis que d'autres pays, France en tête, les allègent progressivement à l'approche de Noël.

Quelques freins aux voyages commencent à être levés dans l'Hexagone. Jean Castex a ainsi indiqué que les voyages touristiques seront " autorisés " à partir du 15 décembre, lors de la conférence de presse de ce 26 novembre, si le déconfinement est bel et bien acté. "Les déplacements vers l'étranger seront possibles ", et donc ne seront plus limités aux voyages impérieux. " Mais compte tenu de l'évolution rapide de la pandémie dans le monde, il sera indispensable de se tenir informé avant d'envisager tout déplacement, en consultant les conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères."

Gérée par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), une carte unique de zones rouges, vertes, oranges et grises permet aux voyageurs de mieux s'y retrouver (disponible ICI et mise à jour le 26 novembre 2020). Au total, une vingtaine de pays de l'UE, dont la France, l'Espagne, la Belgique, le Portugal, les Pays-Bas ou encore l'Italie et le Royaume-Uni apparaissent en rouge en raison de leur situation sanitaire. Aucun pays n'apparait en vert cette semaine et seules l'Irlande, la Finlande et la Norvège sont majoritairement en orange avec quelques zones en rouge.

Carte des restrictions de voyages de l’UE © ECDC

A noter : pour des informations plus complètes sur trois pays très prisés - Espagne, Italie et Portugal - n'hésitez pas à consulter nos focus dédiés. Ils comprennent toutes les informations pratiques pour préparer votre voyage et vivre des vacances sereines, même en cette période délicate :

En Espagne, couvre-feu national et état d'urgence sanitaire

Depuis début septembre, le pays entier est passé en zone rouge, ce qui signifie que tous les voyages non essentiels, notamment touristiques, ne sont plus autorisés. Fin octobre, les députés espagnols ont voté en faveur de la prolongation pour six mois de l'état d'urgence en Espagne. Le gouvernement du pays a dans le même temps annoncé l'instauration d'un couvre-feu nocturne de 23 heures à 6 heures du matin sur l'ensemble du territoire à l'exception des îles Canaries. Interrogés par un institut de sondages pour le quotidien, les Espagnols se disent prêts à supporter un nouveau confinement "si nécessaire" et à "faire des sacrifices"  même si des mesures plus strictes "nuisent à l'économie".

L'Espagne oblige depuis le 23 novembre prochain, les voyageurs provenant de 65 "pays à risque", dont la France, à présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures à leur arrivée sur le territoire espagnol. Cette mesure s'appliquera "dans les points d'entrée" dans le pays, c'est-à-dire les aéroports et les ports, les frontières terrestres n'étant actuellement pas soumises à des contrôles comme lors de la première vague de la pandémie.

De son côté, la Catalogne a annoncé la réouverture des bars, restaurants et cinémas dès lundi, après plus d'un mois de fermeture, dans le cadre d'un plan d'assouplissement des mesures prises pour faire face au Covid-19. L'exécutif régional autorise depuis le 23 novembre la réouverture des bars et des restaurants jusqu'à 21h30 avec des capacités d'accueil limitées à 30% en intérieur.

  • Le port du masque est obligatoire pour toute personne de plus de 6 ans, dans les transports publics, dans les espaces publics ou dans les lieux recevant du public, y compris les hôtels et les commerces, lorsqu'une distance d'un mètre cinquante ne peut être respectée entre deux personnes.
  •  Tout passager souhaitant se rendre en Espagne par avion devra compléter un formulaire personnel et non transférable : une fois ce formulaire complété et signé, le voyageur recevra un QR code associé à son voyage qu'il devra conserver sur son téléphone portable ou imprimer afin de pouvoir passer le contrôle sanitaire aéroportuaire.
  • Les plages sont ouvertes mais les règles (réservation, limitation de la fréquentation...) sont décidées par chaque municipalité.

En Italie, un couvre-feu général

Face à cette deuxième vague, un couvre-feu national de 22h à 5h est entré en vigueur vendredi en Italie jusqu'au 3 décembre. Comme en Grèce, les lycées passent à l'enseignement à distance, et les musées sont fermés, de même que les centres commerciaux durant le week-end. La région de Naples (Campanie) a été classée en "zone rouge" ainsi que la Toscane, a annoncé officiellement vendredi soir le gouvernement italien, confirmant ainsi que près de la moitié des Italiens sont désormais en confinement partiel. Le ministre italien de la Santé, Roberto Speranza, a signé en soirée un décret qui institue par ailleurs trois nouvelles zones oranges (Emilie-Romagne, Frioul, Marches).

