Vaccin anti Covid : les décès liés aux effets secondaires ?

Chargement de votre vidéo
"Vaccin anti Covid : les décès liés aux effets secondaires ?"

Vaccin anti Covid : les décès liés aux effets secondaires ? VACCIN COVID. Olivier Véran a annoncé ce mardi que cinq personnes en France était décédées après avoir été vaccinées, un chiffre lourd qui n'aurait toutefois aucun lien avec l'injection.

[Mis à jour le 20 janvier 2021 à 11h43] Non, le vaccin Pfizer n'a pas provoqué la mort de cinq personnes en France, du moins à ce stade de l'enquête. Lors d'un déplacement à Nancy, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé a indiqué que cinq personnes sont mortes après la première injection. En guise de précision, le ministère a indiqué que ces patients étaient tous âgés de plus de 75 ans et qu'ils souffraient tous de comorbidités. Dans le détail, on compte trois décès au centre régional de pharmaco-vigilance de Nancy, un dans celui de Tours, et le dernier dans celui de Montpellier. Mais attention, il convient de savoir qu'il n'est pas possible de lier ces décès au vaccin anti-Covid. "Ce sont des personnes qui ont pu décéder dans les jours qui ont suivi la vaccination sans pour autant présenter des signes de réaction allergique " après l'injection a rappelé le ministre.

Une précision importante à l'heure des fausses informations ayant pullulé sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Le vaccin contre le Covid-19, qui se développe de plus en plus y compris en France, fait l'objet d'une campagne de désinformation provoquée par la sphère antivaccin, aussi prompte à annoncer des décès qu'à répandre des rumeurs sur les effets secondaires du vaccin. Ces derniers jours, ce sont des informations venues de la Norvège qui inquiétaient quant à la vaccination, après que treize décès ont été soupçonnés d'avoir été provoqués par l'injection du sérum de Pfizer et BioNtech.

Une enquête a été ouverte et la directrice de l'autorité norvégienne de santé publique, Camilla Stoltenberg, a officiellement fait savoir que les investigations n'avaient pas permis d'établir un lien entre les décès et le vaccin. "Ce sont tous des gens qui étaient très âgés, fragiles et avaient des maladies graves. (...) "Le plus important c'est de se souvenir qu'il y a 45 personnes qui meurent chaque jour dans les établissements médicalisés en Norvège. Donc ce n'est pas établi qu'il y ait une surmortalité ou que ce soit lié aux vaccins", a-t-elle expliqué.

La Norvège a tout de même appelé au renforcement des évaluations médicales post-vaccinales. En France, une publication relayée plus de 1 200 fois sur Twitter a détourné la une de Nice-Matin annonçant une vague de décès liés au Covid-19 dans des Ehpad des Alpes-Maritimes. Le tweet en question s'est servi de l'image pour annoncer que cette "hécatombe" était due à la vaccination... 

Toujours en France, cette rumeur selon laquelle Mauricette, la première vaccinée de France, aurait succombé à son injection le 27 décembre dernier. Fausse information là encore et d'ailleurs, la retraitée de 78 ans a bénéficié de sa deuxième injection ce mardi. Concernant les effets secondaires, il convient de préciser que dans leur forme bégnine, ils étaient tout à fait prévisibles et avaient été annoncés par bien des professionnels de santé, qui avaient prévenu qu'aucun vaccin n'était indolore. Fièvre, fatigue, maux de tête... Les jours suivant l'injection peuvent être désagréables.

Le vaccin contre le Covid-19 peut également provoquer des allergies, mais de manière beaucoup plus rare. En France, quelques cas ont été recensés mais sans gravité. Surtout, ils correspondent à la moyenne observée à l'étranger, avait précisé Olivier Véran, à savoir un cas d'allergie pour 100 000 vaccinés. Le ministère de la Santé a annoncé ce mardi 19 janvier que 139 cas d'effets indésirables graves ou inattendus avaient été recensés en France depuis le début de la campagne de vaccination. Pour l'heure, on juge ce bilan "très satisfaisant". C'est en tout cas ce qu'a déclaré la responsable du suivi des effets indésirables du vaccin Pfizer/BioNTech, Joëlle-Micallef-Roll, qui a fait le point en ce début de semaine sur BFMTV. Elle a fait état d'une trentaine d'effets indésirables non graves et six effets indésirables graves : quatre réactions allergiques et deux cas de tachycardie, mais dont l'évolution est "très favorable".

Quels sont les effets secondaires du vaccin contre le Covid ?

