Ségolène Royal piégée par Le Point ?

Ségolène Royal piégée par Le Point ? Ségolène Royal a accordé un entretien au Point, qui a publié un article étonnant, avec des déclarations plutôt vindicatives de la présidente de la région Poitou-Charentes, qui dément les propos publiés.

L'entretien accordé par Ségolène Royal au Point devrait animer les conversations rue de Solférino. Le magazine daté du jeudi 5 septembre publie des déclarations de la leader socialiste qui rompent totalement avec le discours d'apaisement qu'elle tient depuis plusieurs semaines. Elle qui assure à tous les médias n'avoir aucune rancoeur à l'égard de ses camarades du PS aurait livré une toute autre version au Point. Les mots rapportés sont à la fois très virulents et étonnamment très présomptueux.

Affirmant avoir refusé le poste de garde des Sceaux, Ségolène Royal n'y va pas par quatre chemins. Si elle a décliné l'offre, c'est parce qu'elle n'était pas appropriée : "J'ai un charisme, de l'aura, du poids. Au gouvernement, je leur ferais de l'ombre" peut-on lire dans Le Point. En revanche, la présidente de la région Poitou-Charentes aurait souffert de voir Claude Bartolone s'emparer du perchoir de l'Assemblée nationale, une fonction qu'elle envisageait clairement avant les élections législatives : "Ça n'aurait pas été mauvais pour le pouvoir que ce soit moi, la présidente de l'Assemblée. J'aurais fait vivre le Parlement. Il aurait dû être plus présent pour soutenir le gouvernement la première année".

Bartolone, Aubry, Montebourg, Batho... Royal balance

Dans cet entretien qui révèle une Ségolène Royal clairement rancunière, d'autres propos sont cette fois-ci ouvertement dirigés contre des personnalités du PS. Claude Bartolone, dont l'opposition au projet de transparence du patrimoine des élus est jugé "inadmissible", Arnaud Montebourg, qui "se prend pour un acteur américain", Delphine Batho, son ancienne protégée, décrite comme "une manipulatrice politique". Et la palme revient à Martine Aubry, que Ségolène Royal moque sans langue de bois : "Je n'aurais pas dû me laisser voler le congrès de Reims. J'aurais dû imposer un rapport de force" peut-on lire dans l'hebdomadaire. Quant à la tribune de l'ancienne première secrétaire du PS publiée dans Le Monde du 26 août, Ségolène Royal y voit un "pompage" des idées qu'elle avait développées lors de sa campagne de 2007. "C'est à mourir de rire, c'est énorme ! [...] Elle ne se rend même pas compte qu'elle pille".

Piégée ou trop naïve ?

Ségolène Royal a rapidement réagi à l'article du Point. Sur Twitter, elle a posté un message pour démentir les propos rapportés par le magazine dès mercredi soir.

La présidente du Poitou-Charentes aurait-elle été piégéé par les journalistes du Point, prompts à publier des propos peut-être informels ou n'ayant dans son esprit pas vocation à être rendus publics ? Ségolène Royal dément en bloc les déclarations qui lui sont prêtées, sans toutefois apporter davantage de précisions. Le Point devrait quant à lui se réjouir du buzz suscité par l'entretien et ne semble pas, pour l'heure, désavouer les journalistes ayant réalisé puis retranscrit l'interview.

EN VIDEO : Ségolène Royal s'exprimait en juillet dernier sur Linternaute.com sur son "itinéraire politique", estimant qu'elle aurait pu "arrêter la politique". Elle assurait alors que son passé personnel avec François Hollande n'avait selon elle aucun lien avec son absence au gouvernement :

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"Ségolène Royal - "J'ai un itinéraire politique, j'aurai pu l'arrêter""