Journée mondiale de la femme : des positions sexuelles et dégradantes dans une pub

Journée mondiale de la femme : des positions sexuelles et dégradantes dans une pub JOURNEE DE LA FEMME - De nombreuses manifestations ont lieu ce mercredi 8 mars pour la journée internationale des droits des femmes 2017. En France aussi, l'événement est très politisé.

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Ce qu'il fallait retenir de la journée internationale des droits des femmes 2017. Ce live sur la journée de la femme est terminé. Ce 8 mars s'est tenue la 40e édition de la journée internationale des droits des femmes. Un rendez-vous très politique qui a permis de faire le point sur les avancées, mais également sur les efforts à fournir en matière d'égalité des sexes. Les candidats à la présidentielle 2017 ont quant à eux profité de l'événement pour revenir sur leurs engagements pour les femmes. Enfin, les affiches de la nouvelle campagne de Saint Laurent étaient au coeur de la polémique. Le jury de déontologie publicitaire de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) doit d'ailleurs se réunir pour débattre de ce sujet vendredi.

08/03/17 -  23:57

Le sexisme dans les publicités, ça ne date pas d'hier. Les annonceurs d'aujourd'hui sont-ils plus misogynes que par le passé ? En réalité, les préjugés, les stéréotypes et l'humour douteux ont toujours eu leur place dans les encarts et les affiches promotionnelles. La preuve avec cette compilation datant de 2012, issue de l'ouvrage intitulé "Les pubs que vous ne verrez plus jamais" d'Annie Pastor.

08/03/17 -  23:25

Claude Lelouch rend hommage aux femmes. Invité sur le plateau de "C à vous" mercredi, le réalisateur a profité de la journée internationale des droits des femmes 2017 pour redire toute son admiration pour le sexe opposé. "Les femmes, ce sont des hommes réussis", a-t-il lancé sans la moindre hésitation. Pour le réalisateur, pas de doute, "elles ont inventé l'amour. Elles essayent de nous l'expliquer depuis très très longtemps et on n'a pas encore compris..." 

08/03/17 -  22:16

De plus en plus de femmes dirigeantes dans l'artisanat. Comme le souligne L'Express L'Entreprise, 216 000 femmes sont aujourd'hui patronnes d'entreprises artisanales. Un chiffre qui a doublé depuis 30 ans. En 1984, on ne comptait que 11% de femmes dirigeantes dans ce secteur. Aujourd'hui, on parle de 23%, selon une étude réalisée pour l'U2P, l'alliance des syndicats UNAPL et UPA. Néanmoins, la féminisation n'intervient pas dans tous les métiers de la même manière. Dans le bâtiment par exemple, les hommes restent largement majoritaires. En 2015, seuls 3% des dirigeants étaient des femmes, c'est un pour cent de plus qu'en 1984.

08/03/17 -  21:32

L'ARPP demande à Saint Laurent de retirer ses affiches. "Images dégradantes", "femmes-objets", "valorisation de l’anorexie" et même "incitation au viol, avec la notion des jambes écartées", selon le Huffington Post qui rapporte les propos de Stéphane Martin, le directeur général de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité. L’ARPP aurait reçu 120 plaintes concernant la dernière campagne publicitaire de Saint Laurent. Mardi, l'autorité a donc demandé à la maison de couture de "faire tout (son) possible pour faire cesser la diffusion, de retirer ces images ou de les changer". Le jury de déontologie publicitaire de l'ARPP doit se réunir vendredi.

08/03/17 -  19:54

Ce n'est pas en France que les femmes sont les plus heureuses. Alors, où vivent-elles ? Selon Le Point, qui révèle en avant-première les résultats du Happiness Index de Elle qui a interrogé plusieurs dizaines de milliers de femmes dans 45 pays du monde, les femmes les plus heureuses seraient les Australiennes et les Canadiennes. Pour cette seconde édition du baromètre, les Italiennes apparaissent une fois de plus comme les moins heureuses. En France, 69% des femmes se disent heureuses : 77% pour celles en couple, 58% pour les célibataires. Et la tendance se confirme globalement à travers le monde : les femmes en couple seraient plus heureuses que les célibataires.

