Didier Raoult : qui est ce médecin qui divise classe politique et monde médical ?

Didier Raoult : qui est ce médecin qui divise classe politique et monde médical ? Le professeur Didier Raoult est devenu un personnage incontournable de la lutte contre le coronavirus. Convaincu d'avoir trouvé le remède contre le Covid-19, ses méthodes et sa personnalité ne font pourtant pas l'unanimité.

[Mis à jour le 25 mars 2020 à 16h43] "Dans mon monde, je suis une star mondiale", confiait Didier Raoult il y a quelques jours à la Provence. Qu'on le croit ou non, ce spécialiste des maladies infectieuse est réellement devenu un visage de la lutte contre le coronavirus en France, qui n'en finit plus de provoquer contaminations et décès. Et pour cause, cet homme à l'allure de savant fou l'assure, il a trouvé le remède le plus efficace contre le Covid-19 à ce jour : la chloroquine, d'habitude utilisée pour prévenir et guérir le paludisme.

Dans son coin, à Marseille, où il dirige l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection, Didier Raoult a réalisé des tests aux conclusions positives, à tel point que le gouvernement s'est saisi du sujet en autorisant les soignants à administrer de la chloroquine aux patients les plus gravement touchés. Mais attention, l'exécutif reste prudent, hors de question, pour l'instant, de généraliser ce traitement à tous les cas de coronavirus en France.

En tout cas pas tant que les essais cliniques à grande échelle n'aient livré leur verdict quant à l'efficacité supposée de la fameuse molécule. Mais ça, le professeur Raoult n'en a que faire. Pire, cette patience mêlée de prudence le met en colère. C'est "immoral", dit-il, jugeant qu'il s'agit d'une perte de temps dans la lutte contre l'épidémie.

Réchauffement climatique, voile à l'université... Des avis tranchés

Une telle confiance en ses propres tests interpelle et dans le monde médical, on s'interroge... voire un peu plus. Philippe Klein, médecin installé à Wuhan, la ville chinoise où le coronavirus est né, a tout bonnement affirmé que les tests menés en Chine, avant ceux de Marseille, n'ont donné pour l'heure "aucun résultat significatif". La position de Didier Raoult sur la chloroquine est donc sujette à débat, et ce n'est d'ailleurs pas la première fois que son avis n'est pas vraiment partagé par le plus grand nombre.

En 2013, dans le Point, le natif de Dakar publie une tribune remettant en cause la façon dont on recense les prévisions climatiques. Plus clairement, il estimait à l'époque que la fameuse température moyenne de la Terre n'était pas le bon indicateur pour juger et rendre compte du réchauffement climatique. "La planète ne se réchauffe plus depuis 1998", avait-il écrit, estimant discutable la "responsabilité de l'homme dans le réchauffement climatique".

En 2016, sur un autre sujet, il prenait également position, jugeant le souhait de Manuel Valls, Premier ministre à l'époque, d'interdire le port du voile dans les universités d'"acharnement français". Didier Raoult est un homme de positions tranchées et il l'assume.

Le confinement ? "On ne sait même pas si ça fonctionne"

Pour en revenir au coronavirus, les critiques qu'il essuie concernant sa méthode assez directe ne lui font ni chaud, ni froid. "Je suis un scientifique et je réfléchis comme un scientifique avec des éléments vérifiables. J'ai produit plus de données en maladies infectieuses que n'importe qui au monde. Je suis un docteur, je vois des malades. J'ai 75 patients hospitalisés, 600 consultations par jour. Donc, les opinions des uns et des autres, si vous saviez comme ça m'est égal. Dans mon équipe, nous sommes des gens pragmatiques, pas des oiseaux de plateau télé", a-t-il confié au Parisien, jugeant que "le problème dans ce pays est que les gens qui parlent sont d'une ignorance crasse".

Didier Raoult a également un avis sur le confinement, en vigueur depuis plusieurs jours en France, et là encore, le médecin nage à contre-courant. "L'idée du cantonnement des gens pour bloquer les maladies infectieuses n'a jamais fait ses preuves. On ne sait même pas si ça fonctionne. C'est de l'improvisation sociale et on n'en mesure pas du tout les effets collatéraux", fustige-t-il, au moment où le confinement n'a jamais été aussi proche d'être allongé.