Le Québec, le nouveau souffle

Le Québec, nouveau souffle, nouveau départ © SIPA
Lorsqu'il rejoint le Québec, en 2005, Alain Juppé considère que sa carrière politique est derrière lui. Sa condamnation l'a blessé. Il décide de se lancer dans l'enseignement et choisit l'université du Québec à Montréal. Sauf que le recteur ne tient pas à l'accueillir dans son établissement. Il devra se contenter d'un poste à l'Ecole nationale d'administration publique. Une période difficile, mais qui lui permettra de s'éloigner du microcosme parisien. "Cela a été très dur avant, terrible humainement pour lui, même s'il n'a rien dit", explique son épouse Isabelle*. Ensuite, nous avons vécu une année de bonheur simple et total, une année de retrouvailles et de reconstruction en famille, une année d'ouverture d'esprit aussi, en côtoyant des gens très différents".

"Il s'est ouvert"

Une traversée du désert, ça vous change un homme. Mais le froid et le sirop d'érable ont manifestement rendu Alain Juppé plus doux, selon sa femme : "Il s'est adouci sur un certain nombre de sujets, s'est ouvert au contact de ses enfants et de la société québécoise. Bien qu'immuable, son socle de convictions est devenu plus pragmatique. Sur le terrain social, il est plus tempéré, à la suite de discussions en famille, sur le mariage pour tous, par exemple. Sur le sujet de l'intégration, ses positions ont évolué à raison de son expérience dans le XVIIIe arrondissement et à Bordeaux"*.
* Témoignage recueilli par Gaël Tchakaloff, publié dans "Lapins et Merveilles" (Flammarion)
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