08/03/17 -  18:37

Denis Baupin : des plaintes qui tombent mal. Au Journal du Dimanche, Denis Baupin a confirmé lundi 6 mars, deux jours avant la Journée internationale des droits des femmes, son intention de porter plainte contre le parti Europe Ecologie les verts (EELV) pour diffamation, mais aussi contre ses accusatrices pour "dénonciation calomnieuse". "Un beau cadeau pour fêter le 8 mars", a relevé un journaliste politique de Marianne sur Twitter (voir plus bas). Quelques heures plus tôt, la justice avait annoncé le classement sans suite des accusations visant le député écologiste. Quatre plaintes avaient auparavant été déposées contre lui pour harcèlement et agressions sexuelles. L'annonce du parquet de Paris de l'abandon de l'action en justice est lié à la prescription des faits, bien que certains de ces faits soient "susceptibles d'être qualifiés pénalement", a précisé le procureur de la République François Molins dans le communiqué ci-dessous. L'enquête préliminaire avait été ouverte en mai 2016. Celui qui avait démissionné de la vice-présidence de l'Assemblée nationale pour se consacrer à sa défense à la suite des révélations de Mediapart et France Inter avait également renoncé à se re-présenter pour les Législatives 2017. Il a été visé en tout par quatorze témoignages à charge mais "a contesté les affirmations de harcèlement sexuel" et nié "tous faits d'agression sexuelle" a indiqué le Parquet.

"Un jour sans les femmes" à l'échelle mondiale

08/03/17 -  18:00

C'est, encore une fois, une première dans l'histoire du 8 mars : ce mercredi, pour la 40e Journée internationale des droits des femmes, une "Grève internationale des femmes" a eu lieu en parallèle dans cinquante pays et sur les cinq continents pour concrétiser "un jour sans femmes". L'idée ? Un pari inédit, pour dire à l'échelle mondiale "Si nos vies ne valent rien, produisez donc sans nous !" résume le site mis en ligne à cette occasion et compilant toutes les initiatives de ce 8 mars. En somme, laisser imaginer ce qui se produirait si les femmes délaissait toutes en même temps leurs postes de travail et leurs maisons, pour répondre concrètement, toujours selon le site, à la violence "sociale, légale, politique, psychologique et verbale que les femmes subissent sous différentes latitudes".

YSL pointé pour une publicité jugée sexiste et misogyne

08/03/17 -  17:10

En 2017, l'événement est concomitant avec la polémique suscitée en France par la nouvelle campagne publicitaire d'Yves-Saint-Laurent, une maison qui pourtant, a fait beaucoup pour l'émancipation des femmes. Deux affiches suscitent l'indignation d'internautes, et plus d'une quinzaine de plaintes ont été déposées auprès du jury de déontologie publicitaire (JDP). Les publicités mises en causes, réalisées par les photographes Inez and Vinoodh, sont considérées par les plaignants comme "humiliantes" et "sexistes". De fait, les poses des très jeunes et très minces modèles soulèvent un certain nombre de questions...

La carte des actions du 8 mars en France "pour l'égalité"

08/03/17 -  15:54

Sur le site de l'opération "8 mars 15h40" (voir les explications plus bas dans ce live), une carte intéractive permet de visualiser les actions organisées en France cet après-midi. Elles sont classées en "Action sur un lieu de travail ou d'étude", "Rassemblement ou manif" et "Autre action". En cliquant sur les icônes de couleur présentes sur la carte, les internautes ont accès au lieu précis de l'action, à son heure (toutes les actions n'ont pas lieu exactement à 15h40) et à l'identité des organisateurs. Au-dessus de la carte, en passant la souris en surbrillance sur "Carte des actions", il est possible d'enregistrer une nouvelle action pour informer d'autant plus dessus. 

Mouvement du #8mars15h40 : comment se solidariser sans y être, les idées des organisateurs

08/03/17 -  14:10

Il ne sera pas possible à toutes les femmes le souhaitant de quitter le travail à 15h40 ce mercredi 8 mars pour se joindre au mouvement de rassemblement inédit du "8mars15h40". Lancé par 35 organisations, syndicats et association dans toute la France en marge d'un appel à la grève international, son "15h40" correspond à l'heure à partir de laquelle, sur une journée standard, les Françaises "cessent d'être payées" par rapport à leurs collègues masculins (Sophie Binet, pilote de la Commission femmes mixité à la CGT). L'horaire symbolique se base sur l'écart global de salaire hommes/femmes, qui tout critères confondus atteint les 26 %. Pour celles qui l'aurait souhaité et ne pourront pas en être "physiquement", une liste mise en ligne par les organisateurs du mouvement "8mars15h40" propose des moyens alternatifs d'être solidaire du mouvement depuis son lieu de travail, comme, pour les plus simples, "Partager la vidéo "8 mars 15h40", "S'abonner à la page Facebook 8 mars 15h40" ou encore tweeter avec le hashtag #8mars15h40.

