Thierry Ardisson, malade depuis des années : comment son cancer du foie est devenu son dernier secret
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Thierry Ardisson, malade depuis des années : comment son cancer du foie est devenu son dernier secret

Thierry Ardisson souffrait depuis des années de la maladie qui l'a emporté, le lundi 14 juillet 2025. Son cancer du foie s'est manifesté dès 2012, avec son lot de traitements et de séjours à l'hôpital.

La maladie de Thierry Ardisson était l'un des secrets les mieux gardés de la télévision. Depuis son décès le 14 juillet 2025, elle est désormais connue au grand jour et a même été montrée sur le petit écran lui-même. L'animateur, mort le jour de fête nationale, à l'âge de 76 ans, souffrait depuis 2012 d'un cancer du foie. Ses proches, qui l'ont suivi jusqu'à son dernier souffle, savaient depuis longtemps que l'animateur était gravement touché.

Dans le Midi Libre au lendemain de la mort de Thierry Ardisson, Philippe Corti, DJ et ami de longue date de l’animateur, a assuré que ce dernier souffrait depuis des années. "On savait qu’il était malade, ça dure depuis un petit moment, une quinzaine d’années, mais ça s’était complètement stabilisé…", a-t-il confié au journal au lendemain du décès. "Cela faisait un moment que sa maladie s’était complètement calmée. Mais il y a quelques jours, Audrey m’a appelé pour me dire que Thierry n’en avait plus pour longtemps."

"Ça [faisait] des années qu’il [était] malade", a aussi indiqué au Parisien un autre ami à la ville comme à l'écran, Laurent Baffie. "Il y a eu des évolutions, des traitements. Jusqu’au jour où il n’y a plus eu de traitement possible. Le coup de massue, ça a été mercredi (9 juillet 2025 - NDLR), quand on a compris que c’était une question de jours", a ajouté l'humoriste. Le cancer du foie se serait propagé au cours de l'année 2025. Plusieurs médias rapportent en effet que Thierry Ardisson souffrait d’un "cancer généralisé depuis plusieurs mois" et "était hospitalisé depuis quelques jours". Une longue maladie qui aurait donc brutalement pris le dessus. 

Un cancer difficile à traiter 

Thierry Ardisson avait fait des confidences sans tabou par le passé, dans lesquelles il indiquait que son foie avait été abimé par une hépatite C, contractée lors d’expériences de "speedballs" dans les années 1970, un mélange de plusieurs drogues. Mal soignée, cette hépatite aurait évolué en cirrhose, une maladie chronique du foie, puis en Carcinome hépatocellulaire, selon la Voix du Nord.

Si cette forme de cancer est très courante, elle est très difficile à soigner. Le diagnostic du cancer du foie est souvent tardif. Comme le rappelle l’Institut Curie, plus le stade est avancé, plus le traitement est difficile, voire inutile. Même pris en charge à temps, ce cancer est très dangereux et mortel. Le foie étant un organe riche en vaisseaux sanguins, les cellules cancéreuses peuvent se propager et atteindre d’autres organes rapidement. Le taux de survie à 5 ans et inférieur à 20%.

Sa maladie était tenue secrète depuis des années, mais l'animateur était l'objet de spéculations plusieurs jours avant sa disparition. Mercredi 9 juillet, le journaliste Clément Garin assurait sur X que Thierry Ardisson se trouvait "au plus mal". Sur son compte, le chroniqueur spécialiste de la télévision, ancien de TPMP, affirmait que le créateur de Tout le monde en parle était "hospitalisé depuis trois semaines" et qu'il était "en train de perdre le combat" face à un cancer, avant de supprimer sa publication quelques heures plus tard.

Un Thierry Ardisson malade dans un documentaire

Et Thierry Ardisson était bien hospitalisé pour un cancer en phase terminale depuis peu. Vendredi 11 juillet, l'absence au JT de TF1 de son épouse Audrey Crespo-Mara et le retour d'Anne-Claire Coudray à sa place, sans aucune explication, ont provoqué les premiers questionnements explicites de la presse people. C'est finalement Audrey Crespo-Mara qui annoncera elle-même le décès du monument de la télévision lundi matin. "Thierry est parti comme il a vécu. En homme courageux et libre. Avec ses enfants et les miens, nous étions unis autour de lui. Jusqu'à son denier souffle", a indiqué la journaliste de 49 ans, qui partageait la vie de l'animateur depuis 2009.

