"Nanopuces", "fausses seringues"... Ces intox virales sur les vaccins anti-Covid

Par Axelle Choffat

"Mauricette, la première vaccinée de France, est morte"

"Mauricette est morte"

Que dit la rumeur ?

Le week-end du 16-17 janvier, la rumeur court sur de nombreux comptes antivaccination : Mauricette est morte des suites de sa vaccination. La retraitée de 78 ans a été la première Française à recevoir une dose du vaccin Pfizer-BioNTech, le 27 décembre à Sevran. Alors, vrai ou faux ?

Pourquoi c'est faux : 

Il s'agit "d'une 'fake news' pitoyable". Stéphane Blanchet, le maire de la ville de Sevran, a tenu à rétablir la vérité dès le 17 janvier sur sa page Facebook. "J'ai contacté le directeur de l'hôpital René-Muret", "Mauricette va bien", souligne-t-il dans son post. Contacté par Libération, l'AP-HP a confirmé que le décès de Mauricette était "faux".

"Je travaille là où elle était résidente"

D'où venait la rumeur ?

La fausse info a été publiée initialement par le compte Twitter Aldente, supprimée depuis, rapporte le service Checknews de Libération. Le lendemain de la vaccination de Mauricette, un internaute se présentant comme "covidosceptique, islamocritique, royaliste, antiféministe" tweete : " Elle est décédée des suites d'une crise cardiaque cette nuit, je travail (sic) dans l'établissement où elle était résidente." Un message peu relayé, mais qui resurgira trois semaines plus tard, quand des internautes français se questionnent suite à des rumeurs sur la mort de 23 personnes vaccinées en Norvège. L'auteur de la supercherie avouera à un internaute avoir "menti afin de dissuader les gens de ce faire vacciner (sic)".

"Les vaccins à ARN vont nous transformer en OGM"

Que dit la rumeur ? 

L'idée qui circule plus précisément : "Les vaccins à ARN messager vont modifier notre ADN". Avec les vaccins Moderna et BioNTech / Pfizer, qui l'utilisent, "on n'injecte pas une protéine du Sars-CoV-2 mais un message qui va diriger la synthèse d'une de ses protéines dans le corps", prévenait pourtant Bertrand Séraphin, directeur de recherche à l'Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC) du CNRS contacté par France 24. Cette technologie thérapeutique innovante touche, même si c'est de loin, à notre patrimoine génétique. Et les craintes sont nombreuses sur les réseaux sociaux quant à l'intégrité de notre ADN ensuite.

On ne transforme pas le corps

Ce qui est vrai : 

En fait, l'ARN messager n'est pas capable d'accéder au noyau de nos cellules, d'interagir avec lui et donc, de transcrire dans notre ADN ses instructions. Ce constat se base notamment sur le fait que seule une toute petite séquence de l'ARN du coronavirus est introduite dans notre organisme avec le vaccin. Le généticien Axel Kahn soulignait en prime début décembre sur franceinfo : "L'ARN vient de l'ADN mais il n'y retourne pas". Et de rassurer encore davantage : "On ne transforme pas le corps (...) c'est une totale absurdité".

"Le vaccin va nous inoculer le VIH"

Que dit la rumeur ? 

Dans la vidéo "A regarder d'urgence avant la censure", on trouve aussi l'affirmation suivante : dans le "futur" vaccin contre le Covid-19 (la vidéo a été mise en ligne en août 2020), il y aurait "4 fragments du VIH1, qui donnent aux personnes vaccinées le syndrome du Sida et l'immunodéficience qui en résulte". Une idée qui se base sur une prépublication d'article scientifique très largement remis en question, notamment pour ses biais méthodologiques. Ladite étude met en avant le fait que "de petits morceaux de la séquence génomique du VIH" sont "identiques à des morceaux dans le SARS-CoV-2", résume Sciences et Avenir.

Des fragments insignifiants

Ce qui est vrai : 

Concernant l'étude pré-citée, déjà, "les morceaux identiques qu'ils ont trouvés sont beaucoup trop petits pour être significatifs" relativise auprès de Sciences et Avenir Alexandre Hassanin, enseignant-chercheur à l'institut de Systématique, évolution, biodiversité (ISYEB) de Sorbonne Université et du Muséum national d'Histoire naturelle. 
L'Institut Pasteur ajoute que "si l'on retrouve bien une séquence du VIH dans le génome du coronavirus SARS-CoV-2, cela ne veut pas dire que le second dérive du premier". Par ailleurs, aucun laboratoire n'est encore parvenu à mettre au point un vaccin contre le Sida, ce qui serait sans doute le cas si on pouvait l'inoculer artificiellement.

