Charlie Hebdo : les images de l'attentat, le scénario du "massacre" se précise

De plus en plus d'informations sont disponibles sur la fusillade qui a eu lieu dans les locaux de Charlie Hebdo. Le bilan officiel est de 12 morts et 8 blessés. Des images sont publiées.

[Mis à jour le mercredi 7 janvier 2015 à 20h54] Des hommes cagoulés et vêtus de noir, des Kalachnikov et même un lance-roquette, "de nombreux tirs" pendant environ 5 minutes... La fusillade qui a eu lieu le 7 janvier dans les locaux de Charlie Hebdo a secoué la france et le monde et remis sur le devant de la scène le risque terroriste. Les informations s'accumulent sur cet événement dont les circonstances sont encore floues. Alors que le dessinateur Luz évoquait "des victimes" et les chaines d'information en continu chiffraient le bilan entre 2 à 10 morts dans les premiers instants, le bilan a été revu à la hausse plus tard à 12 morts, dont deux policiers. L'attaque terroriste a également fait 8 blessés dont 4 "extrêmement graves" selon le procureur de Paris. Un numéro vert mis en place par le ministère de l'Intérieur est disponible pour recueillir des témoignages de l'attaque : 0805 02 17 17.

> Voir les images de l'attaque de Charlie Hebdo

Des journalistes de l'hebdomadaire, contactés entre autres par 20 Minutes, ont décrit quant à eux un véritable "massacre". Le scénario qui se profile est implacable. Des hommes, masqués et vêtus de noir, se seraient introduits dans le journal, armés de Kalachnikov et d'un lance-roquette (selon l'AFP). Après avoir tenté d'entrer par une porte appartenant à une autre adresse, les agresseurs auraient brutalisé une dessinatrice, "Coco", à l'extérieur du journal. Ils l'auraient forcée à faire le code de l'entrée pour pouvoir pénétrer dans les locaux avant d'ouvrir le feu, faisant plusieurs victimes. L'attaque aurait duré près de 5 minutes. Des victimes auraient été abattues de sang froid dans toutes les pièces du journal. Selon la dessinatrice Coco, les assaillants visaient clairement les dessinateurs et se revendiquaient d'Al-Qaida. Ils parlaient "parfaitement français", selon elle.

Pour France Info, les assaillants étaient au nombre de deux et auraient indiqué vouloir "venger le prophète". Un autre complice aurait joué le rôle de chauffeur. L'un des tireurs aurait déclaré : "Charlie Hebdo est mort" en quittant les lieux. Les deux hommes, cagoulés, seraient sortis des locaux en criant "Allahou Akbar" ("Dieu est le plus grand") en en montrant le ciel du doigt. La piste d'un acte terroriste de membres ou admirateurs de groupes islamistes est donc privilégiée.

EN VIDÉO - Minute par minute, le scénario commence à être décortiqué.

La fusillade se serait ensuite poursuivie boulevard Richard-Lenoir, dans le XIe arrondissement de Paris, à quelques centaines de mètres du journal. Les assaillants n'auraient pas été interpellés. Leur véhicule aurait été abandonné dans le XIXe arrondissement, Porte de Pantin. Les terroristes auraient ensuite braqué un véhicule puis auraient pris la fuite. Ils seraient toujours armés.

Cabu, Charb, Wolinski et Tignous parmi les victimes

Le dessinateur Cabu (Jean Cabut) est mort pendant ou à la suite de l'attaque. Le dessinateur Stéphane Charbonnier (Charb), qui était quant à lui listé parmi les blessés graves dans un premier temps, est lui aussi décédé. C'est le Point, sur son compte Twitter puis sur son site Internet, qui a diffusé le premier l'information. Les deux dessinateurs étaient des figures du journal, le second étant son directeur.

Bernard Verlhac (Tignous) et Georges Wolinski (Wolinski), autres grands caricaturistes, ont aussi été tués selon le Figaro, tout comme Honoré. Des informations qui ont été confirmées par l'avocat de Charlie Hebdo. L'économiste et actionnaire du journal, Bernard Maris, a lui aussi perdu la vie.

Alerte en Ile-de-France : d'autres cibles possibles

Depuis quelques années, Charlie-Hebdo est visé par des menaces après la publication de caricatures de Mahommet. Quelques minutes avant la fusillade, Charlie-Hebdo publiait un tweet montrant une caricature se moquant de Abou Bakr al-Baghdadi, le leader de l'Etat islamique (voir ci -dessous).

L'attaque de Charlie Hebdo est l'attentat plus meurtrier depuis 1961 en France. Le ministère de l'Intérieur a lancé une alerte attentat Vigipirate dans toute l'Ile-de-France. Organes de presse, grands magasins, lieux de cultes, sont mis sous protection renforcée informe Matignon. Depuis le drame, d'autres fusillades sont évoquées dans la capitale, sans qu'il soit toujours possible de vérifier ces informations. Une fusillade porte de Pantin et une autre porte de Vanves ont été rapportées, notamment sur iTélé pour la première. D'autres cibles pourraient être visées selon les autorités qui appelle à la prudence.

"Un attentat" selon Hollande, une mobilisation très forte

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'est rendu sur place. François Hollande, lui aussi sur les lieux, a pris brièvement la parole. "C'est un attentat, cela ne fait aucun doute" a indiqué le chef de l'Etat. Le président de la République a condamné un "acte d'une exceptionnelle barbarie" et promis que "les responsables seront pourchassés aussi longtemps que nécessaire", appelant le pays à "faire bloc".

"Il y avait des policiers pour les protéger. Les policiers et les journalistes ont été lâchement assassinés", a ajouté le chef de l'Etat. "40 personnes sont maintenant protégées et sauves", a-t-il conclu. Une réunion de crise était programmée à l'Elysée à 14 heures. François hollande a repris la parole, depuis l'Elysée, à 20 heures, annonçant une journée de deuil national.

Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, a lui aussi pris la parole. Il a demandé à "tous les Français à ne pas céder à la tentation de l'amalgame" et a parlé de "tragédie nationale". Il a également apporté "un soutien sans réserve" à toutes les actions du gouvernement prises pour lutter contre le terrorisme. Et a appelé à l'unité nationale.

Une centaine de rassemblements ont été programmés à travers la France pour rendre hommage aux victimes. Environ 100 000 personnes mobilisées étaient dénombrées selon un premier décompte publié en soirée, 5000 à Paris, place de la République. Dans le monde, les marques de soutien se sont multipliées. Le hashtag #JesuisCharlie est utilisé en masse sur la Toile. Les Décodeurs du Monde ont répertorié tous les mouvements de soutien à travers la planète :

Charlie Hebdo : les images

Une vidéo réalisée par le journaliste Martin Boudot, de l'agence Premières Lignes, dans un bâtiment attenant à Charlie Hebdo, a été dévoilée sur le site de FranceTV info dans les premières heures après le drame. les images témoignent de la violence de l'assaut.

Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre par ailleurs les agresseurs en fuite. Avant de monter dans une voiture, on les voit abattre un policier à bout portant. Des images que nous avons préféré flouter.

Sur Twitter, journalistes, passants et riverains ont déjà publié plusieurs images de l'attaque.

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