Pourquoi le personnel de cabine garde les mains sur les genoux pendant le décollage et l'atterrissage ?
A bord d'un avion, vous avez peut-être déjà remarqué cette scène sans y prêter trop attention : lors du décollage et de l'atterrissage, les hôtesses et stewards s'installent sur leurs strapontins dans une posture très précise. Leurs mains sont soit plaquées sur leurs cuisses, soit glissées sous leurs jambes, paumes vers le haut. Ce geste, répété des milliers de fois chaque jour dans le ciel, n'a rien d'une posture passive. C'est le signe que la cabine est passée en mode "alerte maximale".
Alors que pour le passager habitué à prendre l'avion, le décollage est le moment idéal pour lancer un film ou sombrer dans une sieste, c'est pour l'équipage la phase la plus critique du vol. En s'asseyant bien droits, pieds ancrés au sol et mains fixes, le personnel de cabine adopte ce que l'on appelle une "position d'attente spéciale". Il s'agit d'une préparation physique millimétrée pour faire face à l'imprévisible.
"Cette posture stabilise le corps, minimise les risques de blessure en cas de mouvements brusques ou de turbulences, et permet d'avoir les mains immédiatement disponibles pour intervenir en cas d'évacuation", explique Katherine Drossos, superviseuse de vol chez Cirrus Aviation Services, à Travel + Leisure. En bloquant leurs bras ainsi, ils évitent d'être projetés violemment lors d'un freinage d'urgence ou d'un choc, garantissant qu'ils restent valides pour ouvrir les portes et guider les passagers.
C'est aussi le moment de l'examen mental silencieux. Pendant que leurs mains restent immobiles, chaque steward et hôtesse repère visuellement les issues de secours et se remémore les procédures d'urgence. "Même si le placement exact des mains peut varier selon la compagnie, l'objectif reste le même : maintenir la stabilité et la vigilance", précise Katherine Drossos. Cette discipline est cruciale pour respecter la célèbre règle d'or de l'aviation : être capable d'évacuer l'avion en moins de 90 secondes, même avec la moitié des sorties bloquées. C'est le laps de temps vital avant que les risques ne deviennent fatals !
Si les passagers ne sont pas obligés d'imiter cette posture, ils partagent cette responsabilité. Il est bon de rappeler que le briefing de début de vol n'est pas une formalité, mais une procédure de sécurité vitale qui sera votre meilleure alliée en cas d'imprévu : alors, vérifiez bien que votre ceinture est bouclée, votre dossier de siège redressé et lisez attentivement votre fiche de sécurité.
Pour l'anecdote, un autre détail vous aura peut-être échappé : la baisse de l'intensité lumineuse lors d'un vol de nuit. Cette mesure n'est pas prise pour favoriser votre sommeil, mais pour que vos yeux s'habituent à l'obscurité et puissent repérer instantanément les signaux lumineux au sol en cas d'urgence !