Résultat vote de confiance : le Parlement soutient le gouvernement

Résultat vote de confiance : le Parlement soutient le gouvernement RÉSULTAT DÉFINITIF - C'était quasiment certain, le Parlement a voté sa confiance à Manuel Valls et à son gouvernement, malgré la fronde d'une poignée d'élus socialistes.

[Mis à jour le 16 septembre 2014 à 18h43] "Le gouvernement sera majoritaire." C'est par ces mots que le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, rassurait ce matin sur les plateaux des radios. Manuel Valls s'est de nouveau vu accorder la confiance de l'Assemblée nationale ce mardi par 269 voix pour et 244 voix contre. Une confiance accordée de justesse, malgré la fronde d'une poignée d'élus socialistes et leur montée en puissance dans les médias ces derniers jours. D'après les calculs de Bruno Le Roux, chef de file des élus PS, les frondeurs ne devaient pas dépasser la trentaine sur les 290 députés socialistes que compte l'Assemblée nationale lors du vote de confiance en cette fin de journée. Le pari est réussi. Lors du précédent vote de confiance le 8 avril, déjà décrit comme serré, ils n'étaient que 26, dont six écologistes, à s'abstenir (ce qui ne revient pas à voter contre) sur la ligne politique gouvernementale. Si les écolos ont radicalisé leur opposition (seul un élu s'est abstenu, les autres députés EELV votant contre), rien ne semblait menacer réellement Manuel Valls en dehors de ce score étriqué. Le député frondeur Christian Paul qui s'est maintes fois exprimé dans les médias cette semaine, avait évalué lui-même le nombre de frondeurs à "une trentaine" maximum.

Une simple équation mathématique. De fait, les scrutins qui ont eu lieu au sein du palais Bourbon sur les différentes lois adoptées depuis l'arrivée de Manuel Valls à Matignon montraient que la fronde, aussi puissante soit-elle médiatiquement, ne concrétisait pas ses menaces dans le vote. Alors qu'une centaine de socialistes avait signé, début avril, un texte pour un "nouveau contrat de majorité", seule une quarantaine de députés de gauche se sont abstenus au maximum lors des différents débats ayant eu lieu à l'Assemblée depuis. Le programme de stabilité est la réforme qui a obtenu le plus d'abstentions. Une vingtaine d'élus PS seulement s'abstenait sur le programme de stabilité, qui instaurait 50 milliards d'économies dans les dépenses publiques. Ils n'étaient également qu'une poignée à bouder la loi de finance rectificative et la loi de financement de la Sécurité sociale rectificative au début de l'été, deux autres textes emblématiques du début de l'ère Valls. Au-delà du symbole donc, pas de quoi inquiéter réellement le Premier ministre.

Vote de confiance : une logique politique implacable

Dans l'histoire de la Ve République, les députés d'une majorité ont toujours voté la confiance au gouvernement auquel ils étaient associés. Et Manuel Valls le savait bien : le vote de confiance, s'il est un risque facultatif (ce vote n'est en rien obligatoire) est un faux risque. La majorité de l'Assemblée nationale découle en effet directement de l'élection présidentielle. Et à fortiori depuis l'instauration du quinquennat : les députés élus en juin 2012 le doivent en partie à l'élection du chef de l'Etat en mai et à la logique des électeurs. A cette logique électorale répond une logique institutionnelle qui ne s'est encore jamais démentie. De plus, en refusant en masse leur confiance au gouvernement, les députés de gauche se tireraient une balle dans le pied en provoquant une dissolution quasi-systématique de l'Assemblée nationale bavant la présidentielle de 2017, c'est à dire dans une période à haut risque. Une crise politique à laquelle aucun ou presque n'avait réellement intérêt, tant une réélection lors de législatives anticipées est incertaine pour les socialistes, dans un contexte aussi délétère pour la majorité.

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