Fermeture des écoles : quelle date de réouverture ?

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"Fermeture des écoles : quelle date de réouverture ?"

Fermeture des écoles : quelle date de réouverture ? FERMETURE ÉCOLE. Alors que tous les établissements scolaires sont officiellement fermés depuis le 6 avril, Emmanuel Macron a rappelé l'objectif de rouvrir les écoles dès le 26 avril prochain.

[Mis à jour le 7 avril 2021 à 15h20] Depuis une semaine, les établissements scolaires en France sont fermés et les cours à distance sont de nouveau la règle malgré plusieurs couacs et problèmes techniques avec la plateforme ENT qui permet de faire les cours à distance. Pour montrer son investissement et surtout son soutien envers le corps enseignant, Emmanuel Macron a repris le chemin de l'école le 6 avril en participant virtuellement à un cours en ligne dans une classe de 3e. Le président en a profité pour réaffirmer sa perspective de réouverture des établissements scolaires dès le 26 avril prochain. "C'est essentiel qu'on reprenne les cours en présence pour les maternelles et les primaires le 26 avril, et pour les collèges et les lycées la semaine d'après. Je n'ai pas conditionné la réouverture des maternelles et des écoles, puis des collèges et des lycées, à des indicateurs sanitaires. Pourquoi ? Parce que ces trois semaines d'absence physique de cours sont déjà un effort important."

Interrogé sur la vaccination des enseignants qui pourrait être liée à la réouverture des écoles, Emmanuel Macron a indiqué ce 9 avril "qu'il n'y aurait aucun sens à vacciner un enseignant de 30 ans en priorité sur ses parents de 70 ans - ce serait même un contre-sens sanitaire" tout en ouvrant la porte à certains enseignants : "Nous aurons dans les prochaines semaines une vaccination prioritaire pour les enseignants, les AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap, NDLR) et les personnels au contact de personnes très vulnérables en particulier en situation de handicap" a toutefois indiqué le président.

Ce qu'il faut retenir sur la fermeture des écoles : 

  • La date de fermeture est quasi-immédiate. Les écoles sont fermées à partir du vendredi 2 avril au soir. A partir de lundi 5 avril, les élèves auront une semaine de cours à la maison. "Les deux semaine suivantes, à partir du 12 avril, la France entière sera placée en vacances de printemps", a ajouté Emmanuel Macron.
  • La date de réouverture des écoles est en réalité double. "La rentrée aura lieu pour tous le 26 avril", a d'abord dit le chef de l'Etat. Mais si la rentrée se fera en présentiel pour les écoles maternelles et primaires, les collèges et lycées resteront fermés et les cours seront alors dispensés à distance. Emmanuel Macron a indiqué que l'enseignement reprendrait le 3 mai, "avec des jauges adaptées" au collège et lycée.
  • Les parents bénéficieront du chômage partiel s'ils doivent garder leurs enfants et ne peuvent pas télétravailler.
  • Contacté par "l'Obs" le 2 avril en début d'après-midi, le ministère de l'Education nationale a confirmé que seuls "les enfants des publics prioritaires, et les enfants ou adolescents des quartiers prioritaires de la ville" pourront être gardés dans les centres aérés.
  • Les étudiants peuvent continuer de se rendre à l'université "un jour par semaine".

Emmanuel Macron, le 31 mars, s'est justifié sur cette nouvelle stratégie de fermer les écoles alors qu'elles sont restées ouvertes plus longtemps que dans bien des pays européens : "Nous avons gagné des jours précieux de liberté, des jours pour l'éducation de nos enfants en évitant un confinement dur ces derniers mois, ces dernières semaines, [mais aujourd'hui] nous faisons face à une nouvelle donne, nous sommes entrés dans une course de vitesse" a-t-il souligné. Malgré le développement de la vaccination, "une épidémie dans l'épidémie", "plus étendue qu'au printemps dernier" et "plus dangereuse qu'à l'automne" est en effet apparue, estime le gouvernement, "et touche l'ensemble du pays". La stratégie des reconfinements locaux a "eu des effets" mais "trop limités" au moment où "l'épidémie accélère". Il ne faut toutefois "pas céder à la panique", a tempéré le chef d'Etat, car nous "avons conservé la maîtrise de la situation dans les hôpitaux". Et "il ne faut pas non plus céder au déni", a-t-il affirmé dans la foulée. "Pour protéger la vie au présent et la vie au futur", le président a demandé aux Français de se mobiliser pour "nos aînés et nos enfants" et de fournir de nouveaux efforts pour le mois d'avril, soulignant que nous entrions dans une nouvelle phase pour "ces prochains mois". 