Aux Etats-Unis comme en Europe et en France, la distribution des premiers vaccins anti-Covid se poursuit. Cette vague de vaccination se devrait pas se faire sans désagréments, avaient averti fin novembre des médecins américains, qui ont encouragé les responsables de la santé publique ainsi les laboratoires à avertir la population sur les très probables effets secondaires des vaccins. A l'occasion d’une réunion avec les conseillers des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains (CDC), le docteure Sandra Fryhofer s'est interrogée sur la possibilité que de nombreuses personnes renoncent à se faire administrer la deuxième dose du vaccin, découragés par ces effets secondaires justement.

Des volontaires aux essais de Pfizer et Moderna ont témoigné en faisant état de fièvre élevée, des courbatures, des maux de tête et de grande fatigue ressentis après avoir été vacciné. Mais il s'agit de phénomène on ne peut plus normal, à en croire Bruno Pitard, chercheur du CNRS au Centre de cancérologie et d’immunologie Nantes-Angers, interrogé par Ouest France. "Un vaccin n’est jamais indolore, ce n’est pas un Doliprane. C’est totalement normal qu’il y ait des effets secondaires. (...) On injecte le vaccin dans le muscle pour le système immunitaire donc ce sont des effets secondaires communs, il n’y a rien d’étonnant", estime-t-il.

Quels sont les différents vaccins contre le Covid-19 ?

La course au vaccin contre le Covid aura été l'enjeu sanitaire mais aussi économique de ces derniers mois, les grands laboratoires pharmaceutiques en ayant fait une priorité. C'est l'américain Pfizer allié à l'allemand BioNTech qui a raflé la mise en fin d'année 2020 en étant le premier à apporter une réponse positive à la batterie de tests menés. Le 9 novembre, son candidat vaccin Comirnaty montrait une efficacité de 90% à la suite d'une analyse intermédiaire de l'essai clinique de phase 3, dernier stade avant l'homologation. Quelques jours plus tard un autre labo Américain, Moderna, démontrait avoir obtenu des résultats similaires.

Comparaison entre les différents vaccins anti-Covid
Laboratoire - nom du vaccin Efficacité Fonctionnement Disponibilité  Doses commandées par l'UE
Pfizer / BioNTech 95% Vaccin de type ARN Disponible en UE 300 millions
Moderna 94,5% Vaccin de type ARN Disponible en UE 160 millions
AstraZeneca 70% Vaccin à vecteur viral Disponible hors UE 400 millions
Gamaleya - Sputnik V 95% Vaccin à vecteur viral Disponible hors UE 0
Sinovac 50% Vaccin inactivé Disponible hors UE 0
Cansino biologics Evaluation en cours Vaccin à vecteur viral Disponible hors UE 0
Janssen / Johnson & Johnson Evaluation en cours Vaccin à vecteur viral Printemps 2021 400 millions
Sinopharm Evaluation en cours Vaccin inactivé Disponible hors UE 0
Novavax Evaluation en cours Vaccin protéïque Printemps 2021 0
Bharat Evaluation en cours Vaccin inactivé Printemps 2021 0
Curevac Evaluation en cours Vaccin de type ARN Non communiqué 405 millions

Sanofi, Moderna, Pfizer... Comment fonctionnent les vaccins contre le Covid ?

Si les vaccins des différents laboratoires ont le même objectif, à savoir immuniser contre le Covid-19, tous n'emploient pas la même technique pour ce faire. Il existe des fonctionnements diverses :

  • Pfizer et Moderna utilisent tous les deux la technique de l'ARN Messager. Cette dernière vise à donner au corps les informations génétiques nécessaires pour déclencher une protection contre le virus. L'ARN messager du vaccin s'insère et prend le contrôle de cette machinerie pour faire fabriquer un antigène spécifique du coronavirus : la " spicule" du coronavirus, sa pointe si reconnaissable qui se trouve à sa surface et lui permet de s'attacher aux cellules humaines pour les pénétrer. Cette pointe, inoffensive en elle-même, sera ensuite détectée par le système immunitaire qui va produire des anticorps, et ces anticorps vont rester. Cette méthode jamais utilisée pour l'homme pourrait provoquer quelques complications notamment sur la conservation du vaccin qui se ferait à de très basses températures.
  • AstraZeneca, Sputnik et Johnson&Johnson utilisent la technique du vecteur viral. Contrairement au procédé originel, celui-ci, relativement récent à l'échelle de l'histoire de la vaccination, n'injecte pas l'agent infectieux d’une pathologie, en l'occurrence le Covid-19, sous forme vivante ou inactive. A la place, on injecte à l'Homme un "vecteur inoffensif contenant un ou plusieurs gènes de l’agent infectieux codant les antigènes capables d’être reconnus par le système immunitaire", comme l'indique le site de la fédération pour la recherche sur le cerveau. Il existe deux types de vecteurs viraux. Il y a ceux qui sont dits intégratifs, lorsque l’ADN du vecteur viral s’intègre dans l’ADN de l’hôte et les non intégratifs, lorsque le gène thérapeutique demeure dans la cellule sans s’intégrer au génome de l’hôte (Source : Inserm). Plusieurs vaccins bien connus utilisent cette technique, à l'image du sérums contre l'hépatite B.
  • Sanofi, le vaccin français, utilise la technique à base de protéine recombinante. Il s'agit d'une protéine produite par une cellule dont le génome a été transformé par recombinaison génétique.

