Gérald Darmanin accusé de viol : le dossier relancé, le ministre éjecté du gouvernement ?

Gérald Darmanin accusé de viol : le dossier relancé, le ministre éjecté du gouvernement ? La justice, qui réexaminait la validité du non-lieu dont bénéficiait Gérald Darmanin, a ordonné la reprise des investigations du dossier. Le ministre des Comptes publics apparaît désormais très fragilisé.

Le ministre des Comptes publics, l'un des membres les plus actifs du gouvernement, pourrait bien sortir de la short-list du chef de l'Etat, celle sur laquelle sont inscrits les noms des "Premier ministrables". Ce jeudi 11 juin, la justice a demandé la reprise des investigations concernant les accusations de viol dont Gérald Darmanin fait l'objet. L'enquête s'était arrêtée, après que le ministre a bénéficié d'un non-lieu, en 2018, mais cette décision était réexaminée depuis novembre 2019 par la chambre d'instruction, sur requête de la Cour de cassation. Et les magistrats ont estimé que l'affaire méritait d'être à nouveau réexaminée de près.

De quoi parle-t-on exactement ? Gérard Darmanin est accusé de viol par Sophie Spatz, qui évoque des faits qu'elle date au 17 mars 2009. Cette ancienne call-girl, aujourd'hui âgée de 48 ans, a expliqué devant la police judiciaire, il y a deux ans, avoir était contrainte à une relation sexuelle avec l'actuel ministre, dans un hôtel, après avoir passé la soirée avec lui dans un restaurant puis dans un club privé. En 2009, Gérald Darmanin n'avait que 26 ans, il était alors conseiller juridique de l'UMP. Selon les déclarations de Sophie Spatz, elle aurait demandé au jeune homme d'intercéder en sa faveur pour faire annuler ou réviser une condamnation la visant, datée de 2004. Lors de ce rendez-vous, et selon sa version des faits, l'ancienne call-girl aurait compris que son interlocuteur souhaitait entreprendre un rapport sexuel. Dans sa plainte, rédigée par son avocate en 2017, on peut lire que Sophie Spatz a souhaité "repousser le moment fatidique au maximum" à l'hôtel. "Constatant que l'acte était toujours au programme, Mme Spatz dira [...] s'être projetée dans ce qui allait être [sa] vie future après qu'elle aura été innocentée", continue la déposition. Pour l'avocate de la plaignante, le consentement de sa cliente n'a jamais été établi. Le 16 août 2018, les investigations avaient été stoppées par un juge d'instruction, après un classement sans suite du parquet de Paris, de la plainte de Sophie Patterson-Spatz. La réouverture du dossier devrait permettre à la plaignante de se faire entendre à nouveau.

L'affaire pourrait avoir des conséquences politiques certaines pour le ministre des Comptes publics et handicaper considérablement ses ambitions personnelles. Considéré comme un poids lourd du gouvernement, il avait récemment indiqué dans la presse vouloir "peser", un message interprété par les observateurs comme un geste à l'égard du chef de l'Etat, qui songe à remanier le gouvernement à l'issue du 2e tour des municipales. Il est presque certain qu'Emmanuel Macron ne prendra pas le risque de promouvoir un ministre désormais très exposé. Et c'est désormais son maintien au sein du gouvernement qui devrait se poser.

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