Quelle est la situation du Covid dans les écoles, collèges et lycées ?

Le dernier point du ministère de l'Education, publié vendredi 2 avril, recense, sur cette semaine-là, 11 272 classes fermées réparties dans toute la France, dont 2 168 et 2 198 dans les académies de Versailles et Créteil et 1 280 dans l'Académie de Lille, en digne miroir de la situation sanitaire dans ces régions. Mais, aucun territoire n'est épargné avec 492 fermetures dans l'académie de Normandie, ou encore 208 dans celle de Toulouse. Au niveau national, ce sont tout de même 229 structures scolaires (dont 187 écoles, 27 collèges et 15 lycées) qui étaient intégralement fermées. Les chiffres ont nettement augmenté en une semaine (148 structures scolaires et 3 256 classes étaient fermées la semaine précédente). Le ministère rapporte enfin 28 738  cas confirmés de coronavirus chez les élèves sur une semaine (contre 21 100 la semaine précédente), ainsi que 2 771 chez les personnels (contre 2 515 la semaine précédente).

La progression du coronavirus dans les établissements scolaires pourrait en outre être sous-estimée, en particulier dans les établissements du secondaire. Le point de situation indique désormais le nombre de tests salivaires réalisés sur une semaine. Il y en a eu 244 944 entre le 22 et le 29 mars, dont 0,45% se sont révélés positifs. L'essentiel de ces tests salivaires sont utilisés depuis la rentrée de mars dans les écoles du premier degré. Ils le sont encore très peu dans le second degré, les élèves volontaires ne pouvant être testés aujourd'hui qu'à l'aide des tests antigéniques avec prélèvement nasal. Une méthode qui dissuade 90% des jeunes. Les chiffres pourraient donc être amenés à grimper davantage dans les collèges et les lycées lorsque les campagnes de dépistage y seront déployées.

Les écoles d'Ile-de-France et de Paris plus touchées par les fermetures ?

Le ministère a compté dans son dernier point de situation pas moins de 5 343 classes closes dans la région francilienne  (contre 1011 la semaine précédente) : 977 dans l'académie de Paris, 2 198 pour celle de Créteil et 2 168 pour Versailles, auxquelles s'ajoutent 42 établissements entièrement fermés (contre 31 la semaine précédente) - 16 à Créteil, 20 à Versailles et 6 à Paris. Ces chiffres, les plus élevés du pays, ont explosé depuis une semaine. Selon Anne Hidalgo, qui s'est exprimée le 31 mars sur BFMTV, 850 classes étaient alors désormais fermées dans la capitale. Une multiplication des fermetures qui semble liée en partie au changement du protocole sanitaire dans les zones en surveillance renforcée (lire plus bas).

D'autres indicateurs sanitaires témoignent également de la montée en puissance de l'épidémie chez les enfants de moins de 10 ans, en particulier en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France. Dans la région francilienne, le taux d'incidence a plus que doublé chez les jeunes, en passant de 129 à 275 cas pour 100 000 élèves en à peine deux semaines, selon les chiffres remontés par le point épidémiologique de la mi-mars. Le Nord du pays l'a suivie de près, avec une incidence de 258 cas mi-mars alors qu'elle plafonnait à 138 un mois plus tôt, selon les données de la plateforme Géodes cette fois.

Ecoles fermées, mais cours à distance dès le 6 avril

Malgré la fermeture des écoles, la volonté de protéger les écoles est manifeste dans les nouvelles mesures gouvernementales. Les écoles maternelles et primaires doivent organiser les cours en distanciel pendant une semaine uniquement. L'apprentissage à distance reste difficile à mettre en œuvre chez les jeunes enfants, nécessitant plus d'accompagnement des professeurs, d'ordinaire, mais des parents pour les prochaines semaines. Les collèges et les lycées, poursuivent les enseignement à distance pendant deux semaines, avant le retour des élèves dans les établissements, le 3 mai. La période de vacance scolaire permet d'adapter la fermeture des écoles tout en limitant les conséquences sur l'apprentissage des élèves. Reste que les établissements et enseignants ont la responsabilité de mettre sur pied le système déployé au printemps dernier, voire de l'améliorer, très rapidement. Sur ce point, Florence Delannoy, secrétaire générale adjointe du Syndicat National des Personnels de Direction de l'Education Nationale (SNPDEN)a indiqué à France Info : "On fera sans doute mieux en enseignement à distance que ce qu'on a pu faire au printemps dernier. On est sans doute mieux préparés techniquement puisqu'on a pu, dès la rentrée, recenser les élèves qui n'avaient pas d'ordinateur, par exemple, recenser les élèves qui avaient des difficultés de connexion Internet. Ça, on le maîtrise un peu mieux". La pédagogie et le suivie des élèves devra lui aussi s'adapter pour pallier les inégalités et éviter qu'elles se creusent.