Quels vaccins contre le Covid ont été commandés par la France ?

La France compte investir 1,5 milliard d'euros en 2021 pour les différentes campagnes de vaccination. Pour l'heure, seuls deux vaccins sont autorisés dans l'Hexagone : Pfizer et Moderna, dont le gouvernement a passé commande pour, à terme, respectivement 50 et 24 millions de doses, via une commande globale de l'Union européenne pour les Etats membres. Six autres vaccins ont fait l'objet de commandes, réparties entre les laboratoires suivants : AstraZeneca (44 millions de doses commandées), Sanofi-GSK (45 millions), Johnson&Johnson (35 millions) et CureVac (34 millions).

Des réactions allergiques peuvent-elle être provoquées par le vaccin anti-Covid ?

Depuis que la vaccination a débuté dans plusieurs pays, la pharmacovigilance est naturellement de mise. Chaque information émanant des personnes vaccinées sont analysées et traitées afin d'en savoir plus, chaque jour, sur ce fameux vaccin. Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, où le vaccin de Pfizer/BioNtech est administré depuis la mi-décembre, plusieurs personnes vaccinées - en l'occurrence des soignants - ont développé de graves réactions allergiques suite à l'injection, l'une d'entre elle ayant par exemple été victime d'un choc anaphylactique seulement dix minutes après la prise du vaccin. Si toutes ces personnes ont récupéré depuis, cela pose tout de même question. A tel point que les autorités sanitaires américaines et britanniques ont réagi en prenant des mesures.

Aux Etats-Unis, il est désormais conseillé que la vaccination ne soit pratiquée uniquement dans des établissements disposant d'équipements spéciaux, notamment d'oxygène et d'épinéphrine, alors qu'au Royaume-Uni, les personnes ayant déjà été victimes de fortes allergies sont même priées de ne pas se faire vacciner pour l'instant. En France, on reste plus mesuré, à l'image du communiqué de la Fédération française d'allergologie. "Les antécédents d'allergie ou d'anaphylaxie ne constituent en aucun cas une contre-indication systématique à cette vaccination", peut-on lire. Quoi qu'il en soit, ces cas d'allergie post-vaccination sont suivis de très près et des études sont en cours pour en déterminer la cause. L'Agence américaine des médicaments (FDA) s'est dite "au courant d'informations sur une réaction anaphylactique chez une personne ayant reçu le vaccin contre le Covid-19. L'agence va continuer à travailler avec les CDC (Centres de prévention des maladies) et Pfizer pour mieux comprendre ce qu'il s'est passé", twittait la FDA lors de la découverte du premier cas.

Un "passeport vert" pour les personnes vaccinées contre le Covid verra-t-il le jour ?

On tient cette idée de la députée UDI Valérie Six : et si, d'ici quelques mois, un "passeport" était nécessaire pour se rendre dans les lieux de cultures (musées, cinémas, théâtres...) et dans les restaurants, actuellement tous fermés ? Ce fameux passeport prouverait que son détenteur est vacciné contre le Covid-19 et qu'il ne présente ainsi aucun risque. "Notre groupe considère qu'une telle mesure serait de nature à inciter les Français à se faire vacciner et à faire prendre conscience que la vaccination permet de se protéger soi-même, mais également autrui", a expliqué la parlementaire, estimant que "l'enjeu est de faire comprendre que se faire vacciner est un acte citoyen, que cela nous permettra collectivement de retrouver une vie sociale, une vie culturelle". Chacun sera juge de cette idée, qui existe déjà en Israël, mais Emmanuel Macron a promis devant les Français qu'il ne souhaitait pas rendre le vaccin obligatoire et cette mesure viendrait contrevenir quelque peu à ce principe pour toute personne désireuse de retrouver une "vie normale".