"Le Covid-19 a été créé par l'Institut Pasteur" pour vendre des vaccins

Que dit la rumeur ?

Largement déclinée sur la Toile, cette thèse d'un virus créé par l'Homme figure notamment dans une vidéo conspirationniste sobrement intitulée "A regarder d'urgence avant la censure : Institut Pasteur et Microsoft ont les brevets du Covid19". Visionnée plus de 1,3 million de fois depuis sa mise en ligne en août 2020, ladite vidéo indique entre autres que le Covid-19 est "un coronavirus artificiel fabriqué en France par l'Institut Pasteur à partir du coronavirus naturel SARS-CoV", puis "transféré à Wuhan", où il a été "délibérément relâché" à l'insu des autorités, par des scientifiques français de l'institut. La vidéo précise au passage que le Covid-19 est breveté.

Le Covid-19 vient de la faune sauvage

Ce qui est vrai : 

Suite à ces propos diffamatoires, l'Institut Pasteur a porté plainte pour la première fois depuis sa création. Dès le mois de février 2021, des chercheurs ont par ailleurs fait paraître une tribune dans la célèbre revue scientifique médicale "The Lancet". Sur la base d'une dizaine d'études, ils y certifient l'origine naturelle du virus. Et concluent, "massivement" que "ce coronavirus est originaire de la faune sauvage".
Le chercheur en virologie Etienne Simon-Lorière explique pour sa part à l'AFP que "La plupart des virus émergents viennent d'un réservoir animal. Si un scientifique, aussi génial soit-il, cherchait à 'créer' un virus, ce serait infiniment trop complexe car il s'agirait de créer quelque chose d'entièrement nouveau".

"Le vaccin va nous injecter des nanopuces électroniques"

Que dit la rumeur ? 

Toujours dans la vidéo "A regarder d'urgence avant la censure", le présentateur lâche que "le brevet W0 2020/060606 A1 déposé par Microsoft le 26 mars 2020, société 'créée entre autres par Bill Gates' permettra d'intégrer des nanoparticules" au vaccin contre le Covid-19. De quoi rendre la population "localisable par les autorités à tout moment du jour et de la nuit" via leurs téléphones et le "réseau 5 G".

Pourquoi c'est faux : 

Dixit AFP Factuel, ce fameux brevet déposé par Microsoft, consultable en ligne, "ne traite ni de la 5G, ni des vaccins, ni des nanoparticules". Il "schématise un système de production de cryptomonnaie qui n'a aucun lien avec la vaccination ou le nouveau coronavirus".

Pas de Big brother en vue

D'où vient l'intox ?

Pourquoi la fausse information vise-t-elle Bill Gates et Microsoft ? L'AFP Factuel a trouvé le lien sur le site de l'Université américaine Rice, où il est expliqué que "la Fondation Bill et Melinda Gates a approché" l'équipe de chercheurs étudiant la technologie des nanoparticules injectables sous la peau humaine pour obtenir des informations. Objectif : qu'ils trouvent un système pour savoir facilement qui a été vacciné ou non pendant les campagnes de vaccination, notamment dans les pays en développement, mais sans contenir aucune autre informations que "le vaccin reçu". Le résume de l'étude précise aussi que les personnes pourraient refuser et que leurs données seraient protégées. 

"Les vaccins contiennent des tissus pulmonaires de fœtus avortés"

Que dit la rumeur ? 

Comme le relate BBC Afrique, certaines des accusations sur les vaccins anti Covid 19 portent sur le fait qu'ils contiendraient "des tissus pulmonaires de fœtus avortés". D'après une vidéo publiée sur l'une des pages Facebook anti-vaccins les plus consultées, une étude prouve que ces tissus entrent dans la composition du vaccin développé par AstraZeneca et l'université d'Oxford.

