Cette destination préférée des Français l'hiver est placée officiellement sur liste noire

Cette destination préférée des Français l'hiver est placée officiellement sur liste noire Cette destination européenne ultra-populaire est à éviter absolument en 2026 selon les experts du voyage.

Chaque année, le célèbre guide de voyage Fodor’s Travel publie sa "No List", un palmarès qui pointe du doigt les destinations mondiales où le tourisme exerce une pression insoutenable. C'est une destination européenne dont le nom évoque le soleil et les températures chaudes en hiver qui se retrouve cette année dans le viseur des experts.

Cet archipel fait partie des préférés des Français pour des raisons simples : sa proximité imbattable depuis la France (4 heures de vol depuis Paris sans décalage horaire), ses tarifs accessibles, son climat offrant des températures douces toute l'année (température moyenne de 20°C en plein mois de janvier) et ses paysages volcaniques fascinants.

Vous avez deviné ? Il s'agit de l'archipel des Canaries, qui a officiellement rejoint la "No List" des destinations à éviter en 2026 du Fodor's Travel. Loin d'être un appel au boycott, cette liste noire incite les touristes à éviter les destinations qui ont un besoin vital d'une pause pour préserver leur environnement et leurs communautés locales.

Vue imprenable sur la plage au sable jaune de Las Teresitas à Tenerife dans les Canaries. © olenatur - stock.adobe.com

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : au premier semestre 2025, les 8 îles de l'archipel espagnol ont accueilli plus de 7,8 millions de touristes, tandis que leurs aéroports ont vu transiter 27 millions de passagers, soit une hausse de 5 % par rapport à l'année précédente. Pour ce territoire de 2,2 millions d'habitants, la pression est devenue insoutenable.

Si le tourisme y représente une bouée de sauvetage financière - représentant 35 % du PIB et 40 % de l'emploi local - il est aussi devenu un fardeau au quotidien pour ses habitants. Le développement immobilier non réglementé, avec l'explosion des locations de courte durée sur Airbnb ou Booking.com, a entraîné une crise du logement sans précédent : les prix ont grimpé à un tel point que les jeunes locaux sont désormais exclus du marché immobilier.

Conséquence, des milliers de résidents dans les rues de Tenerife, Gran Canaria et Lanzarote, ont manifesté sous le slogan : "Canarias tiene un límite" (Les Canaries ont une limite). "Ils perdent leur identité, leur culture et, finalement, leur droit d'exister en tant que communauté", a alerté le groupe environnemental ATAN de Tenerife auprès du guide de voyage.

Manifestation contre le surtourisme à Santa Cruz de Tenerife, dans les Canaries en Espagne. © Miguel Velasco Almendral/AP/SIPA (publiée le 09/01/2026)

Outre ce phénomène économique, la pollution des eaux est devenue un problème majeur avec des plages régulièrement fermées. Selon un rapport de France 24, l'équivalent de 40 piscines olympiques d'eaux usées est rejeté chaque jour dans l'océan autour de l'archipel.

Ce scénario illustre une crise plus large en Europe du Sud, de Barcelone à Santorin ou Mykonos en Grèce en passant par Venise. Comme l'explique Zoe Adjey, maître de conférences à l'Université d'East London, au quotidien britannique Metro, "l'un des problèmes qui revient sans cesse pour l'Espagne, le Portugal et l'Italie est que la plupart des touristes se rendent dans très peu de destinations." En plaçant les Canaries sur sa liste noire, Fodor's Travel espère ainsi encourager une diversification des flux de voyageurs pour permettre à l'archipel de respirer enfin.