Crise des agriculteurs : le gouvernement a un plan pour atténuer la colère
- La mobilisation des agriculteurs se poursuit ce mercredi 14 janvier 2026 contre l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur et la stratégie gouvernementale contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
- La colère se concentre désormais plus au sud, à Toulouse. Une quarantaine d'agriculteurs, venus avec une quinzaine de tracteurs sont rentrés dans la nuit de mardi à mercredi dans le centre-ville de la ville rose et stationnaient près de la préfecture, avant d'être délogés par les forces de l'ordre. Les deux points chauds sont désormais situés près de l'aéroport Toulouse-Blagnac avec un barrage filtrant et à Roques-sur-Garonne.
- Le blocage sur l’autoroute A64 a lui été levé, selon la préfecture de Haute-Garonne. Le préfet de Haute-Garonne et de la région Occitanie avait pris mardi un arrêté interdisant "la manifestation revendicative du mercredi 14 janvier 2026 à Toulouse et sa périphérie". Six personnes ont été interpellées dont Vincent Arbusti, porte-parole de la CR du Gers et Luc Mesbah, un des responsables de la FDSEA 31.
- Hier, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé avoir pris "quatre décisions". Il a indiqué avoir demandé à la ministre de l'Agriculture "de préparer pour le salon de l’Agriculture une loi d'urgence agricole", un moratoire sur toutes les décisions relatives aux questions de la politique de l’eau, demandé à la Commission européenne de faire évoluer le cadre existant concernant les nitrates "en prenant en compte l’agronomie et le bon sens" et enfin, proposé un "dispositif renforcé d’épargne de précaution".
Depuis la première dizaine de décembre, les agriculteurs se mobilisent face à la crise sanitaire liée à la dermatose nodulaire contagieuses (DNC) et protestent contre une mesure radicale : l’abattage de leurs troupeaux dès l'identification d'une vache malade. Cette maladie virale n'est pas contagieuse pour l'homme, mais se transmet entre bovins ou par la piqûre d'insectes. Elle a été détectée pour la première fois en France en juin 2025 dans les départements savoyards.
Les autorités et les scientifiques considèrent l'abattage comme la seule solution efficace pour empêcher la diffusion de la DNC "dans l'ensemble du cheptel français". Dans les faits, la réglementation impose l'abattage de tout troupeau touché et l'instauration de zones réglementées dans un rayon de 50 km autour du foyer, avec des déplacements de bovins interdits ou strictement limités, une mesure jugée inappropriée par les agriculteurs du secteur.
Les éleveurs, eux, réclament "de suspendre l'abattage systématique des troupeaux, le temps que notre protocole soit vu et mis en application, mais tout ça pour nous dire 'non, ce sera comme ça'. Donc puisque ce sera comme ça, on va continuer à se mobiliser sur le terrain, encore plus fort que ces derniers jours", prévient Lionel Candelon, président de la CR et de la chambre d'agriculture du Gers. Dans le même temps, les éleveurs pestent également contre l'accord de libre-échange entre l'UE et des pays du Mercosur.