©Capture d'écran Facebook prise le 17/02/2021

Les cellules fœtales n'entrent pas dans la composition d'un vaccin

Ce qui est vrai : 

L'étude sur laquelle s'appuient les anti-vaccins porte sur la réaction du vaccin AstraZeneca quand il est introduit au sein de cellules humaines en laboratoire. On utilise effectivement des cellules humaines cultivées en laboratoire pour développer de nombreux vaccins, mais "Aucune cellule fœtale n'est utilisée dans le processus de production des vaccins", a assuré à BBC Afrique le Dr Michael Head, de l'université de Southampton. Quant aux chercheurs ayant développé le vaccin à l'université d'Oxford, ils précisent avoir travaillé avec des cellules clonées, mais qu'elles "ne sont pas elles-mêmes les cellules de bébés avortés".

©Capture d'écran Facebook prise le 17/02/2021

"Le vaccin peut rendre handicapé"

Que dit la rumeur ? 

"Le vaccin pourrait entraîner un syndrome de Guillain-Barré ou une sclérose en plaque, deux maladies entraînant de lourds handicaps psychomoteurs". Des soupçons entourent les vaccins sur un déclenchement possible de syndromes de Guillain-Barré (une maladie rare dans laquelle le système immunitaire du patient attaque ses nerfs périphériques) depuis les années 70, rappelle le magazine spécialisé Sciences et Avenir. La sclérose en plaques, maladie chronique auto-immune touchant le système nerveux central, est également souvent évoquée parmi les potentiels effets secondaires graves des vaccins à long terme. Une rumeur qui circule depuis les années 90 et vise notamment le vaccin contre l'hépatite B.

Pas de lien avéré entre ces maladies et la vaccination

Ce qu'on sait :

  • Pour le syndrome de Guillain-Barré : d'après le professeur Michael Lunn, neurologue à l'University college de Londres, dans une lettre ouverte de la Guillain Barré Syndrome Foundation, "le nombre de cas de syndromes de Guillain-Barré après un vaccin contre la grippe depuis 1976 est de 1 pour 1 million et aucune étude n'a pu faire le lien entre la vaccination et le syndrome de Guillain-Barré".
  • Concernant la sclérose en plaques : selon une récente étude (2019) parue dans la revue Neurology et ayant analysé plus de 223 000 dossiers médicaux, les résultats "ne montrent pas que la vaccination est un facteur de risque de développer une sclérose en plaques."

"Les seringues sont fausses"

Que dit la rumeur ? 

Une vidéo de la BBC a fait ruer les antivaccins dans les brancards : dans une séquence diffusée mi-décembre, on voit un agent de santé administrer un vaccin dans le bras d'un patient. L'image pourrait sembler banale mais un détail a "fait bugger" certains : une fois la piqûre finie, l'aiguille employée semble avoir "disparu". Pour certains sceptiques, la preuve est là : les campagnes de vaccination sont des machinations mensongères. Partagée plusieurs millions de fois, la vidéo a relancé une rumeur déjà favorisée par les diffusions en ligne, sorties de leur contexte, d'un accessoiriste de cinéma texan, Scott Reader. Ce dernier y explique le fonctionnement des seringues aux aiguilles rétractables dans les films. 

©Capture d'écran Facebook prise le 17/02/2021

L'aiguille se rétracte après utilisation

Ce qui est vrai : 

Les seringues dont l'aiguille disparaît après administration d'un vaccin sont en réalité munies d'aiguilles de sécurité. La BBC s'est sentie obligée de l'expliquer dans un message spécial diffusé après la publication du reportage. La chaîne a ainsi écrit sur son site : "Il s'agit de véritables images montrant des professionnels de santé utilisant une seringue de sécurité, dans laquelle l'aiguille se rétracte dans le corps de l'appareil après utilisation. Les seringues de sécurité sont répandues en médecine depuis plus d'une décennie. Elles protègent le personnel médical et les patients contre les blessures et les infections".

©Capture d'écran Facebook prise le 17/02/2021

"Les vaccins anti-Covid entraînent fréquemment des effets secondaires graves"

Que dit la rumeur ? 

Le vaccin contre le Covid-19 entraînerait des effets secondaires graves et fréquents. Cette théorie fleurit sur les réseaux sociaux, amplifiée par la méfiance de base ressentie par les Français à l'égard des vaccins contre le Covid-19 : 44% seulement des habitants de l'Hexagone envisageaient de se faire vacciner pour cette infection à coronavirus au mois de décembre dernier, selon une enquête BVA, ce qui plaçait la France en 30e position de la défiance au vaccin, sur 32 pays étudiés... Les scandales sanitaires récents (Levothyrox, Mediator...) accentuent également cette méfiance.