Une fermeture des écoles ouvre-t-il le chômage partiel aux parents ?

La fermeture des écoles est synonyme de casse-tête pour garder les enfants. Pendant la période de fermeture des écoles annoncée par Emmanuel Macron le 31 mars, le chômage partiel est maintenu pour les parents, autrement dit le versement d'une indemnité de 84% du salaire net. Les conditions ? Que votre enfant ait moins de 16 ans et qu'aucun des deux parents ne soit en mesure de télétravailler. Il faut apporter à l'employeur la preuve de la fermeture de la classe de son enfant, et un seul des deux parents peut bénéficier de cette mesure. Les travailleurs non salariés peuvent obtenir un arrêt de travail dérogatoire. Pour en savoir plus, consultez notre article dédié au dispositif du chômage partiel pour les parents des enfants dont l'école est fermée.

Les écoles fermées mais la garde d'enfant toujours un motif impérieux de déplacement

Les parents devront d'ici quelques jours allier vie professionnelle, vie de famille et suivi scolaire de leurs enfants. La tâche s'annonce compliquée pour certains foyers à la recherche de solutions alternatives. Et confier sa progéniture aux grands-parents ou à des proches pourrait être l'une d'entre elles. Si ce week-end les déplacements seront tolérés en prévision des "mesures de freinage renforcées" étendues à l'ensemble du territoire métropolitain, dès lundi, les déplacement à plus de 10 km nécessiteront un motif valable justifié par une attestation de déplacement. Bonne nouvelle pour les parents, ce jeudi devant l'Assemblée nationale, Jean Castex a assuré que "les déplacements professionnels mais aussi ceux liés à un motif familial, comme par exemple accompagner ou aller chercher un enfant chez un parent, un grand-parent ou un proche" s'inscrivaient dans les listes des motifs impérieux.

Quel protocole sanitaire après la fermeture des écoles ?

Les syndicats d'enseignants dans leur majorité considèrent que la décision d'Emmanuel Macron est un constat d'échec. Ces derniers jours, ils réclamaient eux-mêmes la fermeture des établissements scolaires à cause du manque de moyens permettant de poursuivre l'enseignement malgré la circulation du virus. Le manque de professeurs remplaçants, l'absence de vaccination pour le corps enseignant ou encore le protocole sanitaire pas assez strict ont été pointés du doigt par les personnels des écoles. Et au lendemain de l'annonce, l'heure est au regret. 

Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe  du Snes-FSU a déclaré à l'AFP : "On touche enfin à l'école, avec des mesures de fermeture, qui jusqu'ici étaient complètement écartées. C'est donc un cruel constat d'échec, car rien n'a été mis en place en amont dans les établissements pour l'éviter". Le déploiement de moyens conséquents, à même de permettre la tenue des cours en présentiel sans risquer un redémarrage de l'épidémie dans les établissements sera toujours demandé lors de la réouverture des écoles. La secrétaire générale du Snuipp-FSU, Guislaine David, a déjà évoqué le sujet et souhaite que "le protocole qui régira le retour à l'école fin avril sera plus strict que l'actuel sur les mesures d'aération ou encore de brassage des élèves", rapporte France Info.

Assistantes maternelles : peuvent-elles garder les enfants ?

Le gouvernement a annoncé l'autorisation pour les assistantes maternelles à travailler durant les trois prochaines semaines, rapporte franceinfo. Cette précision intervient à la suite d'une réunion organisée par le secrétaire d'État chargé de l'Enfance et des Familles, Adrien Taquet, ce vendredi. Il appartiendra aux employées de prendre une décision : continuer à travailler ou non. Si elles choisissent de poursuivre la garde d'enfants, elles devront renforcer les consignes sanitaires. "Il sera toutefois fait appel à la responsabilité des parents employeurs pour le recours à l'assistante maternelle en cas d'extrême nécessité", a, de son côté, indiqué Nathalie Dioré, secrétaire confédérale de la Confédération des syndicats d'assistants familiaux et assistants maternels, à nos confrères.

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