"Dire que nous étions en colère est un euphémisme" : une compagnie aérienne abandonne ses passagers sur une île à -10°C sans bagages
Partir en vacances pour le Texas et se retrouver bloqué sur une île gelée au milieu de l’Atlantique Nord : c’est le scénario peu commun vécu par des centaines de passagers d'un vol au départ de Londres et à destination de Houston le 31 mars dernier. Ce qui devait être un vol long-courrier classique s'est transformé en un périple de 48 heures.
Tout a commencé 3 heures après le décollage de Londres. L'équipage annonce alors le besoin d'une assistance médicale à bord, imposant un déroutement immédiat. L'appareil se pose à St. John's sur l'île de Terre-Neuve au Canada. Mais alors que les voyageurs pensent repartir rapidement une fois le passager en question évacué, un nouveau problème surgit : une panne technique "irréparable" cloue l'avion au sol. Et c'est là que le cauchemar débute...
La compagnie en question, British Airways, débarque les passagers et les envoie vers des hôtels locaux. Mais personne n'est autorisé à récupérer ses bagages en soute. Les passagers se retrouvent abandonnés à l'extérieur, par une température glaciale de -10°C, avec pour seuls vêtements ceux qu'ils portaient dans la cabine pressurisée. Jon Shipman, qui voyageait avec sa famille, a confié son indignation au micro de la BBC : "Dire que nous étions en colère est un euphémisme". Sans nouvelles de la compagnie, les passagers ont dû solliciter l'aide du personnel de l'aéroport local pour obtenir des couvertures ou des informations.
L'espoir renaît le lendemain soir lorsqu'on leur annonce un nouveau vol. Mais une fois à l'aéroport, la situation vire à l'absurde : on leur explique que l'avion ne part plus vers les États-Unis, mais retourne à Londres, avant d'annuler purement et simplement le vol une seconde fois. Certains passagers épuisés ont dû dormir à même le sol de l'aérogare. "Ils nous ont fait tourner en bourrique", déplore Jon Shipman sur BBC Radio Merseyside.
Ce n'est qu'après deux jours d'errance que les passagers ont enfin pu rejoindre Houston. "C'est ridicule, c'est vraiment lamentable de la part de British Airways", a déclaré Jon Shipman. Pour tenter de calmer le jeu, la compagnie a présenté ses excuses et offert un bon d'achat électronique de 600 euros à chaque passager, en plus de la prise en charge des repas. Une somme jugée dérisoire par les victimes dont les vacances ont été amputées de deux jours. "Ce n'est pas suffisant. Nos vacances sont gâchées", a regretté Jon Shipman.
Dans ce genre de situation, la réglementation européenne est stricte : si la compagnie est responsable du retard (hors météo ou grève externe), les passagers peuvent prétendre à des indemnités forfaitaires allant de 250 euros pour les trajets courts (- de 1 500 km) à 400 euros pour les vols moyen-courriers, et jusqu'à 600 euros pour les longues distances de plus de 3 500 km. Ces montants, fixés par la loi, s'ajoutent à la prise en charge obligatoire de l'hébergement et des repas.