Yannick Jadot : candidat aux législatives ? L'accord avec Mélenchon crée des tensions

"Yannick Jadot : candidat aux législatives ? L'accord avec Mélenchon crée des tensions"

Yannick Jadot : candidat aux législatives ? L'accord avec Mélenchon crée des tensions JADOT. Arrivé sous la barre des 5% à la présidentielle, Yannick Jadot hésite encore à se présenter aux élections législatives. Pour autant, l'écologiste a son avis sur une potentielle coalition, qu'il n'envisage pas derrière Jean-Luc Mélenchon...

Yannick Jadot n'a pas encore tranché. L'ex-candidat à la présidentielle n'a pas encore décidé s'il prétendra à la députation lors des élections législatives des 12 et 19 juin prochains. Pour autant, le député européen entend faire jouer sa voix dans les discussions à gauche, en vue d'un rapprochement avec les autres partis. Il s'y est dit favorable, dans la matinale de France Inter ce mardi 26 avril : "Je soutiens la perspective d'une coalition, qui doit être une coalition très ouverte. Qu'il y ait la France insoumise, mais aussi toutes les forces politiques de gauche. Il faut une perspective large pour envoyer le plus de députés à l'Assemblée nationale." Pour autant, alors que les discussions vont bon train, Yannick Jadot a expliqué ne pas croire à une coalition réunie autour de Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise. "Je suis pour qu'il y ait La France insoumise, le résultat du 10 avril les oblige", a-t-il expliqué au micro de Léa Salamé, mais ne croit pas que le leader de LFI puisse être considéré comme le chef de la gauche. Il en veut pour preuve le terme de "3e tour" pour désigner les élections législatives et s'est dit "assez surpris" de ce "détournement permanent des institutions". Selon l'écologiste, ces élections ne sauraient être un prolongement de la présidentielle.

Le discours de Yannick Jadot à l'annonce des résultats de la présidentielle

"Il faudra bien sortir d'une société morcelée, bloquée, qui tourne le dos à la jeunesse" a débuté Yannick Jadot lors de son discours à l'annonce des résultats le dimanche 10 avril au soir. Après avoir reconnu sa défaite et remercié ses soutiens, l'écologiste a dit se ''projeter" dans les élections législatives qui ont lieu au mois de juin, rappelant que si l'écologie est "absente du second tour", elle ne pourra pas "l'être du quinquennat". Il souhaite que son parti pèse dans la balance décisionnelle, et rappelle les enjeux qui ne pourront pas être ignorés : "Il faudra bien voir l'urgence vitale de la bataille pour le climat, il faudra voir les menaces contre la démocratie ici, et en Europe", a-t-il par exemple cité. S'adressant au prochain gouvernement, il a demandé à ce qu'une réponse soit enfin apportée à ceux qui réclament "plus d'égalité et de justice sociale", mais aussi qui se sentent concernés par le "bouleversement climatique".

"Ces enjeux vitaux pour notre pays, pour nous, pour nos enfants, ont été largement ignorés dans cette campagne confisquée", a regretté Yannick Jadot. Il en a ensuite appelé au soutien financier des soutiens et des électeurs pour que l'écologie puisse "poursuivre ses indispensables combats", indiquant même qu'il suffisait de se rendre sur le site soutenirlecologie.fr pour faire un don. De fait, son score ne dépassant pas les 5% des voix, ses frais de campagne ne seront pas remboursés, ce qui met le camp des Verts dans une situation périlleuse. "Je ne lâcherai rien, l'état du pays l'impose", a promis le candidat déchu d'EELV, avant de conclure que le climat serait "important dans les politiques publiques", parce que son parti "aura des députés" aux législatives.

Yannick Jadot appelle à voter Emmanuel Macron au second tour

Comme tous les candidats à gauche, Yannick Jadot appelle les électeurs écologistes à "faire barrage à l'extrême-droite" en déposant dans l'urne un "bulletin Macron" le 24 avril prochain. "Que personne ne minimise la menace fondamentale que représente l'extrême-droite pour la démocratie, la paix civile, l'écologie", a-t-il ajouté. Pour autant, il a voulu se montrer ferme envers le président sortant : "notre vote ne vaut pas caution ni acceptation de votre mépris démocratique et de votre inaction écologique, et encore moins de votre projet esquissé pendant la campagne", a-t-il assené. 

Les réactions des soutiens de Yannick Jadot à l'annonce des résultats

Déçus, la mine triste, les soutiens de Yannick Jadot ont défilé aux micros des journaux et des chaines du service public hier soir. D'abord, l'ex-candidate à la primaire écologiste Sandrine Rousseau : si elle a exprimé son amertume face à ces résultats décevants, elle s'est surtout exprimée sur le choix à faire pour le second tour. A BFMTV, elle a confirmé qu'elle voterait pour Emmanuel Macron, affirmant qu'elle n'avait "aucun doute là-dessus", mais qu'elle n'était pas la "personne à convaincre", rappelant au président sortant qu'il lui faudrait convaincre "toutes ces personnes qu'il a humiliées ces cinq dernières années", l'adjoignant à "descendre de son piédestal" et le fustigeant d'avoir "construit ce duel pendant cinq ans" en faisant "monter l'extrême-droite". Des propos partagés par Sylvain Robin, le référent départemental de la campagne de Yannick Jadot qui a rappelé que le choix du "bulletin Macron" s'imposait face à l'extrême-droite qui est "un danger trop grand", comme il l'a tweeté.

Julien Bayou, le secrétaire national EELV a lui aussi été très réactif sur les plateaux comme sur Twitter : "Si chaque électeur de Yannick Jadot donne 3 euros, nous aurons remboursé la campagne et pourrons poursuivre le combat de l'écologie". Pour beaucoup donc, c'est la douche froide, étant donné les espoirs placés en Jadot : "C'était une candidature pour gagner, pas pour témoigner" a notamment expliqué Eva Sas, la porte-parole d'EELV, lors de son passage sur franceinfo. Elle s'est tout de même félicité de cette campagne qui a été "la plus efficace et la plus professionnelle" jamais menée par des écologistes. Ils seraient donc davantage "opérationnels" et "plus ancrés dans l'appareil d'Etat", selon ses mots, ce qui laisse de l'espoir quant à leur performance aux législatives. Pour autant, la porte-parole est restée réaliste, rappelant que Yannick Jadot n'est pas parvenu à égaler le record de Noël Mamère en 2002 '(5,25% des voix), et concluant : "On s'est encore heurtés au fameux plafond des Verts".

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