De l'ADN inattendu retrouvé sur le suaire de Turin, une "origine indienne" suggérée

De l'ADN inattendu retrouvé sur le suaire de Turin, une "origine indienne" suggérée Des traces ADN insoupçonnées ont été détectées sur le suaire de Turin, qui est considéré par certains croyants comme le linceul de Jésus-Christ.

Le suaire de Turin a-t-il vraiment entouré le corps de Jésus-Christ ? Pour résoudre le mystère de ce drap de lin jauni conservé à la chapelle de Guarini de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin en Italie, les scientifiques continuent de l'étudier. Sur le tissu de 4,4 mètres sur 1,1 mètre se distingue l'image floue d'un homme de face et de dos, marqué par des blessures qui pourraient être liées à une crucifixion. Pour de nombreux catholiques, ce sont celles laissées par Jésus après son passage sur la Croix, le tissu lui aurait ainsi servi de linceul. Pourtant, les études scientifiques qui se sont succédées ont penché pour une origine médiévale, avec notamment une datation au carbone 14 réalisée en 1989, estimant sa création entre 1260 et 1390. L'année dernière, d'autres travaux ont estimé que la figure qui est sur le tissu a été imprégnée par une sculpture en bas-relief et non par un corps humain. Les chercheurs ont obtenu ce résultat en comparant la façon dont un tissu tombe sur un corps humain et sur une sculpture. 

Une nouvelle analyse ADN basée sur des échantillons prélevés en 1978, mais avec des méthodes modernes comme la métagénomique, qui permet un examen complet, a été récemment réalisée et les résultats ont été publiés dans une étude. Des traces humaines, dont celles de celui qui a collecté l'échantillon, ont été trouvées. Les chercheurs ont également mis la main sur de l'ADN de corail rouge méditerranéen, qui pourrait laisser suggérer une origine méditerranéenne ou un passage par les régions du sud. La présence du corail pourrait toutefois avoir une autre explication : les "crucifix, chapelets ou reliquaires en corail dont nous savons qu'ils ont été placés au contact du tissu".

Chiens, chats, bovins, chevaux, cerfs, lapins ou encore acariens, de nombreuses traces d'ADN animal ont été relevées. Parmi les espèces végétales, 31% des prélèvements venaient de carottes. Ils ont aussi retrouvé du blé, des poivrons, des tomates, des melons, des noix... "La diversité des espèces animales et végétales identifiées témoigne d'une importante contamination environnementale du Suaire, probablement survenue au cours des derniers siècles, notamment après les voyages de Marco Polo et de Christophe Colomb", ont expliqué les chercheurs. Il ne faut pas oublier que l'ADN peut être transféré avec ou sans contact : certaines traces ont donc pu se retrouver sur le tissu en raison des expositions publiques du suaire dans les villes médiévales. Cela a notamment pu arriver sur des marchés. 

Ils ont, par ailleurs, noté que près de 40% de l'ADN humain trouvé sur le suaire provient de lignées indiennes, pouvant suggérer que le fil viendrait de ce pays. Or, cela reste à confirmer au vu des multiples contacts et interactions qui ont eu lieu avec le suaire.