Cas contact Covid : explications, dépistage, isolement... Ce que l'on sait

Cas contact Covid : explications, dépistage, isolement... Ce que l'on sait CAS CONTACT. Un protocole strict a été mis en place pour les cas contacts. Pour en savoir plus, toutes les informations sont dans cet article.

[Mis à jour le 28 septembre 2020 à 16h49] Dernière info. Détecter et isoler les cas contact, ça semble bien porter ses fruits. L'Italie a grandement souffert de la pandémie de coronavirus au printemps. Désormais, le gouvernement opte pour une politique qui semble faire ses preuves contre le Covid-19. Le port du masque est obligatoire dans les lieux publics depuis le milieu du mois d'août dans le pays européen. Les rassemblements sont limités au maximum. Les mariages sont par exemple reportés à une date ultérieure, tandis que les fenêtres sont ouvertes lors de réunions professionnelles. Ces mesures vont de pair avec une tactique de dépistage qui semble être efficace. Dans les restaurants, un protocole a été mis en place afin de repérer de potentiels cas contacts. "On contrôle la température de tous les clients à leur arrivée" précise le propriétaire d'un établissement de restauration à Rome, Giacomo Rech. "Chaque client doit remplir un formulaire avec son nom et ses coordonnées pour être recontacté en cas de besoin" ajoute t-il au micro de LCI. Avec cette méthode, les cas contacts sont bien plus facilement repérables. Environ deux tiers des Italiens testés positifs au virus seraient des cas contacts !

La stratégie de dépistage passe aussi par les aéroports. Les voyageurs en provenance de territoires à risque comme la France, le Royaume-Uni ou encore l'Espagne, peuvent bénéficier gratuitement d'un test de dépistage selon le JDD. Dans les écoles aussi, les cas contacts peuvent être détectés. Certains directeurs d'établissements scolaires ont reçu une caméra thermique qui permet de détecter les élèves ayant une température supérieure à 37,5°C.

Ce qu'il faut savoir sur les cas contacts

Un cas contact à l'école ?

En tant que parent, vous vous inquiétez certainement pour vos enfants si une personne dans un établissement scolaire est déclarée positive au coronavirus. Les règles ont pourtant été assouplies dans les écoles maternelles et primaires pour les cas contacts. Le ministère de la Santé a fait savoir que, désormais, si un enfant est positif à la maladie, la classe de ce dernier pourra "continuer de se tenir normalement pour les autres élèves, qui ne sont plus considérés comme cas contacts". Les fermetures de classes seront donc moins nombreuses, mais toujours possibles. "Le protocole d'identification des personnes cas contacts, leur isolement éventuel, la fermeture possible de classes, voire d'écoles, sera toutefois appliqué lorsque qu'il y aura au moins trois cas confirmés dans la même classe" venant de différentes familles, poursuit le ministère. Ce système, mis en place le mardi 22 septembre, a été pensé car selon le Haut conseil pour la santé publique (HSCP), "les enfants sont peu à risque de forme grave et peu actifs dans la transmission du SARS-CoV-2".

C'est quoi un cas contact ?

Un "cas contact" est un individu qui a été en relation avec une personne positive au Covid-19 pendant un certain temps. Cela implique que marcher dans la rue près de cas positifs pendant quelques secondes ne fait pas de vous un cas contact. Les gestes barrières et les accessoires hygiéniques de protection comme les masques limitent au maximum la transmission du virus dans ces conditions. La situation de cas contact la plus probable est évidemment lorsque l'un de vos proches, qu'il soit un ami, un membre de votre famille ou encore un collègue, est testé positif. Vous avez plus de "chances" de le devenir si vous vivez avec une personne atteinte du Covid-19.

Autre paramètre primordial : les espaces confinés autre que votre domicile dans lesquels vous vous rendez. Les magasins, les entreprises, les restaurants, ou les voitures par exemple, appartiennent à cette catégorie. Si vous étiez en compagnie d'un individu malade pendant une durée d'au moins quinze minutes, dans un lieu fermé, il est probable que vous soyez devenu un cas contact. Cela peut être évité évidemment avec le respect des gestes barrières, le port du masque et idéalement de la visière en plus, même si cette dernière ne se substitue pas au masque. Si vous êtes un élève, un parent ou un professeur, vous pensez certainement à l'école. Dans cet espace confiné, il faut faire très attention pour ne pas devenir un cas contact. Une nouvelle fois, le masque est une bonne protection. Si vous êtes devenu un cas contact, il est fortement recommandé de se faire dépister, et de vous isoler durant sept jours (lire ici).

Que faire si l'on est un cas contact ?

Si vous avez été en contact avec une personne positive au Sars-CoV-2, certaines consignes à suivre sont fortement recommandées. Il en va de votre sécurité, mais aussi de celle des autres. La première chose à faire est de s'isoler, même si vous n'avez pas de symptômes. Les études scientifiques ont démontré qu'une personne pouvait être contagieuse près de 48 heures avant que des signes ne se manifestent. Il est également possible que vous soyez atteint par le coronavirus en étant asymptomatique.

