Jordan Bardella agressé : le profil atypique du suspect, connu de la Justice pour des faits similaires
Jordan Bardella a été victime d'une agression samedi 29 novembre 2025 lors d'une séance de dédicace à Moissac dans le Tarn-et-Garonne. Un homme, placé en garde à vue, est soupçonné d'avoir écrasé un oeuf sur la tête du président du Rassemblement national. "Je suis extrêmement inquiet de voir un climat de plus en plus violent s'installer dans notre pays, une brutalisation du débat démocratique", a déclaré dimanche sur CNews le potentiel futur candidat à la présidentielle de 2027, dénonçant "ceux qui frappent" et "ceux qui légitiment, banalisent la violence" en désignant "l'extrême-gauche" et La France insoumise. Selon la gendarmerie, qui a procédé à l'interpellation, cet homme était dans la file pour la dédicace et s'est jeté sur Jordan Bardella, lui cassant un œuf sur la tête.
Le possible futur candidat à la présidentielle et son parti ont déposé plainte contre l'homme. Le procureur de Montauban annonce qu'une enquête est ouverte pour "violences sur personne dépositaire de l'autorité publique". Autre point rapporté par le journal Le Parisien, la gendarmerie a parlé d’un œuf écrasé sur la tête, le RN, lui, évoque un “coup de poing avec un œuf”. Jordan Bardella avait déjà reçu de la farine sur le visage en début de semaine, mardi 25 novembre. Il était alors en visite dans les allées d’une foire agricole à Vesoul dans le département de la Haute-Saône, un adolescent de 17 ans l’avait enfariné. Le jeune lycéen avait été interpellé et placé en garde à vue, avant d’être relâché. Le mineur devra toutefois suivre un stage de citoyenneté.
L'homme fort du parti à la flamme décrit une agression "assez virulente" et dénonce le "grand silence" de la classe politique après cette séquence. La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon et le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez ont rapidement condamné cette agression. L'agriculteur de 74 ans, principal suspect dans l'agression de Jordan Bardella a vu sa garde à vue prolongée de vingt-quatre heures, a annoncé dimanche 30 novembre à l’Agence France-Presse (AFP) le parquet de Montauban, "pour établir avec exactitude les faits mais surtout ce qui a pu se passer avant les faits", a précisé le procureur de Montauban Bruno Sauvage. La Justice veut tenter de savoir si ce dernier a participé au rassemblement anti-RN en marge de la séance de dédicace de Jordan Bardella à Moissac.
Le suspect avait déjà visé Eric Zemmour
Jordan Bardella, quant à lui, a rapidement été exfiltré pendant une vingtaine de minutes. Il a ensuite retrouvé le public. "Je vais bien, merci à tous pour vos messages de soutien", a-t-il écrit en début de soirée, samedi. Il poursuit sa publication en dénonçant la violence de l’extrême gauche. "Plus nous progressons, plus nous nous rapprochons du pouvoir, et plus la violence de l’extrême gauche, de l’intolérance et de la bêtise pure se déchaîne", a-t-il estimé.
Le quotidien La Dépêche a rapporté que l'homme interpellé ce samedi 29 novembre à Moissac, s'en était déjà pris de la même manière à Éric Zemmour en mars 2022, en pleine campagne pour la présidentielle. À l’été 2022, il avait été condamné à 500 euros d’amende avec sursis pour "violence avec préméditation". Cette fois-ci, "il n’a pas nié les faits mais n’a pas vraiment expliqué son geste", expliquait une source judiciaire citée par la Dépêche. Pour le RN, l'individu est bien ancré dans la sphère "d'extrême gauche". "Il est passé par le Parti communiste et la CGT", indique le maire RN de Moissac, Romain Lopez. "Ce n’est pas quelqu’un de politisé (...) Il n’est adhérent d’aucun parti politique, même si ses actions sont axées sur les extrémistes", déclare en revanche Pierre, le frère de Jean-Paul, dans les colonnes du Parisien.
Passionné de littérature, "ce n’est pas un dangereux extrémiste"
En 2022, il s'en était donc pris à Eric Zemmour après que ce dernier a prononcé un discours pour que les enfants handicapés soient scolarisés dans des établissements dédiés plutôt que dans des classes avec les autres élèves. Justement, le principal suspect est le père d’un garçon autiste de 15 ans. "C’est très dur au quotidien (...) Les propos d’Éric Zemmour sur les enfants handicapés m’ont profondément choqué : c’est la raison pour laquelle j’ai mené cette action", déclarait-il trois ans plus tôt.
L'homme est également un grand passionné de littérature. Il avait été invité à Paris par Bernard Pivot dans le jury du prix de l’essai France Télévisions en 2001. Il est décrit comme un "militant de l'écrit et de la Confédération paysanne". Le journal Le Monde témoignait même de sa "constance de rebelle". "Il n’est militant de rien du tout", abonde son ancienne avocate, Maître Rachel Lheureux, interrogée par Le Parisien. "C’est quelqu’un qui ne souhaite pas être dans la lumière, et qui agit pour lui et non pas au nom d’une quelconque cause. Ce n’est pas un dangereux extrémiste", conclut-elle pour défendre cet agriculteur du Tarn-et-Garonne.
10:13 - Bardella vise "ceux qui frappent" et "l’extrême gauche"
Dimanche, au micro de CNews, Jordan Bardella a fustigé une "brutalisation du débat démocratique" se disant "extrêmement inquiet de voir un climat de plus en plus violent s’installer dans notre pays". Il a aussi dénoncé "ceux qui frappent" et "ceux qui légitiment, banalisent la violence" en désignant "l’extrême gauche" et La France insoumise en chefs de file.