Les prix des produits bios plus élevés à cause de cette entente entre plusieurs enseignes

Les prix des produits bios plus élevés à cause de cette entente entre plusieurs enseignes Un syndicat et plusieurs enseignes de l'alimentation biologique ont été sanctionnés par une amende de plusieurs millions d'euros par l'Autorité de la concurrence pour avoir lésé les consommateurs.

L'Autorité de la concurrence vient de frapper un grand coup contre certains magasins bios. L'instance a infligé une amende colossale au syndicat national des magasins bios (Synadis Bio) ainsi qu'à plusieurs enseignes pour un total de 12,67 millions d'euros. Le syndicat doit essuyé la majorité de l'amende prononcée le 15 avril 2026, à hauteur de 10 millions d'euros. Le reste de la somme doit être payé par une filiale de Carrefour et deux du groupe Les Mousquetaires, relate Le Figaro.

Si une telle sanction a été prononcée, c'est parce que l'Autorité de la concurrence a dénoncé une entente conclue entre Synadis Bios et les enseignes au détriment des consommateurs. Une enquête de l'instance a révélé un système visant à limiter la concurrence sur les produits bios, et donc à maintenir des prix élevés. Pendant sept ans, entre 2017 et 2024, le syndicat et les filiales des distributeurs se sont mis d'accord pour "répartir les marques (de produits bio) entre les canaux de distribution grandes surfaces spécialisées (comme comme Biocoop, Naturalia ou La Vie Claire) et grandes surfaces généralistes", explique l'Autorité de la concurrence.

Cette segmentation du marché empêchait aux références vendues dans les magasins bios de se retrouver dans les rayons des grandes surfaces généralistes face à des produits concurrents. L'objectif était d'éviter "la comparabilité des produits, et donc des prix". Si les mêmes produits bios avaient été présents dans les magasins spécialisés et les grandes surfaces, des écarts de prix auraient pu être observés entre les deux et le consommateur aurait pu faire un choix éclairés. Surtout, il aurait pu bénéficier des effets de la concurrence qui auraient poussé les marques à réduire les prix de certains produits lors que cela été possible.

Or, le système de Synadis Bio a permis "le maintien d'un positionnement tarifaire plus élevé en magasin bio spécialisé qu'en grande surface généraliste pour les mêmes produits", indique l'Autorité de la concurrence.

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L'instance évalue actuellement à 30 % environ l'écart de prix entre les deux circuits sur les produits bio, une différence permis selon elle en partie par l'entente entre Synadis Bio, Greeneez en tant que filiale de Carrefour et ITM Entreprises et Les Comptoirs de la bio, filiales du groupe Les Mousquetaires. "Nous ne savons pas quels seraient les prix aujourd'hui pratiqués s'il n'y avait pas eu cette segmentation, [mais] il y aurait probablement quand même un écart de prix entre les deux circuits", explique Thibaud Vergé, vice-président de l'Autorité de la concurrence dans les colonnes du Figaro. Cet écart aurait cependant pu être moins élevé.

Le Synadis Bio, qui écope de la part la plus importante de l'amende, a déjà exprimé son désaccord, contestant "fermement l'analyse de l'Autorité de la concurrence" et annonçant son intention de faire appel. Pour le syndicat, il s'agissait de défendre un modèle économique spécifique, alors que pour le gendarme de la concurrence, il s'agit d'une entente illicite ayant directement porté préjudice au marché et aux citoyens.