Une Journée internationale des droits des femmes 2017 dédiée à l'égalité au travail par l'Onu

08/03/17 -  13:57

Pour l'édition 2017 de la Journée internationale des droits des femmes, l'Organition des nations unies a choisi comme thèmatique l'égalité au travail ou plus exactement "les femmes dans un monde du travail en évolution : pour un monde 50-50 en 2030". A poste, âge et avancement égal, les femmes gagnent toujours en France 10 % de moins que les hommes. Brigitte Grésy, secrétaire générale du Conseil supérieur de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, a abordé la question dans l'interview éco de franceinfo du 7 mars 2017 : "Depuis 1983, plus de 6 lois ont été votées pour lutter contre l’écart de salaire entre les femmes et les hommes. Du côté de la loi, nous avons ce qu'il faut, nous pouvons toujours réajuster, mais la loi peut paraître compliquée et mal expliquée. Il faut également travailler sur l’accompagnement aux sociétés. 83 % des grandes entreprises ont signé un accord sur l’écart des salaires. Il faut maintenant les aider, travailler avec elles sur la notion d’objectif de progression, d’indicateur, que les entreprises doivent s’approprier."

Des manifestations dans le monde entier pour le droit des femmes

08/03/17 -  12:57

Les associations féministes sont très bien coordonnées et très vindicatives pour cette journée internationale des droits des femmes 2017. Elles se mobilisent aujourd'hui dans une cinquantaine de pays et appellent à "une grève internationale". L'organisation d'une action de cette ampleur est inédite dans l'histoire de la Journée internationale des droits de la femme, dont la quarantième édition a lieu cette année. "Il est temps de repolitiser la journée des femmes. Elle a longtemps été célébrée avec des brunchs, des fleurs et des cartes de vœux. Mais à l’ère de Trump, il nous faut un féminisme d’action fédérateur", juge notamment la Women's March (associée au mouvement), dans les colonnes du Guardian. Un site a été mis en ligne pour recenser toutes les initiatives du collectif, une carte a aussi été publiée. Elle permet de suivre tous les événements en temps réel.

Les femmes restent sous-représentées dans les médias

08/03/17 -  11:38

D'après le 4e Observatoire de la parité dans la presse française réalisé par Pressedd et publié par le JDD dans sa toute dernière édition, les femmes sont seulement 168 à figurer dans les 1 000 personnalités les plus citées en 2016 par les journaux et sites Web d'info français (ce qui fait tout de même 17 de plus qu'en 2015). Dévoilé hier, le rapport du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) sur la représentativité des femmes dans l'audiovisuel - autrement dit à la télévision et à la radio - vient compléter ce constat : les femmes s'y révèlent toujours sous-représentées sur les antennes télé et radio, et en particulier pour les catégories "expert" et "invité politique". Toutes catégories confondues, seules 38 % des personnes présentes à l'antenne  sont des femmes, alors qu'elles sont plus nombreuses que les hommes dans la population française (52% de la population de l'Hexagone au 1er janvier 2017 selon l'Insee).

15h40 : l'heure à partie de laquelle les femmes travaillent gratuitement par rapport aux hommes

08/03/17 -  10:21

Plusieurs associations appellent donc les femmes à stopper leurs activités salariées à cette heure-ci, aujourd'hui. Cet horaire met en exergue l'écart de rémunération de 24% entre les hommes et les femmes en France, en moyenne. Cet écart de salaire justifie le symbole de 15h40 sur la base d'une journée de travail de 9 heures à 17 heures - avec une pause d'une heure le midi.

"Journée mondiale de la femme" ou "journée internationale des droits des femmes" ?

Une chose est certaine, ce mercredi 8 mars, les femmes sont mises à l'honneur. Et si vous hésitez encore entre les deux appellations, sachez qu'elles sont toutes valables. La différence réside, comme le rappelle LCI, dans le nom donné à l'international ou au niveau national.