L'Italie a revu sa politique d'entrée sur le territoire pour les voyageurs français. Alors que tous les voyageurs arrivant de l'Hexagone doivent remplir un formulaire avant d'entrer sur le territoire italien, certains d'entre eux devront également se signaler dès l'arrivée à l'autorité sanitaire régionale et présenter le résultat négatif d'un test moléculaire (PCR) ou antigénique de moins de 72h, ou se soumettre à un test sur place en arrivant en Italie. Ces mesures concernent les voyageurs qui, au cours des 14 derniers jours, ont séjourné ou transité par les régions françaises suivantes : Auvergne-Rhône-Alpes, Corse, Hauts-de-France, Ile-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur.

  • Dans toute l'Italie, il est obligatoire de porter un masque dans les lieux publics intérieurs. Depuis le 16 août, le port du masque est désormais obligatoire entre 18h et 6h dans les lieux publics.
  • Les voyageurs en provenance d'un pays de l'Union Européenne ne sont plus soumis à une quarantaine et sont libres de se déplacer. Toutefois, avant d'entrer sur le territoire Italien, il faut remplir un formulaire d'autorisation, disponible ici (en italien).
  • Les bords de mer italiens sont accessibles depuis début juin. Sur les plages privées, majoritaires sur la péninsule, une distance de 3 à 10 mètres doit être respectée entre transats et parasols selon les régions.
  • La plupart des liaisons aériennes vers et au départ de l'Italie sont assurées.

Pour les touristes étrangers, l'enregistrement est obligatoire à l'entrée dans quatre régions d'Italie :

  • Sicile : il est obligatoire de s'enregistrer sur le site Sicilia SiCura et/ou via l'appli Sicilia SiCura (Play Store - Apple Store). Pour informations et assistance, le numéro gratuit est actif : Tél. 800.458787

Un confinement et de nouvelles mesures en Belgique

La Belgique a annoncé un reconfinement général. En vigueur dès le 2 novembre et jusqu'au 13 décembre, au moins, ce nouveau confinement laisse place à de nouvelles règles avec notamment un report de la rentrée scolaire et l'obligation du télétravail quand cela est possible.

Il est toujours possible pour les Français de passer quelques jours en Belgique. Pour cela, et uniquement si le séjour dépasse les 48 heures, un test PCR est obligatoire, tout comme un formulaire de localisation des passagers qui doit être remis aux autorités dans les deux jours après l'arrivée sur le territoire. Une quarantaine de 7 jours est cependant requise pour les voyageurs en provenance d'une "zone rouge" : la ville de Paris et des départements de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, de la Sarthe, de l'Hérault, des Alpes-Maritimes, des Bouches-du-Rhône, Guyane française et Mayotte. D'autres départements français se sont ajoutés à cette liste début septembre : les Hauts-de-Seine, le Val-d'Oise, le Loiret, la Gironde, le Rhône, le Var et la Guadeloupe. Tout voyageur en provenance de l'une de ces zones doit remplir un formulaire en ligne, puis se faire dépister et s'isoler à son arrivée.

Le Royaume-Uni durcit ses restrictions, l'Angleterre reconfinée

Après un mois de confinement général s'achevant le 2 décembre, l'Angleterre reviendra à des restrictions imposées localement en fonction de l'incidence du virus, selon un système à trois niveaux de gravité. "Nous sommes désormais dans une situation bien meilleure qu'avant l'entrée en vigueur" du confinement, a estimé le Premier ministre Boris Johnson lors d'une conférence de presse, "mais le danger n'a pas disparu et ces mesures sévères sont le meilleur moyen d'éviter" un reconfinement après le Nouvel An.

Partout en Angleterre, les commerces non essentiels pourront rouvrir, la consigne de rester chez soi sera levée et le télétravail restera recommandé. Mais dans les zones placées dans le niveau d'alerte le plus élevé, comme Birmingham, Manchester, Newcastle, Bristol et Leeds (23 millions de personnes au total), les pubs et restaurants resteront fermés, ne pouvant proposer que de la vente à emporter ou des livraisons. Il sera interdit de rencontrer des personnes n'appartenant pas à son foyer, à l'intérieur comme à l'extérieur, sauf exceptions comme dans des parcs.

Dans la capitale Londres, comme dans la majorité de l'Angleterre (32 millions de personnes), le risque est considéré comme "élevé" (niveau 2): les pubs et restaurants ne peuvent ouvrir que s'ils servent des repas et les réunions entre différents foyers sont limitées à six personnes à l'extérieur, mais interdites à l'intérieur, interdisant repas entre amis et familles chez soi comme au restaurant. Dans la capitale Londres, comme dans la majorité de l'Angleterre (32 millions de personnes), le risque est considéré comme "élevé" (niveau 2): les pubs et restaurants ne peuvent ouvrir que s'ils servent des repas et les réunions entre différents foyers sont limitées à six personnes à l'extérieur, mais interdites à l'intérieur, interdisant repas entre amis et familles chez soi comme au restaurant. Seules trois zones, représentant à peine 1,27% de la population anglaise, ont été placées dans le niveau d'alerte "moyen", le moins élevé: les Cornouailles, l'Ile de Wight et les Iles Scilly. Ce classement fera l'objet d'une première évaluation le 16 décembre.