La deuxième étape, c'est évidemment de faire un test de dépistage. Ce dernier est réalisé par le biais d'un prélèvement nasal, et est remboursé à 100% par l'Assurance Maladie (AM). L'ordonnance n'est pas non plus obligatoire pour se faire tester. L'AM prévient directement les laboratoires pouvant effectuer le test. Vous n'aurez plus qu'à présenter un papier d'identité qui permettra aux membres du laboratoire de retrouver votre nom parmi une liste de cas contacts.

© Ministère de la Santé

Quand est-ce que le test doit être réalisé ?

À quel moment doit-il être fait ? Cela varie. Si vous vivez avec une personne positive au Covid-19, le test doit être fait dès que possible. En revanche, si vous avez fait la rencontre d'un individu malade, mais que vous ne vivez pas au même domicile que lui, il est nécessaire d'attendre sept jours après avoir été en contact avec lui pour se faire dépister. Cette période n'est pas anodine. Si le test de dépistage est effectué trop tôt, il est possible que vous soyez négatif alors que vous devenez positif par la suite. Autre cas qui peut se produire, l'arrivée de symptômes durant cette période de sept jours. Si vous voyez que des signes se manifestent pendant votre isolement, allez vous faire dépister immédiatement. Dans l'attente des résultats, il faut rester isolé.

Les étapes à suivre si vous êtes positif ou négatif

Une fois que vos résultats sont arrivés, deux options "s'offrent" à vous. Si le résultat du test de dépistage est positif, vous devez vous mettre en quarantaine jusqu'à votre guérison. Le site officiel de l'administration public affirme que l'Assurance Maladie vous contactera pour connaitre les personnes que vous avez rencontré récemment. L'AM vous expliquera également les démarches à suivre en cas de besoin, et pourra vous délivrer un arrêt de travail qui couvrira la période d'isolement. Si le résultat est négatif, d'autres conditions doivent être suivies. "Si vous vivez sous le même toit que la personne malade : refaire un test 7 jours après la guérison du malade. S'il est à nouveau négatif et que vous ne présentez aucun signe de la maladie, vous restez isolé encore 7 jours" précise le site du gouvernement. Ce dernier ajoute que vous n'êtes probablement pas contaminé si vous ne vivez pas avec la personne malade du coronavirus. Cependant, si des symptômes apparaissent, il est nécessaire de contacter votre médecin traitant. Il sera le plus à même de vous donner des consignes.

Un protocole encore trop flou

Le traçage des cas contacts ne semble pas à la hauteur selon des témoignages recueillis par franceinfo. Certains malades atteints du Covid-19, joints par l'Assurance Maladie, ont eu l'impression que les appels téléphoniques n'étaient pas efficaces. Contacté le 5 septembre au lendemain de son test positif, Auguste (le nom a été modifié) a précisé que "le coup de fil a dû durer une à deux minutes". Il ajoute ceci : "On m'a demandé si j'avais des symptômes, si je respectais l'isolement, sans m'en préciser la durée, et si j'avais eu des contacts récemment. J'ai répondu que j'avais déjà prévenu ces personnes, et la téléconseillère n'a pas du tout insisté pour relever leurs noms. Et ça s'est arrêté là. C'était très sommaire." Les entretiens téléphoniques permettent de donner des indications aux interlocuteurs, comme la durée de l'isolement par exemple. La personne atteinte par le Covid-19 doit ensuite dresser la liste des individus qu'elle a rencontrés, que ce soit au travail ou lors d'un événement privé par exemple. L'enquêteur récupère les données sur ces cas contacts, à savoir le nom, le numéro de téléphone, l'adresse mail, et bien évidemment les dates de rencontres entre le malade et les personnes concernées. Pour Catherine aussi, qui est un cas contact, les conseillers ne donnent pas assez d'informations. Selon elle, l'opérateur qu'elle a eu au téléphone était "totalement inexpérimenté". "On avait l'impression que la personne ne savait pas ce qu'elle devait demander" indique t-elle.

Santé publique France a souligné que 80% des nouveaux cas de coronavirus, dans la semaine du 7 septembre, n'avaient pas été déclarés comme cas contacts. L'Agence nationale de santé publique a précisé lors de son point épidémiologique du jeudi 17 septembre que ce chiffre démontrait "l'existence de nombreuses chaînes de transmission non identifiées." Pourtant, 9000 personnes passent des dizaines de milliers de coups de fil chaque jour aux malades et aux cas contacts. Jean Castex avait même annoncé le vendredi 11 septembre que 2000 individus supplémentaires allaient être recrutés pour aider les employés. Ces nouvelles recrues ont pour mission de gérer les situations plus compliquées, comme les clusters par exemple.

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