Alerte dans le cockpit : 93 % des pilotes de ligne avouent s'endormir en plein vol
Alors que la sécurité des passagers d'un avion repose sur l'expérience et la vigilance du pilote et du copilote aux commandes, un syndicat de pilotes révèle une situation alarmante : l'endormissement des pilotes en plein vol est devenu une pratique courante.
Face à des cadences de travail jugées intenables, la priorité des pilotes ne serait plus seulement de naviguer, mais de ne pas succomber au sommeil. Sur 900 pilotes interrogés, 93 % ont avoué s'être endormis en plein vol. Plus inquiétant encore, pour 3 pilotes sur 4, ces périodes de repos forcé sont devenues une pratique courante pour tenir le coup. Ce constat accablant provient d'une étude de la Vereiniging Cockpit (VC), menée auprès des pilotes de compagnies aériennes allemandes.

Le syndicat tire la sonnette d'alarme : ce qui ne devait être qu'une mesure de récupération exceptionnelle est devenu un outil de survie quotidien pour compenser la surcharge de travail des équipages. Si ces "siestes contrôlées" sont théoriquement limitées à la phase de croisière, c'est-à-dire hors du décollage et de l'atterrissage, leur généralisation témoigne d'un état de fatigue chronique qui menace directement la sécurité des vols. Selon Katharina Dieseldorff, vice-présidente de la Vereinigung Cockpit, la situation atteint son paroxysme durant la période estivale, poussant les équipages à leurs dernières limites physiques pour assurer leurs missions.
Les pilotes pointent du doigt des plannings de vol ultra-serrés, un manque chronique de personnel et une pression opérationnelle toujours plus forte. Dans un secteur aérien en tension permanente, la rentabilité semble primer sur la santé des équipages...
Et le problème dépasse largement les frontières allemandes, il existe dans le monde entier ! L'Inde est le seul pays qui a décidé d'agir pour le moment : l'Autorité indienne de l'aviation civile (DGCA) vient d'instaurer une formation obligatoire annuelle à la gestion de la fatigue pour l'ensemble des équipages : pilotes, hôtesses, stewards ainsi que leur personnel de planification des vols. Le pays va plus loin en mettant en place un système de signalement indépendant et en exigeant des compagnies aériennes des rapports trimestriels stricts sur le nombre de membres d'équipage formés, le nombre d'incidents liés à la somnolence et les mesures prises.
Pour le syndicat Vereinigung Cockpit, l'exemple indien doit servir de leçon. La fatigue doit être reconnue comme un facteur de sécurité à part entière par les responsables politiques et les autorités de régulation car, comme le souligne Katharina Dieseldorff : "Une culture d'entreprise qui minimise ou ignore la fatigue représente un risque pour la sécurité". Le message est clair : pour garantir la sécurité dans les airs, il est temps de repenser les conditions de travail.