"Ça fera partie des sujets" : Amélie Mauresmo nous explique ce qu'a prévu Roland-Garros pour les prochaines canicules

"Ça fera partie des sujets" : Amélie Mauresmo nous explique ce qu'a prévu Roland-Garros pour les prochaines canicules La quinzaine de Roland-Garros a été marquée par de terribles chaleurs et des températures mettant les organismes à rude épreuve.

"On a rarement vu ça." Amélie Mauresmo, directrice du tournoi de Roland-Garros, a fait un premier bilan du Grand Chelem parisien devant la presse, ce lundi 1er juin 2026. Et l'un des principaux sujets abordés aura évidemment été la chaleur, qui a étouffé les courts et a mis les organismes à rude épreuve. Spectateurs, juges de ligne, joueurs... Le soleil et la canicule ont certainement modifié l'issue du tournoi, à l'image d'un Jannik Sinner totalement épuisé avec une panne d'énergie et sorti dès le 2e tour ou encore un Novak Djokovic pris de vomissements à plusieurs reprises dans son match marathon perdu face à Joao Fonseca.

Celui qui a remporté 24 titres en Grand Chelem s'est d'ailleurs étonné en conférence de presse qu'aucune règle n'ait permis des aménagements à Roland-Garros au vu de cette chaleur. Il en existe pourtant bien une, un indice baptisé WBGT, le Wet Bulb Globe Temperature, qui combine température, humidité, vent et rayonnement solaire. Lorsque la température dépasse 30,1 °C, les joueurs peuvent notamment bénéficier d'une pause rafraîchissement de 10 minutes entre certains sets. Au-delà de 32,2 °C, le jeu peut être suspendu. 

"On peut jouer tous les matchs, les planifier à un autre moment sur d'autres courts. Le public peut rester, le stade aussi. Pour d'autres tournois, on n'a pas obligatoirement ces systèmes, ni toutes ces conditions (...) Mais ici, il y a aussi des tournois sur l'ATP, par exemple en Croatie, UMAG ou ailleurs, où on peut jouer à partir de 17 heures jusqu'à très tard le soir", a commenté Djokovic, visiblement irrité d'avoir joué à deux reprises en plein après-midi (le second match lui ayant d'ailleurs été fatal). "Il n'est pas idéal de dépasser minuit, mais si ça arrive quand il y a une canicule ou des conditions extrêmes, on peut peut-être y penser quand même."

Pour la directrice de Roland-Garros Amélie Mauresmo, que nous avons pu interroger, la chaleur a effectivement marqué la première semaine de compétition. "C'est vrai qu'ici à Paris, c'est assez inattendu et inhabituel, mais c'est loin de ce qu'on peut vivre ailleurs, je pense à l'Australie", tient-elle cependant à nuancer. Et de rappeler que les limites du WBGT n'ont pas été atteintes dans ce Roland-Garros. "Est-ce que cet indice là, il doit être revu ? Ça je n'en sais rien très honnêtement. Ça a été vu et étudié avec des médecins sur la partie physiologique par rapport aux joueurs..."

Lorsque nous l'avons relancée sur l'idée de Djokovic de décaler les matchs plus tard dans la journée, Amélie Mauresmo a été claire : non, la direction du tournoi n'a pas du tout envisagé cette possibilité. "On ne l'a pas envisagé justement par rapport à cet indice. Globalement on était encore à 1 ou un peu plus de 2 points de l'interruption totale des matchs. Donc, on était assez loin, dans l'absolu, de cette configuration", estime l'ancienne joueuse, triple vainqueure à Melbourne et gagnante à Wimbledon en 2006.

Ne pas envisager d'aménagements sur cette édition de Roland-Garros, ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de réflexion pour l'avenir. "On est toujours amené à réfléchir après chaque édition. On va se poser pour voir un peu toutes les choses qu'on peut faire évoluer, modifier, changer, et mettre des nouvelles choses en place. Donc, oui ça fera partie des sujets", a assuré la patronne du tournoi.