L'ONU, l'Unesco ou encore l'Unicef parlent en effet de "journée internationale des femmes", si l'on traduit l'appellation anglaise utilisée pour l'occasion. Néanmoins, dans l'Hexagone, gouvernement et associations s'attachent à évoquer la "journée internationale des droits des femmes". Un nom qui semble donner un meilleur écho à la proposition initiale de l'événement de Clara Zetkin, une révolutionnaire allemande et figure historique du féminisme sociale, et Alexandra Kollontaï, femme politique soviétique. En 1910, à l'occasion d'une conférence internationale des femmes socialistes, les deux femmes avaient proposé la création de cette journée qui était alors conçue comme un véritable événement politique. La date n'était cependant pas arrêté.

Alors, pourquoi le 8 mars ? Plusieurs dates comme celle du 19 mars ont été réquisitionnées pour l'occasion avant que l'ONU ne se fixe sur celle du 8 mars. Une date qui fait la part belle au socialisme. Les Nations-unies se sont en effet basées sur une initiative communiste. Le 8 mars était une date qui revenait déjà à l'époque régulièrement puisqu'elle avait notamment été initiée par Lénine comme "journée internationale des femmes" en 1921, en souvenir de la première manifestation qui avait lancé la Révolution russe en 1917. Les ouvrières russes avaient en effet choisi cette année-là de faire grève le dernier dimanche de février pour réclamer "du pain et la paix". Une date qui nous porte au 23 février, mais dans le calendrier julien cependant. Dans notre calendrier grégorien, cela nous reporte donc au 8 mars.

VIDEO. Polémique sur "la journée de la femme"

Chiffres de l'inégalité hommes-femmes

Les inégalités salariales font partie des écarts les plus révélateurs en terme de différences de traitement hommes-femmes en 2017 en France, comme le montrent les chiffres suivants :

  • 85% : il s'agit du taux d'activité des femmes selon l'Insee dans une publication du 7 mars 2017. En effet les Françaises sont davantage concernées par les réductions d'activité et les interruptions temporaires. Le taux d'activité de 85% décrit par l'Insee correspond à celui des femmes ayant un ou deux enfants quand celles élevant 3 enfants ou plus présentent un taux d'activité de 73%. "Comparées aux pères, huit fois plus de mères qui travaillent sont à temps partiel", explique l'Insee, précisant que la moitié d'entre elles déclare l'être "pour s'occuper des enfants".
  • 10% : selon l'Insee et à partir de données de 2013 basées sur les salaires nets en France, l'écart de salaire moyen entre les femmes et les hommes, de 19 % au global, passe à 10 % à emploi équivalent : "A secteur d'activité, âge, catégorie socioprofessionnelle et condition d'emploi (temps complet ou temps partiel) donnés, l'écart de salaire est légèrement inférieur à 10 %" explique ainsi l'Insee. En bref, une femme du même âge et avec le même CV qu'un homme gagne à l'arrivée un salaire net 10% moins élevé tout en occupant le même poste.
  • 26 % : En France, les revenus des femmes restent en moyenne inférieurs de 26 % à ceux des hommes à l'heure de la 40e Journée internationale des droits des femmes (ONU). Une différence de revenus globale qui n'a évolué que de trois points en vingt ans. Un appel à mobilisation inédit a été lancé cette année par 35 organisations, syndicats, associations féministes et de jeunesse ou ONG pour mettre en avant cet écart salarial, en partie lié aux temps partiels et à une valorisation salariale moindre des métiers à prédominance féminine. C'est le premier appel unitaire à la grève dans l'histoire du 8 mars et il propose aux femmes de se réunir à 15h40 (voir le chiffre correspondant, plus bas) dans toute la France. Son objectif global : que cette journée redevienne celle d'une lutte pour l'égalité et non une "fête de la femme" avec distribution de fleurs et cadeaux.
  • 15h40 : En France, "sur la base d'une journée standard, c'est comme si [les femmes] cessaient d'être payées à 15h40" dit Sophie Binet, de la CGT (Confédération générale du travail).
  • 80% : d'après un rapport publié en 2014 par le Ministère des Droits des femmes, les Françaises sont logées à une enseigne différente de celle des hommes en matière d'accès à l'emploi : elles occupent 80 % des emplois précaires.
  • 40e : la Journée des droits des femmes a lieu en 2017 pour la 40e fois. Un appel à mobilisation inédit a été lancé cette année en France par 35 organisations, syndicats, associations féministes et de jeunesse ou ONG. Ce premier appel unitaire à la grève dans l'histoire du 8 mars dans l'Hexagone a pour objectif de refaire de cette journée celle d'une lutte pour l'égalité et non une "fête de la femme" avec distribution de fleurs et cadeaux sur son lieu de travail.

