Séquestration à Saint-Molf : les détails de 5 années de sévices qui choquent toute la commune

Séquestration à Saint-Molf : les détails de 5 années de sévices qui choquent toute la commune Durant près de cinq, une femme âgée de 45 ans a été retenue captive dans une maison située à Saint-Molf, en Loire-Atlantique. Profitant de l'inattention de ses tortionnaires, la femme est parvenue à donner l'alerte après avoir pris la fuite. Dans cette affaire, une femme de 60 ans et un homme de 82 ans ont été mis en examen pour "séquestration" avec "torture".

C'est une affaire sordide qui a sidéré toute une commune. À Saint-Molf, près de Guérande en Loire-Atlantique, une femme âgée de 45 ans - qui n'est autre que la colocataire de la suspecte - est parvenue à se libérer le 14 octobre dernier d'une maison dans laquelle elle a été séquestrée durant cinq ans en profitant d'un moment d'inattention de ses tortionnaires qui la retenaient captive. Dans cette affaire, une femme et un homme, âgés respectivement de 60 et 82 ans, ont tous deux été mis en examen par le parquet de Nantes le 17 octobre pour séquestration et acte de torture, rapporte RMC.

Devant les enquêteurs, la victime a expliqué avoir profité que l'homme regardait la télévision afin de sortir de l'enclos extérieur dans lequel elle était enfermée pour s'enfuir, rapporte le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy. Parvenant par la suite à donner l'alerte auprès d'un voisin, au moment où les gendarmes l'ont retrouvée, la victime avait perdu 50 kg. À l'intérieur de l'habitation, la quadragénaire a vécu un véritable calvaire. Liquide vaisselle dans sa nourriture, lavée à l'eau de javel, la femme était également droguée aux médicaments. "Même les militaires ont eu du mal à croire les premiers mots livrés" par la victime, rapporte le quotidien Ouest-France.

Obligée de passer des nuits entières dans la pluie ou le froid

La victime, elle, assure avoir été en colocation avec la femme, avant d'avoir "été mise dans une tente dans le jardin, et d'être enfermée dans le garage à partir du moment où l'homme était venu vivre au domicile", abonde le procureur, ce mercredi. "La porte du garage" était "bloquée depuis l'extérieur par des parpaings" et la victime était tenue de "faire ses besoins naturels dans un pot et des sacs en plastique", précisent les enquêteurs.

La quadragénaire explique avoir passé "parfois des journées entières, dans la pluie ou le froid". Depuis 2022, plus aucune trace de vie de la victime n'était visible. Elle a été retrouvée en état d'hypothermie et a dû être hospitalisée, 30 jours d'ITT lui ont été prescrits. Désormais, une enquête est en cours. Un juge d'instruction a été saisi "des faits criminels de séquestration avec torture ou actes de barbarie commis d'avril 2022 au 14 octobre 2025", des "délits d'abus frauduleux de l'état de sujétion psychologique ou physique d'une personne de 2019 au 14 octobre 2025 et du délit d'abus frauduleux de la faiblesse d'une personne vulnérable de 2018 au 16 octobre 2025".

Sidération dans la commune

Alors que la femme qui la retenait prisonnière - aide-soignante de profession - a été placée en détention provisoire, son ami, lui, a été libéré et placé sous contrôle judiciaire. Ce dernier, auprès de franceinfo, est notamment revenu sur les circonstances de l'arrivée de la victime au sein du domicile. "Quand elle est arrivée, elle était en désaccord avec son mari. C'est pour ça qu'elle est venue vivre chez mon amie. Au début, elle vivait dans la maison, mais elles ne se sont pas entendues", a-t-il fait savoir. C'est finalement à la suite de ces disputes à répétition que la locataire de la maison a décidé de l'enfermer. S'il reconnaît sa complicité dans la captivité de la femme de 45 ans, "je savais dans quelles conditions elle vivait puisque j'étais là. Quand mon amie était absente, c'est moi qui la gardais pour qu'elle ne fasse pas de bêtises, qu'elle ne se sauve pas", dans la commune, c'est la sidération. Si les voisins affirment ne jamais avoir rien remarqué d'anormal, une habitante avoue que la découverte de cette affaire lui a "glacé le dos".

Un autre riverain qui passait tous les jours devant l'habitation pour promener son chien, lui, explique qu'il n'est pas possible de "s'imaginer qu'il y ait une chose pareille ici". "Je passe minimum quatre fois par jour devant. On ne se serait jamais dit, voilà dans cette maison ce qui s'est passé. C'est un peu stressant, on est juste à côté", indique une autre habitante. Quant au maire de Saint-Molf, Hubert Delorme, celui-ci a fait savoir auprès d'ICI Loire Océan avoir seulement été "alerté par la préfecture récemment que la locataire ne réglait plus son loyer depuis un an et demi et qu'elle était sous le coup d'une procédure d'expulsion."