Pour un "contrat de majorité" avec les socialistes européens

Pascal Durand : Pour un "contrat de majorité" avec les socialistes européens L'ancien secrétaire national d'EELV, tête de liste aux européennes en Ile-de-France, était l'invité de #DirectPolitique sur Linternaute.com, 20 Minutes et Ouest-France.

A moins d'une semaine du scrutin, l'ancien secrétaire national d'Europe-Ecologie-Les Verts, tête de liste aux européennes en Ile-de-France, a esquissé sur notre plateau ce qui pourrait devenir un "contrat de majorité" avec les socialistes européens. Interrogé sur le compromis nécessaire au Parlement européen sur le choix du futur président de la Commission, il a indiqué qu'un accord restait possible en faveur du socialiste Martin Schulz, mais aussi posé les premières conditions des Verts, notamment sur le budget de l'UE et les moyens à apporter aux réformes environnementales.

Europhobie : "Un repli identitaire a été mis en scène"

"On a nationalisé le débat" regrette Pascal Durand quand on l'interroge sur le désintérêt manifeste des Français pour l'élection. "Un certain nombre de candidats tentent de rejouer le 2e ou le 3e tour des municipales, des législatives, de la présidentielle...", se désole-t-il affirmant par ailleurs qu'il y a eu "une certaine mise en scène" autour de l'europhobie et du vote FN tout au long de la campagne. "Il y a eu une volonté d'aller chercher le sensationnalisme", résume ainsi le candidat écolo au Parlement européen qui pointe aussi la responsabilité de "la gauche et du Parti socialiste" qui doivent "mettre en conformité les mots et les actes". Pascal Durand pointe notamment dans les faits le manque de financements et d'investissements pour les projets européens.

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"Les autres partis sont dans des logiques de recyclage"

Pascal Durand pointe aussi le comportement des partis politiques face à ces élections européennes, accusant ses concurrents d'être dans "une logique de recyclage". "L'Europe c'est soit une récompense soit une punition, accuse le candidat EELV en ile-de-France qui n'épargne pas non plus Marine Le Pen. "Marine Le Pen, c'est une caricature d'un emploi fictif. Elle ne vient même pas", estime l'ancien patron des Verts. "Elle n'est même pas venue dans la commission dont elle est membre pour défendre les travailleurs." Pascal Durant dédouane en revanche EELV d'entrer dans cette logique affirmant que les élus écolos au Parlement européen sont "mono-mandat". "En ce qui me concerne, le schéma est différent. Chez nous on ne peut pas être député européen et chef de parti. J'ai choisi l'Europe."

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Tafta : "Je suis prêt à sacrifier l'exportation du roquefort aux Etats-Unis"

Les écologistes sont les principaux opposants au traité transatlantique (Tafta) en cours de négociation et visant à ouvrir les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l'Europe. Niant vouloir "agiter le chiffon rouge", Pascal Durand a expliqué la position de son parti sur notre plateau. Selon lui, "le mandat donné à la Commission (pour négocier avec les Etats-Unis - NDLR) est totalement obscur". EELV craint ainsi l'ouverture du marché européen au "boeuf aux hormones, poulet au chlore, aux OGM et aux gaz de schistes". Quand ont lui parle des avantages que l'UE aurait à gagner dans cette libéralisation des échanges, le candidat tranche : "J'aime beaucoup José Bové, mais je suis prêt à sacrifier l'exportation du roquefort aux Etats-Unis pour ne pas voir entrer chez nous les OGM, le boeuf aux hormones, etc." Puis il s'en prend violemment aux Etats-Unis, estimant qu'après les écoutes de la NSA, les négociations auraient dû être rompues. "Si dans mon cabinet d'avocat j'avais appris que quelqu'un m'écoutait ou allait fouiller mes dossiers la nuit, j'aurais commencé par lui dire 'j'arrête les discussions ! Vous êtes un voyou, on ne va pas continuer à discuter avec vous comme ça'."