Les inégalités salariales peuvent être indirectement liées aux inégalités domestiques, comme le montre ce dernier chiffre :

  • 4h48 : selon une étude de l'Insee datant de 2010, les hommes consacrent 6h05 par jour en moyenne à leur travail contre 4h48 pour les femmes (une fois retranchés les conversations avec les collègues, pauses et autre temps personnel passé à surfer sur internet etc). Pour les défenseurs des droits des femmes, ce phénomène, qui concerne l'ensemble de la société, explique en partie les inégalités touchant les femmes : selon la même étude de l'Insee, les Français consacrent 3h20 par jour en moyenne à leur temps libre, versus 2h45 pour les Françaises. Par contre, les femmes consacrent encore pas moins de 3h26 par jour à gérer les tâches domestiques et s'occuper des enfants, pour seulement 2h du côté des hommes.

Et au niveau mondial ?

  • 17e : la France est arrivée 17e sur 144 pays, dans le dernier classement des pays les plus performants en terme d'égalité homme-femme établi par Forum économique mondial fin 2016 : dans l'Hexagone, le décalage hommes / femmes au travail est comblé à 75 %. L'Islande occupe la 1ère place du classement depuis la 8e année consécutive : le salaire des femmes y représente 87 % de celui des hommes. En matière de région géographique, l'Europe occidentale arrive première du classement, devant l'Amérique du Nord ou l'Asie centrale. 
  • 2 186 : d'après le rapport 2016 du Forum économique mondial (WEF) sur la parité homme/femme, si rien ne change, il faudra attendre 2186 pour que l'égalité homme-femme au travail devienne une réalité. Soit 170 ans... En cause, un "fort ralentissement" dans ce domaine. Dans son rapport précédent, le WEF estimait le délai de la parité économique à "seulement" 118 ans. Un horizon alors moins lointain.
  • 59% : toujours selon le Forum économique mondial dans son dernier classement, c'est l'écart entre les sexes atteint, en 2016, dans le domaine économique. Autrement dit, le pourcentage du salaire des hommes représenté par le salaire des femmes. L'étude annuelle qui a permis d'obtenir ce résultat porte sur 144 pays. Concrètement, ce chiffre choc signifie que si un homme perçoit 100 dans le monde, la femme ne touche "que 59", explicite le rapport, malgré "de plus longues heures de travail". Le WEF calcule l'indice en question depuis 2006. En 2008, une femme gagnait 58,3% du salaire des hommes selon l'indice. En 2013 : 59,9 %. 

Journée de la femme : tout un programme

Quel sera la thématique de la journée de la femme 2017 et quels événements sont prévus ? A Paris, de nombreuses animations concernent le mercredi 8 mars prochain : colloques, soirées, visites, flashmob... L'occasion de venir faire un tour à la capitale pour ceux qui vivent ailleurs dans l'Hexagone. Voici les plus emblématiques des activités programmées, s'étirant sur plusieurs semaines à partir du 8 mars et le plus souvent gratuites :

  • Conférence "Promouvoir la femme dans l'économie" : le 8 mars, de 18h30 à 20h et au Hilton Paris Opera, une conférence ouverte à tous et gratuite se tient sur la thématique de la promotion des femmes dans l'économie. Fondatrices et dirigeantes d'entreprises viendront témoigner sur le potentiel des femmes dans l'industrie.
  • Expo "Travaux de dames" aux Arts décoratifs : le Musée des Arts Décoratifs s'est intéressé au moment à partir duquel les femmes ont été reconnues pour leur art. Du 8 mars au 17 septembre 2017, son exposition retrace leur évolution, des travaux de céramique et de couture, au 19e siècle, au design, à la mode et à la photographie début 20e.
  • Lecture de "Mon mari et moi" au musée Zadkine : pour la journée de la femme 2017, le musée Zadkine a organisé une lecture de texte le mercredi 8 mars à 19 heures. Cet essai d'Elisabeth Jacquet doit paraître le 9 mars 2017 et s'intéresse au concept de mari, à plus ou moins long cours. Après la lecture, un débat aura lieu avec l'auteur.
  • Journée au Palais de la femme : géré par l'Armée du Salut, l'établissement propose ateliers, conférence et forum associatif, mais aussi des animations de détente (atelier théâtre, danse africaine, chant, artisanat...) de 14h à 18h.
  • Journée de la Femme digitale : jeudi 9 mars 2017, les femmes entrepreneurs sont conviées à la Cité de la Mode et du Design pour un colloque sur la réussite dans la sphère du digital.
  • Manifestation "Toutes en moto" : dimanche 12 mars, les motardes sont invitées à défiler en moto dans la capitale pour faire changer les stéréotypes selon lesquels la moto est une discipline masculine.
  • Festival du Féminin 2017 : parce qu'il ne s'agit pas non plus de brider sa féminité pour accéder à l'égalité, le Festival du Féminin propose de mettre en avant le "Féminin" du vendredi 10 au dimanche 12 mars, au centre Tao Paris. Pluridisciplinaire, le programme s'adresse à tous les publics et mêle théâtre, slam, lectures, projections, danse...
  • Festival des Impertinentes au Point Virgule et au Grand Point Virgule : du 17 au 21 mars 2017, les femmes du Point Virgule organisent un festival "parce qu'on mérite plus qu'une journée".
Le thème de l'ONU pour la Journée internationale des droits des femmes 2017 est "Les femmes dans un monde du travail en évolution : pour un monde 50-50 en 2030".