Les Pays-Bas imposent une quarantaine

Le gouvernement néerlandais déconseille fortement de se rendre dans des régions à l'étranger particulièrement touchées par la Covid-19 (régions classées " orange " ou " rouge " dans la typologie observée par les autorités néerlandaises) et demande la mise en quarantaine à domicile pendant dix jours aux voyageurs provenant de France à leur arrivée aux Pays-Bas. Les passagers se rendant aux Pays-Bas par voie aérienne doivent remplir un formulaire de déclaration de santé avant l'embarquement. Dans le cas où un voyageur présente l'un des symptômes énumérés dans le formulaire de déclaration de santé, il ne sera pas accepté sur le vol. Ceci est également applicable pour les passagers en transit.

De nouvelles restrictions au Portugal, un couvre-feu en journée

L'état d'urgence sanitaire en vigueur au Portugal depuis le 9 novembre a été prolongé vendredi, jusqu'au 8 décembre inclus, et devrait même s'étendre au-delà de cette date, alors que le gouvernement doit encore préciser les mesures qui s'appliqueront à partir de mardi. Quelques mesures strictes concernent également tout le pays : les rassemblements restent limités à 20 personnes, la consommation d'alcool est interdite dans l'espace public, le confinement est obligatoire pour les personnes testées positives ou sous vigilance active.

  • Aucune quarantaine n'est exigée pour les voyageurs français, sauf si vous venez des territoires d'outre-mer. Des dispositions spéciales sont en vigueur si vous désirez voyager vers les Açores et Madère, les visiteurs devant présenter un test négatif au COVID-19 réalisé dans les 72h avant leur débarquement, ou bien l'effectuer à leur arrivée.
  • Dans les aéroports, la prise de température des passagers à leur arrivée est obligatoire.
  • Une règle de distanciation sociale de 2 mètres est à respecter dans l'espace public.
  • Le port du masque est obligatoire dans les transports, les services publics, les commerces et supermarchés, les espaces fermés et les lieux touristiques ou accueillant du public.
  • Un label "Clean & Safe" a été créé par l'organisme chargé du tourisme, Turismo de Portugal. L'obtention de ce label par un établissement hôtelier ou un site touristique doit garantir que les gérants respectent toutes les mesures de sécurité.
  • Les restaurants sont ouverts, avec une capacité d'accueil limitée à 50% et une fermeture au plus tard à 23h.
  • Pour les plages, une signalétique sur l'occupation des plages a été mise en place (vert : occupation faible, jaune : occupation élevée, rouge : occupation saturée). Vous pouvez trouver toutes les informations sur l'application Info Praia ou sur le site Apambiente.

Quelles conditions à respecter en Grèce ?

La Grèce, elle, se "prépare au pire des scénarios", a déclaré ce mardi le porte-parole du gouvernement, Stelios Petsas. Alors qu'un couvre-feu de minuit à 05H00 est déjà imposé depuis le 22 octobre, de nouvelles restrictions entrent en vigueur. Commerces non-essentiels, restaurants, cafés, salles de spectacle, musées, salles de sport sont fermés à Athènes et dans les régions les plus peuplées du pays. En revanche, les entreprises et les écoles continuent de fonctionner pour éviter de nuire davantage à l'économie. Dans le quartier touristique de Monasteraki, chaises et tables sont empilées dans les tavernes et les cafés, dont beaucoup ont déployé un ruban rouge pour interdire aux clients de s'asseoir. "Nous prenons tôt ces mesures afin d'avoir un mois de décembre plus optimiste", a expliqué le porte-parole, n'excluant pas un confinement total à Athènes, à l'image de Thessalonique, deuxième ville du pays où les habitants ne peuvent plus circuler sans avoir obtenu l'autorisation par SMS.

  • Tous les voyageurs doivent obligatoirement remplir un formulaire en ligne (disponible ici en anglais) au moins 48h avant le voyage.
  • Un dépistage aléatoire peut être réalisé à l'arrivée de voyageurs, quelle que soit leur nationalité et leur voie d'entrée en Grèce. En cas de résultat positif, une quatorzaine devra être observée dans une structure désignée par les autorités sanitaires, avec prise en charge par les autorités grecques.
  • Le port du masque est obligatoire pour tous, dans tous les espaces publics fermés et dans transports publics (bateaux, avions, taxis, transferts, etc.).