Ce voeu Parcoursup fait un carton, c'est assez inattendu
Les premiers résultats de Parcoursup sont transmis ce mardi 2 juin pour plus d'un million de candidats. Au total, plus de 14 millions de vœux et sous-vœux ont été formulés sur la plateforme pour des formations post-bac, un chiffre en légère hausse par rapport à 2025. Et c'est la licence universitaire qui bénéficie du statut de formation la plus demandée par les lycéens, avec 34,6 % des vœux confirmés, nettement devant le BTS (27,8 %).
Parmi ces nombreuses licences, et aussi étonnant que cela puisse paraître, l'une d'entre elle tire son épingle du jeu. En effet, ce nouveau cursus universitaire connaît un succès impressionnant : il s'agit de la "LPE" pour Licence "Professorat des écoles", visant à préparer le concours de professeur des écoles. Un cursus convoité par 87 000 candidats sur Parcoursup, selon les informations de Franceinfo. Cette licence est devenue la huitième plus demandée devant l'histoire, les sciences politiques ou encore la sociologie.
La LPE est une formation pluridisciplinaire qui permet de "consolider les bases en français, mathématiques et dans toutes les matières de l'école primaire (sciences, histoire-géographie, EPS, langues)", indique le ministère de l'Education nationale. Ce diplôme vise également à acquérir les premières notions de pédagogie adaptées à la maternelle et à l'élémentaire, comprendre et appliquer les valeurs de la République et le fonctionnement du système éducatif et à découvrir le métier grâce à dix semaines de stages minimum en école.

"On approche les dix fois la capacité d'accueil par rapport à ces demandes qui ont été formulées", indique Florian Barrière, directeur de la faculté H3S (Humanités, Santé, Sport, Sociétés) de l'université Grenoble Alpes, où il y a 300 places pour près de 2 800 candidats, auprès de Franceinfo. D'après lui, le succès de cette formation réside dans son format : "avoir raccourci le chemin jusqu'à l'obtention du concours permet de rendre les choses plus concrètes et plus rapide pour les étudiants", estime-t-il. Il y voit un parcours plus "sécurisant".
Le succès majeur de cette formation revêt tout de même un caractère inattendu, au vu des difficultés régulièrement énoncées par le corps professoral et des conditions de travail loin d'être idéales. Aujourd'hui, malgré un attachement réel à la fonction publique, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir la quitter : un quart des agents l'envisage. Dans le détail, 53% des agents qui envisagent de quitter la fonction publique le feraient en raison de leur salaire, selon le baromètre sur l'état du travail de la fonction publique 2026 publié par la CFDT.
Le "peu de lien" avec la hiérarchie et le "sentiment de manque de reconnaissance" sont également pointés du doigt par Lysiane Bénabent, professeure des écoles depuis vingt ans. "L'agressivité et la violence de certains parents sont de plus en plus présentes dans notre quotidien", regrette-t-elle, interrogée par le syndicat. "Le sentiment de solitude et le manque de reconnaissance, voilà ce qui conduit de plus en plus de collègues à un mal-être au travail, un burn-out, une démission", conclut-elle.