8 mars, date de la Journée de la femme

A ne pas confondre avec un quelconque jour férié, la "Journée des droits des femmes" - terme employé par le gouvernement, "Journée de la femme" étant une version plus orale - a lieu chaque année à la même date. La date du 8 mars reste immuable, seuls les jours de la semaine changent pour cette célébration qui a donc lieu le 68e jour de l'année (69e en cas d'année bissextile). Cette année, la Journée de la femme 2017 aura ainsi lieu en France et à l'international le mardi 8 mars. La Journée internationale de la femme, qui tombe un mercredi en 2017, aura lieu un jeudi en 2018, mais toujours le 8 mars, comme le veut le principe des "Journées de ...", fixées suivant une date du calendrier et non pas suivant un jour (la Fête des grands-mères, par exemple, tombe en revanche toujours le même jour de la semaine, le 1er dimanche de mars).

  • Pour connaîtres les dates des vrais jours fériés en 2017, consultez notre page spéciale "Jours fériés 2017".

EN VIDEO - Le 8 mars, les reportages se succèdent sur les femmes qui font des métiers dits "d'hommes"

 

Origines de la Journée de la femme

Mais d'où vient cette journée qui célèbre les femmes ? Si les Nations Unies ont officialisé cette célébration (et sa date) en 1977 et qu'elle l'a été en France en 1982 par le Président François Mitterrand, son origine est à chercher plus loin dans le temps : à l'époque de la lutte des ouvrières pour de meilleures conditions de travail, et de celle des suffragettes pour le droit de vote, soit dans la première partie du XXe siècle. En 1957, le journal l'Humanité saluait le centenaire du 8 mars 1857, ce jour où "les ouvrières de l'habillement de la ville de New-York s'en allèrent défiler dans les rues, comme des hommes, portant pancartes et banderoles" pour des meilleures conditions de travail et le respect de leur dignité. En 1908, le 21 juin cette fois, c'était au tour de 250 000 suffragettes de réclamer le droit de vote des femmes à Londres. Une fin de 19e - début de 20e siècle au goût d'émancipation qui allait favoriser l'émergence de la Journée internationale du droit des femmes, des décennies plus tard.

Le vote des femmes. Affiche éditée par "l'Union Fraternelle des Femmes". Paris, 1925. © COLLECTION YLI / SIPA

La première Journée internationale de la femme a eu lieu le 19 mars 1911 (en Europe et aux Etats-Unis) et plaidait déjà pour plus de droits. Quant à la date du 8 mars, la Journée de la femme a notamment été décrétée à cette date en 1921 par Lénine en Russie. Après la signature de la charte des Nations Unies à San Francisco en 1945 pour proclamer l'égalité des sexes comme droit fondamental, les manifestations se multiplient une fois par an dans le monde entier pour l'égalité hommes-femmes. Ces journées sont l'occasion de manifestations ainsi que de bilans, notamment en chiffres, sur la situation du moment. Des associations de militantes en profitent également pour célébrer les récents acquis comme pour faire entendre les revendications qui restent à l'ordre du jour. Et il y en a : en 2013 (selon les chiffres de l'INSEE), un écart de 19 % séparait le salaire moyen des femmes et celui des hommes, mieux payés. C'est toutefois 2,5 points d'écart de moins qu'il y a dix ans, soit un léger recul des inégalités.