1,3 réaction allergique grave par million de doses

Ce qui est vrai : 

Lors des résultats de phase III des essais cliniques menés pour le vaccin Pfizer-BioNTech, des réactions sévères de fatigue (3,8%) et de maux de tête (2%) ont été relevées après l'une ou l'autre dose, durant quelques jours seulement selon le Centre for Disease Control (CDC) américain. Les effets secondaires "graves" s'élevaient eux à 0,5%.

Selon Covireivac, plateforme de recrutement de volontaires pour les tests vaccinaux en France, avec les vaccins Covid-19, les "réactions allergiques graves de type anaphylactique" (...) sont exceptionnelles (estimées à 1,3 réaction par million de doses quel que soit l'âge) (...) et surviennent dans un délai très court (moins d'une heure) après l'injection".

"On se sert de nos aînés pour les essais cliniques"

Que dit la rumeur ? 

Sur les réseaux sociaux, il se dit que les personnes âgées sont utilisées à leur insu pour les essais cliniques. La rumeur veut plus précisément qu'en faisant partie des premiers vaccinés, les résidents des Ehpad fassent notamment offices de cobayes de choix. 

Le vaccin a déjà été testé

Ce qui est vrai : 

Les vaccins actuellement autorisés à l'utilisation en Europe ont déjà été testés sur des dizaines de milliers de volontaires. L'essai clinique de phase 3 (la dernière phase) des laboratoires Pfizer-BioNTech, par exemple, a porté sur environ 44 000 personnes. C'est d'ailleurs de cette façon que son efficacité à 95% après deux injections à trois semaines d'intervalle a été validée, puis confirmée dès le début du mois de décembre 2020 par l'Agence américaine du médicament (FDA).

"Il y a eu 50 morts du vaccin dans les Alpes-Maritimes"

Que dit la rumeur ? 

Des comptes Twitter anti-vaccin ont diffusé le 18 janvier l'"information" suivante : le vaccin aurait tué 50 personnes âgées dans les Alpes-Maritimes. La preuve alors brandie ? La "Une" du Nice-Matin du 17 janvier, titrée "Hécatombe dans les Ehpad".

Les résidents de l'Ehpad sont décédés du Covid-19

Ce qui est vrai : 

La tentative de désinformation s'appuie ici sur de (très) grosses ficelles. Dans l'article de Nice-Matin relié à la Une "Hécatombe dans les Ehpad", disponible en ligne, il est précisé que les personnes évoquées sont décédées du Covid-19, et non des conséquences de la vaccination.

"L'infirmière Tiffany Dover est morte après avoir reçu le vaccin"

Que dit la rumeur ? 

Son nom est devenu célèbre dans la sphère des antivaccins. Des internautes sont persuadés que l'infirmière Tiffany Dover, qui s'était évanouie en direct après s'être fait vacciner le 17 décembre 2020, est décédée depuis. Bien que l'infirmière ait expliqué à la télévision locale, dès le 18 décembre, qu'elle était fréquemment sujette à des malaises vagaux, car sa tolérance à la douleur était très faible, les opposants les plus acharnés à la vaccination n'ont cessé d'exiger des preuves de vie.

©Capture d'écran Inside Edition prise le 17/02/2021

Tiffany Dover va bien

Ce qui est vrai : 

Tiffany Dover va bien. L'hôpital CHI Memorial (Tennessee), au sein duquel elle officie, l'a confirmé à plusieurs reprises : via Twitter le 19 décembre, puis en vidéo le 21 décembre, relèvent les Décodeurs du Monde, ou encore dans une déclaration à l'agence de presse Reuters le 28 décembre. Le 29 décembre, la chaîne WRCB a également diffusé un reportage dans lequel on voit apparaître la jeune femme en bonne santé, surtout effrayée par les rumeurs persistantes sur son décès. 
Pas de quoi empêcher l'intox de persister, fausses preuves de décès à l'appui. Ces dernières sont réalisées à l'aide de bases de données généalogiques interactives en ligne sans aucune valeur officielle, rappelle Reuters

©Capture d'écran Inside Edition prise le 17/02/2021

"Le vaccin de Pfizer a causé des centaines de morts"

Que dit la rumeur ? 

