Mort d'Emile : ce que demandent les grands-parents après l'enquête menée par la famille
De nouvelles pistes dans l'enquête sur la mort du petit Emile ? Pas vraiment, au regret de la famille du petit garçon de deux ans disparu en juillet 2023 et déclaré mort le 30 mars 2024 après la découverte de ses ossements. Mais plus de deux ans après la disparition de l'enfant au Haut-Vernet, un hameau des Alpes-de-Haute-Provence, les proches d'Emile Soleil ne désespèrent pas de savoir ce qu'il s'est passé. Ils ont même déposé des demandes pour une vingtaines d'actes d'investigations complémentaires a indiqué Me Julien Pinelli, l'avocat de la grand-mère d'Emile, ce lundi 2 février à la presse.
"Il est vrai que les enquêteurs ont accompli un travail admirable, néanmoins, nous avons constaté que certaines investigations complémentaires mériteraient d'être conduites", a déclaré l'avocat ce lundi au micro de RTL. Des constats faits par les grands-parents d'Emile, Anne et Philippe Vedovini, et leurs enfants qui sont aussi la tante et l'oncle du petit garçon, Marthe et Maximim. Les quatre individus se sont rendus sur les lieux du drame le 8 novembre 2025 pour apporter une "contribution à l'enquête", selon les justifications données à l'époque les avocats rapporte BFM.
La famille d'Emile Soleil estime, après avoir elle-même investigué, que plusieurs pistes déjà étudiées n'ont pas été suffisamment fouillées par les enquêteurs. Elle réclame donc des expertises, de nouvelles auditions ou des compléments d'auditions de témoins ou encore de nouvelles perquisitions et visites de lieux et de bâtiments. Toutes les bâtisses du Haut-Vernet n'auraient pas été fouillées d'après l'avocat Julien Pinelli, notamment certaines se trouvant à proximité de l'endroit où le crâne de l'enfant a été retrouvé. Des requêtes d'investigations complémentaires concernent aussi une étude approfondie de la téléphonie précise BFM.
Un "devoir" de la famille "de contribuer aux investigations"
Toutes les demandes de la famille d'Emile Soleil sont renseignées dans un dossier d'une centaine de pages remis à la juge d'instruction d'Aix-en-Provence en charge de l'affaire le vendredi 31 janvier 2026. L'avocat de la grand-mère de l'enfant assure que les requêtes reposent sur une étude "approfondie" de la procédure. Des "relevés techniques" ont également été réalisés pour émettre des demandes "pertinentes".
Avec ces demandes d'investigations complémentaires, "la famille Vedovini apporte sa contribution à la recherche de la vérité" explique Me Julien Pinelli. "Il ne s'agit pas de porter une critique sur l'enquête, ni de concurrencer le travail des enquêteurs. Il nous semble naturel que les membres de la famille Vedovini ne soient pas des spectateurs passifs de l'enquête, c'est notre devoir de contribuer aux investigations", souligne-t-il auprès de BFM et Franceinfo.
Une "contre-enquête" pour écarter la piste intrafamiliale ?
L'investissement de la famille d'Emile Soleil dans l'enquête alors que la piste intrafamiliale n'est toujours pas écartée par les enquêteurs peut interroger. Les proches de l'enfant n'essaieraient-ils pas d'attirer l'attention sur d'autres éléments de l'enquête plutôt que sur eux ? Interrogé à ce sujet, Me Pinelli a affirmé que la demande de la famille Vedovini ne s'inscrit pas dans une "démarche offensive" et n'est pas une "contre-enquête".
En mars 2025, Anne et Philippe Vedovini et leurs enfants Marthe et Maximim, avaient été placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur la mort d'Emile, mais aucune charge n'avait été retenue contre eux. L'implication de l'oncle de l'enfant avait de nouveau été interrogée en janvier 2026 avec la saisie de deux vélos, régulièrement utilisés par Maximim, chez les grands-parents d'Emile.
"L'idée d'un accident, d'un choc, avec un véhicule, fait partie des hypothèses. Ces vélos étant par définition des véhicules, ils rejoignent le nombre considérable de véhicules qui ont déjà été expertisés", a tempéré l'avocat Julien Pinelli sur BFM. Et le même d'ajouter : "Le fait qu'il soit la propriété ou l'usage du fils de ma cliente ne doit pas jeter la suspicion sur ce dernier, il s'agit d'éléments parmi d'autres". Pour l'heure, aucune mise en examen n'a été prononcée dans cette affaire.