EN VIDEO - Si elle se veut en faveur des droits des femmes, beaucoup reprochent à la Journée de la femme les "clichés" qu'elle véhicule :

"C'est votre journée, une coupe de champagne offerte" comme promotion rose bonbon d'une chaîne de restauration,  "1 soutien-gorge acheté = une culotte offerte" dans des magasins de vêtement bien connus, ou encore un concours pour gagner "un an de couches", cette vidéo TF1 de compilation, qui date de la Journée des droits des femmes 2016, montre un panel d'exemples de ces opérations spéciales qui créent le malaise  :

Une marque d'habillement sportif remporte sans doute la palme des opérations spéciales les plus maladroites de la dernière édition en date de la Journée de la femme en France, avec son "Gagnez deux places pour Lens/Clermont en expliquant le plus simplement possible le hors-jeu." A moins que ce ne soit ce festival organisé à Angoulême pour célébrer les femmes en leur proposant rien moins qu'un concours de repassage arbitré par un homme (et mis en place par une marque d'électroménager). "Nous reconnaissons que notre association n'a pas de vocation féministe" se sont notamment défendus les organisateurs face à ces mêmes organisations. "Elle est dédiée à l'événementiel." Un événement qu'ils avaient réussi à créer, mais sans doute pas pour la bonne cause.

Les détracteurs de la Journée internationale de la femme l'accusent également d'être archaïque, ou encore contre-productive. Or des femmes meurent encore sous les coups de leurs compagnons - rien qu'en 2014, le site gouvernemental stop-violences-femmes.gouv.fr recense 134 femmes tuées par leur compagnon - et cette journée de travail figure au calendrier de l'ONU.

Message de la Journée de la femme

La Journée de la femme, vrai temps de lutte pour l'égalité ou simple programme commercial ?  Si la Journée de la femme possède de nombreux détracteurs, notamment parce que des marques s'en emparent pour se mettre en avant (de manière plus ou moins réussie, voir le début de notre article), elle a d'abord été mise en place par les Nations Unies en 1977 pour ramener les droits des femmes au niveau de ceux des hommes. Ces derniers possèdent d'ailleurs également leur journée depuis 1997. Officialisée en France au début des années 80 par François Mitterrand, la Journée de la femme puise sa source dans les combats menés par ouvrières et suffragettes pour leurs droits, à l'aube du XXe siècle. Si, depuis, le mouvement d'émancipation des femmes n'a fait que grandir, en tous cas dans les pays industrialisés, des inégalités subsistent au XXIe siècle.

Des citations pour la Journée de la femme

La Journée de la femme représente aussi une occasion de célébrer les femmes. Les hommes pourront par exemple offrir des fleurs ou du chocolat à leur dulcinée, à leur soeur, à leur mère, ou leur envoyer une carte pour leur dire qu'ils pensent à elle(s). Et hommes ou femmes ont l'opportunité, pourquoi pas, de se replonger dans l'univers féminin et ce qui le caractérise de plus drôle ou émouvant en lisant quelques citations "Journée de la femme". Des plus poétiques et sensuelles ("Femme nue, femme noire... Vêtue de ta couleur qui est vie, et de ta forme qui est beauté...", Léopold Sédar Senghor) aux plus grinçantes ("Il n'est rien de pire dans le monde qu'une femme, si ce n'est une autre femme", Aristophane) en passant par les plus tendres ("Il y a deux ans que je n'ai pas parlé à ma femme, c'était pour ne pas l'interrompre", Jules Renard ) ou les plus emblématiques ("Une femme sans parfum est une femme sans avenir", Coco Chanel).

Une Journée de l'homme ?

Y-a-t-il une "Journée de l'homme" ? La Journée internationale des hommes est bel et bien célébrée chaque année le 19 novembre. Et ce dans le monde entier. Inaugurée en 1997 à Trinité-et-Tobago, la célébration est également soutenue par les Nations Unies. D'après ses créateurs, l'événement, facultatif, n'a pas vocation à concurrencer la Journée de la femme mais à valoriser les hommes et leurs contributions "ordinaires" et "positives" dans divers domaines où ils sont parfois mis au banc de touche comme la santé, l'environnement, la famille ou l'éducation. Mais servirait aussi à promouvoir l'égalité entre les sexes.

ONU / Parquet

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