Le traitement contre la calvitie de Donald Trump inquiète plusieurs médecins, sa capacité à gouverner en question

Le traitement contre la calvitie de Donald Trump inquiète plusieurs médecins, sa capacité à gouverner en question Un médicament utilisé pour prévenir la perte de cheveux n'apparait plus sur les rapports médicaux de Donald Trump depuis son retour au pouvoir. Une anomalie qui inquiète quelques experts.

Le chef de l'Etat américain fête ses 80 ans le 14 juin, un octogénaire sera donc l'homme le plus puissant du monde occidental. Donald Trump malade, fatigué, trop usé ? C'est la petite musique qui ne cesse de poursuivre le président des Etats-Unis, et ce, depuis sa première prise de fonctions en 2017. D'autant plus lorsqu'un médicament que le président américain a pris durant plusieurs années ne figure plus sur ses dossiers médicaux. En effet, un traitement bien précis n'est plus indiqué sur le dernier rapport du médecin du président à la Maison-Blanche, publié ce vendredi 5 juin 2026.

Il s'agit du finastéride, une substance utilisée pour prévenir la perte de cheveux chez l'homme. Pourtant, trois des anciens médecins de Donald Trump ont déclaré qu'il avait bien dans ses habitudes l'utilisation de ce médicament avant et pendant son premier mandat en tant que président. Ronny Jackson - médecin de Donald Trump pendant une partie de son premier mandat - a déclaré l'année suivante qu'il continuait à prendre du finastéride. Son successeur, Sean Conley, révélait en juin 2020 que Donald Trump prenait toujours le médicament.

Bien connu sous le nom de marque "Propecia", ce traitement n'apparaît plus sur les rapports médicaux du président des Etats-Unis depuis son retour au pouvoir, l'an dernier, révèle The Washington Post. Les responsables de la Maison-Blanche ont même refusé de commenter l'utilisation passée ou supposée du finastéride par le chef de l'Etat, tout comme son absence des rapports suivants.

"Le rapport actuel relate tous les médicaments jugés cliniquement pertinents à divulguer en ce moment (...) Aucune autre condition ou procédure non divulguée affectant matériellement son état de santé n'a été omise de ce rapport", indique la présidence par voie de communiqué, des informations relayées par le quotidien américain.

Pourtant, ce manque de transparence de la part de la Maison-Blanche interpelle le corps médical outre-atlantique. "Cela soulève des questions importantes sur ce qui n'est peut-être pas révélé", remarque Robert Klitzman, psychiatre et directeur du programme de maîtrise en bioéthique de l'Université Columbia. Voilà pourquoi, "la nomination d'un expert médical indépendant" est suggérée par Arthur Caplan, chercheur sur la santé présidentielle.

Les soupçons quant à la véracité des informations fournies par la présidence sur l'état de santé de Donald Trump ne datent pas d'aujourd'hui. La Maison-Blanche avait minimisé la gravité de son infection au Covid-19 en 2020. De plus, le chef de l'Etat n'avait pas estimé bon de publier les résultats complets de ses tests médicaux lors de la campagne présidentielle de 2024. Mais selon le médecin actuel de Donald Trump, Sean Barbadella, le président "reste en excellente santé".

"Les citoyens sont en droit d'attendre un certain niveau d'ouverture de la part de quelqu'un en qui ils placent une confiance aussi profonde", estime de son côté Steve Joffe, médecin et bioéthicien à la Perelman School of Medicine de l'Université de Pennsylvanie, dans les colonnes du Washington Post. D'après Robert Klitzman, qui s'appuie sur la littérature médicale bien documentée, l'utilisation de finastéride peut être liée à un risque accru de dépression, un élément qui pourrait remettre en question sa capacité à gouverner, d'autant qu'il a entraîné le pays dans une guerre avec l'Iran. C'est sans doute le sujet de préoccupation principal sur ce traitement, les risques d'effets secondaires sur un homme de bientôt 80 ans ne devraient, selon lui, ne pas être sous-estimés. Le médicament est également utilisé comme traitement pour prévenir le cancer de la prostate.