C'est désormais une certitude : cette technologie peut faire basculer la guerre en Ukraine

C'est désormais une certitude : cette technologie peut faire basculer la guerre en Ukraine Cette seule technologie, utilisée par Kiev et par Moscou, joue un rôle central dans la guerre en Ukraine. Elle peut faire basculer le conflit qui dure depuis près de quatre ans.

Si Moscou déploie des efforts militaires considérables pour essayer de conquérir des terres ukrainiennes et si Kiev en appelle au soutien international pour tenir face à l'invasion russe, c'est une technologie américaine qui semble en mesure de faire basculer la guerre dans un sens ou dans l'autre. Cette technologie n'est autre que le réseau de télécommunications Starlink, composé de milliers de satellites et appartenant à Elon Musk.

Depuis les premiers jours de la guerre en Ukraine, en 2022, le réseau spatial Starlink permet à l'Ukraine d'assurer ses communications militaires et de résister à l'invasion russe en dépit des cyberattaques visant tous les réseaux ukrainiens. Imploré par le ministre de la Défense ukrainien Mykhaïlo Fedorov, Elon Musk avait rapidement acheminé des milliers de satellites au-dessus du pays. Des satellites toujours présents presque quatre ans plus tard. Et pour cause : tout passe par eux, explique Xavier Tytelman, consultant en défense, au Parisien. Lorsque les câbles terrestres sont sectionnés et les réseaux brouillés, seul le réseau satellitaire permet d'assurer les communications entre les forces armées que ce soit pour des opérations terrestres ou aériennes.

L'Ukraine dépendante de Starlink pour se défendre

L'Ukraine ne peut pas se passer du réseau Starlink. Mais si Kiev tire profit de la mise à disposition du réseau par Elon Musk dans la grande majorité des cas, cette dépendance peut contrevenir à certains de ses projets. Le cas s'était présenté, en septembre 2022, lorsqu'une importante opération navale organisée contre la base stratégique russe de Sébastopol avait été réduite à néant par une coupure volontaire de l'accès ukrainien au réseau Starlink. Laquelle avait été décidée par Elon Musk qui redoutait une "escalade majeure", voire nucléaire dans le conflit. L'Ukraine s'était alors retrouvée sans possibilité de communiquer et à la merci d'une éventuelle attaque.

Un scénario susceptible de se reproduire puisque Starlink est la propriété d'un seul homme, même si depuis le Pentagone pose un cadre. "Un acteur privé dispose désormais de la capacité d'influencer concrètement la conduite d'une guerre interétatique", confirme le géopolitologue Ulrich Bounat au Parisien. Or, l'accès au réseau Starlink est aujourd'hui vital pour l'Ukraine et pour sa résistance face aux assauts russes.

La Russie décuple (illégalement) ses forces avec Starlink

Si Elon Musk a accepté de donner accès à son réseau à l'Ukraine, il a refusé d'en faire profiter la Russie. Il assurait dans une publication de février 2024 que sa société SpaceX "n'entretenait aucune relation commerciale avec le gouvernement russe ou son armée" et ne vendait pas, ni n'expédiait Starlink à Moscou, rappelle Reuters. Pourtant, le Kremlin a trouvé le moyen de se servir du réseau spatial dans sa guerre contre l'Ukraine.

A compter en décembre 2025, lorsque des frappes aériennes russes ont commencé à être plus précises et dévastatrices, les militaires ukrainiens ont découvert que des drones russes type Gueran, BM-35 ou Molny étaient équipés de terminaux Starlink. Ces terminaux permettaient aux drones d'être connectés au réseau et donc pilotés manuellement et plus précisément par des opérateurs restés en Russie. Ils étaient aussi capables d'échapper à la vigilance des radars et de résister aux systèmes de brouillage ukrainien. Le connexion au réseau Starlink leur permettait, en plus, d'étendre leur portée jusqu'à 500 km.

En se connectant illégalement au réseau Starlink, la Russie a trouvé le moyen de décupler sa force de frappe sur l'Ukraine. Un avantage certain dans une guerre de position qui s'enlise depuis plusieurs années. Mais Elon Musk et l'Ukraine ont réagi à cet usage illicite du réseau de télécommunications permis par l'acquisition de terminaux auprès de pays tiers, comme, éventuellement les Émirats arabes unis, la Turquie ou le Kazakhstan, et des marchés secondaires.

L'usage de Stralink par la Russie empêché

Le 31 janvier, Elon Musk a annoncé avoir pris des mesures de restrictions "pour empêcher l'utilisation non autorisée de Starlink par la Russie" et a indiqué que ces dernières "ont fonctionné". Le milliardaire n'a pas précisé les mesures en question, mais il aurait trouvé le moyen de désactiver tous les terminaux Starlink se déplaçant à une vitesse supérieure à 90 km/h sur le territoire ukrainien rapporte Le Monde.

La désactivation des terminaux non authentifiés est aussi à l'étude : elle s'appuierait sur une "liste blanche" dressée par l'Ukraine et renseignant tous les terminaux Starlink autorisés à fonctionner sur son territoire a indiqué Kiev. Tous les autres seraient alors bloqués. Ces mesures mettent à mal la stratégie militaire offensive de Moscou et l'empêchent d'avancer davantage en Ukraine.  "Un coup dur pour Vladimir Poutine", a annoncé la presse ukrainienne. Selon l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), un centre de réflexion américain, les drones d'attaque russes augmentaient leur portée jusqu'à 500 km avec Starlink. Sans cette technologie, c'est un atout considérable qui disparait pour Moscou. Sans recours, la Russie pourrait être très lourdement amoindrie dans sa capacité tactique à mener ses combats.