Thierry Ardisson a participé à un documentaire retraçant son parcours et sa carrière. Annoncé le 1er juillet dernier par TF1, le film écrit et réalisé par Audrey Crespo-Mara a été programmé sur la première chaine dès ce mercredi 16 juillet, à 22h50. Intitulé "La face cachée de l'homme en noir", ce portrait intimiste fait la lumière sur la personnalité de l'icône de la télévision, à travers les 10 Commandements de sa vie, parmi lesquels "Ta famille, tu fuiras", "À la drogue, tu succomberas", ou encore "La mort en face, tu regarderas". Ardisson y évoque ouvertement son combat contre la maladie. Clément Garin indiquait dans son tweet et dans un article, lui aussi dépublié, que sa femme Audrey Crespo-Mara l’avait filmé "dans ses derniers instants de vie". Des informations que l'intéressée avait balayées, jugeant le procédé "abject" et annonçant une procédure contre le journaliste.

Dans le documentaire pourtant, Thierry Ardisson sera bien montré à plusieurs reprises sur son lit d'hôpital : en 2012 lors de ses premiers traitements, mais aussi, plus affaibli, en décembre 2024. Des images diffusées avant même les obsèques de l'animateur, qui ont été abondamment commentées sur les réseaux sociaux. Le magazine Entrevue, lancé par Thierry Ardisson dans les années 1990 avant qu’il ne prenne ses distances, a publié sur X un long extrait du film d'Audrey Crespo-Mara dans lequel on voit Thierry Ardisson s'entretenir avec les soignants, s'exprimer avec émotion sur son parcours de malade, voire en pleine endoscopie.

Dans ce document inédit, Ardisson évoque en effet longuement cette maladie qui l'a "bien ramené à la réalité". "Pour des gens comme moi, c'est important de mesurer la réalité du monde, car on vit quand même dans un univers assez facile et à l'hôpital, on redescend à la réalité", lance-t-il au cours de ses multiples prises de parole. Celui qui assurait ne jamais avoir eu peur, craignait tout de même que sa maladie "explose", mais disait avoir trouvé dans cette épreuve le "goût à la vie".

"Depuis que j'ai cette maladie, je prends beaucoup plus de plaisir à des choses simples. À voir les gens que j'aime, faire des choses que j'aime. J'apprends que finalement, quand ça va mal, il faut serrer les dents et continuer", assure Ardisson souriant face à la caméra de son épouse et répétant à l'envi son mantra :  "quand tu traverses le désert, avance".

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"Je ne vais pas mourir, j'ai encore huit semaines"

Thierry Ardisson était visiblement conscient de son état et des traitements qu'il subissait. A l'hôpital, il estimait faire "don de (s)on corps à la science", les médecins ayant "tout pouvoir, ils font ce qu'ils veulent". Très "ému par les soignants et les infirmières", souvent les larmes aux yeux, il dira apprécier cet univers hospitalier, loin de ce monde qu'il a toujours connu et "où c'est chacun pour sa gueule". Seule entorse aux règles de vie drastiques que son état lui imposait : il était parvenu à garder "quatre à cinq cigarettes par jour". "J'ai dit au toubib 'vous êtes gentille mais je suis un artiste, j'écris des films, des bouquins, des émissions de télé. Si j'arrête de boire et de fumer complètement je vais me pendre'", confie-t-il.

C'est quand il a appris que ses poumons étaient fragilisés, en mars 2025, que Thierry Ardisson a commencé à voir "la mort qui rôde", raconte encore le documentaire. Sans se départir pour autant de son humour, si noir soit-il. "Non mais je ne vais pas mourir tout de suite, hein", va-t-il rassurer Audrey Crespo-Mara en s'amusant : "T'en fais pas, j'ai encore huit semaines".

Dernières mises à jour

09:01 - Les derniers moments d'Ardisson à l'hôpital racontés par Laurent Baffie

Dans Le Parisien après sa mort, Laurent Baffie en a également dit plus sur le dernier week-end de Thierry Ardisson, entouré des siens jusqu'à la fin, ce qui n'a pas été montré dans le documentaire d'Audrey Crespo-Mara. "Samedi, c'était très beau. Il tenait la main d'Audrey, entouré de ses trois enfants, Manon, Ninon et Gaston. Audrey a mis les Beatles. On a communié sur Let It Be. C'était christique", a-t-il décrit. "Les deux derniers jours ont été difficiles. Il a été courageux mais ne souffrait pas. Il ne voulait pas d'acharnement thérapeutique", ajoute l'humoriste, avant un hommage à la journaliste de TF1 et aux proches de l'animateur : "Il n'y a pas assez de superlatifs dans la langue française pour parler d'Audrey. Ses enfants aussi ont été incroyables. C'était beau de voir autant d'amour et d'accompagnement. Il a réussi sa mort".