Avant de disputer les Jeux Olympiques de Montréal en 1976, le spécialiste du pentathlon moderne, Boris Onishchenko, possède déjà un palmarès des plus conséquents : champion du monde en 1971, médaillé d'argent en individuel et d'or par équipes aux Jeux de Münich en 1972. L'Ukrainien, qui défend les couleurs soviétiques, se présente donc au Canada en grand favori.
Lors du concours par équipes, l'URSS se classe 4e après la 1re des 5 épreuves du pentathlon. Vient alors l'escrime, spécialité de Onischenko. A l'épée, une touche est déclarée valable par la table de marque électronique quand une pression de 750 bar est exercée sur la pointe de l'arme.
Or, durant l'assaut, Jim Fox, le capitaine de la Grande-Bretagne, s'étonne : l'épée du Soviétique a fait s'allumer la table de marque alors que le Britannique n'a senti aucune touche sur son corps. Pire encore quelques instants plus tard : le voyant s'allume alors que Onishchenko a le bras en l'air, l'épée pointée vers le plafond, à bonne distance de son adversaire. L'équipe anglaise porte réclamation. L'arbitre confisque l'arme et la confie au directoire technique, chargé d'examiner la validité des épées et de leur système électrique. On découvre alors, sous le grip de la poignée, un système discret, équivalent à un interrupteur, qui déclenche la lampe de l'arbitrage.
Onishchenko est immédiatement exclu de la compétition et l'Union Soviétique éliminée de l'épreuve par équipes. Les autres pentathlètes russes sont autorisés à participer à l'épreuve individuelle.
A Montréal, on n'arrive pas à croire que le Soviétique a eu recours à ce trucage : "Ce grand champion n'avait pas besoin de tricher pour gagner. Et s'il l'avait fait, il ne l'aurait pas aussi mal fait. Il avait la pointe de l'épée en l'air, très loin de son adversaire. Il a activé la gâchette vraiment au mauvais moment, sans doute sans le savoir. S'il avait vraiment voulu tricher, on ne s'en serait pas rendu compte de cette façon", a livré récemment Carl Schwende, membre du directoire technique de la compétition à l'époque, à Radio Canada.