Toucher vaginal : un secret bien gardé par les étudiants et caché aux patientes ?

Toucher vaginal : un secret bien gardé par les étudiants et caché aux patientes ? D'après des documents révélés par metronews, les étudiants en médecine de Lyon-Sud s'entraîneraient au toucher vaginal sur "des patientes endormies".

Les étudiants en médecine français s'exercent-ils au "toucher vaginal" sur des patientes endormies, sans consentement ? Des documents internes de la faculté de médecine de Lyon-Sud, que metronews s'est procurés, le laissent croire. Sur ces documents, présentés comme "officiels", il est mentionné que l'examen clinique de l'utérus doit s'effectuer en "apprentissage au bloc sur patiente endormie". Sur un autre texte, une feuille de stage destinée aux étudiants, il est mentionné que l'interne devra être présent tous les jours "au bloc opératoire" pour pratiquer plusieurs actes, comme le "toucher vaginal" (abrégé en "TG") sous "anesthésie générale" (abrégée en "AG"). Après le signalement d'un pharmacien sur Twitter, ces documents ont finalement été retirés par l'université de son site Web. "Si des faits de cette nature s'étaient produits, l'Ordre ne doute pas un instant que des professionnels de santé, infirmiers, aides-soignants, travaillant au sein de cet établissement auraient saisi les instances compétences", assure l'Ordre des médecins, sollicité par le quotidien gratuit. Le professeur dont le nom figure dans l'en-tête du premier document, en tant que tuteur, assure, de son côté, n'avoir "jamais entendu dire qu'une telle pratique se fasse à Lyon Sud". Et parle "d'actes monstrueux".

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Un extrait des documents que s'est procurés metronews. © metronews capture d'écran

Pourtant, sur des forums, de nombreux internes – anonymes – assurent avoir été témoins de "touchers vaginaux" sur des patientes endormies, sans que ces dernières aient donné leur autorisation. En l'absence de données chiffrées, difficile de dire si la pratique est effectivement répandue en France. Pour Martin Winckler, un médecin auteur du livre "Le patient et le médecin" cité par metronews, la dérive n'est pas étonnante. Pour lui, les médecins français éduquent les étudiants "en leur présentant les patients comme des cobayes". Il dénonce également le silence des pouvoirs publics à ce sujet. Et de conclure, sur son blog : "Non seulement c'est un viol, mais c'est un viol couvert par des personnes responsables."

En vidéo - Il y a deux ans, chirurgiens et internes se mettaient en grève pour protester l'accord sur les dépassements d'honoraires.

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