Austérité : "Dany (Cohn-Bendit) a une différence avec moi"

Les Verts, qui se targuent d'être le parti le plus cohérent sur la politique européenne, ont-ils vraiement une ligne claire sur l'austérité et les plans de stabilité dans l'UE ? "Les écologistes disent depuis longtemps que le modèle de croissance qui est en place est un modèle fictif car il est basé en partie sur des dettes parce qu'il n'y a plus de croissance", commence Pascal Durand qui reconnait cependant des désaccords entre un Cohn-Bendit, qui avait appelé à voter les différents pactes de stabilité et le reste du parti. "Nous nous sommes opposés vivement à l'époque."
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Verts au gouvernement : "Il ne suffit pas d'être en fonction, il faut aussi avoir les moyens"

Ejecté de la direction d'EELV en septembre pour avoir critiqué la participation des écologistes au gouvernement, Pascal Durand évite de s'exprimer sur cette question en pleine campagne. "Je répondrai volontiers, dans 15 jours. Je ne voudrai pas qu'on nationalise le débat." Mais prenant l'exemple d'un Jean-Louis Borloo qui "paumait tous les arbitrages" avant sa sortie du gouvernement Fillon en 2010, l'ancien patron des Verts estime qu'il "ne suffit pas d'être en fonction, il faut aussi avoir les moyens."

"A un moment, il faut aussi tirer les conséquences du fait que nous n'avons pas les moyens d'agir", explique-t-il comme pour valider la sortie des écologistes du gouvernement en avril. Quand à la transition énergétique initiée depuis par Ségolène Royal, il reste sceptique. "Quels moyens elle mettra en place? [...] On soutiendra cette loi sur la transition énergétique dès lors qu'elle sera à la hauteur des enjeux et des ambitions. [...] J'ai juste quelques inquiétudes sur la question du financement et la taxe poids lourd en est une des illustrations les plus récentes."

L'intégralité de l'émission

 Voir tous les extraits de l'émission avec Pascal Durand

La campagne des européennes s'achève déjà sans avoir jamais vraiment commencé. Mis à part des discutions sur le traité Transatlantique (Tafta), il faut bien l'admettre : peu de débats sont parvenus à mobiliser les médias et l'opinion pendant cette campagne. Comment expliquer ce désintérêt généralisé pour l'Europe et pour ces élections européennes ? Est-il lié à l'euroscepticisme voire à l'europhobie qui devrait se matérialiser dans les urnes le 25 mai si l'on en croit les sondages ? Qui sont les responsables de cette situation ? Faut-il changer l'Union européenne pour la faire aimer des Français ? Comment donner corps à l'Europe et la tourner vers les peuples ? Après avoir interrogé les représentants des principaux partis, #DirectPolitique a reçu Pascal Durand, tête de liste EELV aux européennes en Ile-de-France, ce mardi 20 mai 2014 à 10 h.

Pascal Durand

Proche de Nicolas Hulot en 2007, comptant parmi les principaux contributeurs de son "pacte écologique" lors de la campagne présidentielle, Pascal Durand est depuis devenu un cadre du parti écologiste en France. Avec Daniel Cohn-Bendit d'abord, il va s'associer au succès des européennes de 2009, qui offriront plus de 16 % des suffrages à un nouveau mouvement, Europe-Ecologie, qui deviendra Europe-Ecologie-Les Verts après l'élection. Il soutiendra ensuite Nicolas Hulot à la primaire des écolos pour la présidentielle de 2012, puis restera loyal envers Eva Joly tout au long de la campagne.

Après l'alliance des Verts avec le PS et l'entrée de Cécile Duflot et Pascal Canfin au gouvernement, Pascal Durand est élu en juin 2012 nouveau secrétaire national d'Europe-Écologie-Les Verts par le conseil fédéral du parti. Il est alors considéré comme un "patron" de substitution, choisi pour ne pas faire d'ombre à Cécile Duflot et à ce que certains nomment "la firme" chez EELV. Sous sa direction, les Verts vont s'affaiblir, dans le sillage d'une majorité vacillante, mais aussi se diviser, entre ceux qui souhaitent maintenir un contrat avec le gouvernement et ceux qui pensent qu'il faut se retirer, faute de grande réforme environnementale. Après avoir vertement critiqué les reculs du gouvernement sur plusieurs mesures écologiques, le manque d'ambition de François Hollande pour la transition énergétique et même évoqué un "ultimatum", Pascal Durand va finalement montrer son indépendance. Mais il va aussi s'attirer de vives critiques à l'intérieur comme à l'extérieur du parti. Le 25 septembre 2013, il finira par annoncer sa démission de la direction d'EELV. Il sera remplacé par une proche de Cécile Duflot, Emmanuelle Cosse.

Chaque mardi, Linternaute.com, 1er site d'actualités de France, 20 Minutes, 1er quotidien gratuit et Ouest-France, 1er quotidien français payant, reçoivent une personnalité du monde politique pour un entretien de 40 minutes avec les journalistes des rédactions et les internautes.

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France / Cécile Duflot

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