Va-t-on manquer d'eau cet été en France, malgré la pluie de l'hiver ? Il y a une chose à surveiller dès maintenant

Va-t-on manquer d'eau cet été en France, malgré la pluie de l'hiver ? Il y a une chose à surveiller dès maintenant L'hiver a été très pluvieux, mais cela sera-t-il suffisant pour endiguer le risque de sécheresse cet été ? Le printemps pourrait maintenir de bonnes conditions, mais un facteur pourrait tout changer.

L'hiver a été particulièrement arrosé cette année : février 2026 a été le mois de février le plus pluvieux depuis 1959 en France, avec 40 jours de précipitations consécutifs. Les nappes d'eaux souterraines se sont bien rechargées, conférant un bon matelas hydrique en vue de la saison chaude. Même les régions du sud de la France qui étaient en déficit ont pu faire le plein.

Dans le dernier bulletin du BRGM sur la situation des nappes d'eau souterraine au 15 mars 2026, la recharge est active, avec 68% des niveaux en hausse contre 18% en baisse. Les niveaux "modérément bas" sont localisés dans le nord-est. La situation est jugée "satisfaisante" avec 75% des points d'observation au-dessus des normales mensuelles. La belle couche de neige en altitude va aussi mettre du temps à fondre, apportant ainsi des suppléments d'eau. Ces réserves seront-elles suffisantes pour contrer la sécheresse estivale ? 

Situation des nappes au 15 mars 2026 © BRGM

Tout d'abord, il faut prendre en compte que l'eau tombée n'a pas été entièrement stockée : une partie a été perdue car les sols étaient saturés. De plus, le printemps va jouer un rôle clé. A cette saison, la végétation pousse et consomme une bonne partie de l'eau qui se trouve dans le sol et celle qui va continuer à tomber. Les précipitations à venir seront d'ailleurs déterminantes. Dans ces prévisions saisonnières, La Chaine Météo envisage un printemps plutôt sec avec des anomalies thermiques positives, surtout en mai et juin, mais sans excès.

Une certaine humidité des sols pourrait toutefois se maintenir grâce à des précipitations généralement proches des moyennes de saison ou légèrement déficitaires par moment, soutenues par une reprise orageuse possible au mois de juin. La tendance ne devrait donc pas complètement s'inverser en cette saison, selon les premières prévisions. "Ce printemps relativement doux et globalement proche des normales en précipitations serait plutôt favorable à la végétation et aux cultures après l'hiver, en limitant les risques de sécheresse précoce et les excès d'eau", précise le site spécialisé.

Tout n'est pas acquis d'avance pour autant. Un été très chaud et durablement sec pourrait rebattre les cartes. L'été 2018 illustre bien ce scénario : les déficits hydriques ont été importants suite à de fortes chaleurs, malgré des inondations et des pluies torrentielles survenues en février. Alors qu'au printemps les nappes phréatiques étaient à un niveau excédentaire, les trois semaines de canicule en juillet ont provoqué une sécheresse historique.

Les sols s'étaient alors retrouvés asséchés en surface, une situation qui impacte l'utilisation domestique et agricole de l'eau ainsi que la végétation. Les plantes ont besoin de transpirer et vont davantage chercher de l'eau dans le sol qu'elles rejettent ensuite dans l'atmosphère. Cela participe à vider plus rapidement les nappes phréatiques. "Ces pluies permettront de retarder l'assèchement des sols au printemps. En revanche, cela n'écarte pas le risque de sécheresse à l'été qui dépendra de la pluviométrie et des températures printanières et estivales", résume pour sa part Météo France. La situation sera donc à suivre de près.