Des centaines de personnes auraient perdu la vie à cause du vaccin de Pfizer et BioNTech contre le Covid-19. C'est le constat formulé par des internautes à partir d'un tableau diffusé à gogo sur les réseaux sociaux. "Uniquement pour le vaccin Pfizer au 30 janvier 2021 nous en sommes à 739 morts, soit 2,8% des 26 849 effets secondaires signalés" s'insurge ainsi un homme se décrivant comme médecin sur Twitter. Ce même tableau, dont 20 Minutes a pu faire une capture d'écran, permet à un autre internaute d'affirmer via un post Facebook : "Vaccin Pfizer niveau européen. Pour le mois de janvier 2021 […]. 739 décès. Soit 2,8 %." Et d'en conclure : "Le coronavirus tue moins que ça."

Des données mal interprétées, les décès ont diverses causes

Ce qui est vrai : 

Les données actuelles ne permettent pas d'établir un lien de cause à effet entre le vaccin Pfizer-BioNTech et les décès enregistrés après la vaccination, indique l'Agence européenne des médicaments (EMA). Le tableau susmentionné emprunte des données de la base EudraVigilance, pilotée par l'agence EMA et qui rassemble les effets indésirables potentiellement liés aux médicaments. Pour autant, l'EMA a souligné auprès de 20 Minutes que les chiffres de la colonne décès ("fatal") "ne signifient pas nécessairement que les événements signalés ont été causés par le vaccin". Dans un communiqué daté du 29 janvier, l'Agence européenne du médicament souligne d'ailleurs que "les bénéfices continuent de l'emporter sur les risques dans la prévention du Covid-19".

"Ce n'est pas le vaccin anti-Covid qu'on administre, mais celui contre la grippe"

Que dit la rumeur ? 

Ce ne serait pas le vaccin anti-Covid, mais "celui contre la grippe saisonnière" que l'on administre, rapporte avoir repéré le journal local Nord Littoral, sur sa page Facebook, à Calais. "Fernande", l'une de ses lectrices, en veut pour preuve que le vaccin contre la grippe était "en rupture de stock" cet hiver, pour pouvoir garder des munitions en vue de la campagne de vaccination contre le Covid.

Enormément plus de vaccins Covid-19 ont été commandés

Ce qui est vrai : 

La dernière campagne de vaccination contre la grippe saisonnière en date a démarré le 13 octobre 2020 en France. Au 17 novembre, 10,6 millions de doses avaient été délivrées. Pour la première fois, l'Etat a aussi constitué un stock de vaccins contre la grippe de plus de 2 millions de doses, selon les chiffres du ministère de la Santé, relayés par la base de référence médicale Vidal. A titre comparatif, la France a commandé au moins 200 millions de doses pour la vaccination contre le Covid-19.

"Le vaccin Pfizer n'est pas efficace : regardez l'Israël !"

Que dit la rumeur ? 

Cette rumeur vous dit peut-être quelque chose. Si Israël est le pays dans lequel on a d'ores et déjà le plus vacciné contre le Covid-19 à la mi-février, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 y reste élevé. Pour Alexandra Henrion-Caude, une scientifique très controversée, c'est justement la preuve que le vaccin ne marche pas. "Ouvrons les yeux ! Israël, 35 % vaccinés. Vers un 4ème confinement ?", partage-t-elle sur les réseaux sociaux.

L'hospitalisation des plus de 60 ans a fortement chuté en Israël

Ce qui est vrai : 

45% des Israéliens sont déjà vaccinés au stade de la mi-février, et ce quasi-exclusivement avec le vaccin Pfizer-BioNTech, qui revendique un taux d'efficacité de 95%.

Selon une étude publiée mi-février par des chercheurs israéliens et basée sur les données officielles du ministère de la Santé, "le nombre de cas chez les plus de 60 ans diminue beaucoup plus vite que chez les jeunes". Une information très intéressante quand on sait que les personnes âgées ont été les premières à se faire vacciner dans le pays. D'après cette étude citée par franceinfo, sur les trois dernières semaines de janvier, l'hospitalisation des plus de 60 ans a chuté de 31%.