Policier tabassé à Tourcoing : "On a peur", quand les forces de l'ordre ont la boule au ventre
"Je n'ai pas envie de laisser des orphelins et une veuve". Ces mots extrêmement forts sont ceux de Louis, policier de la BAC de Tourcoing sauvagement agressé le 11 septembre dernier en pleine rue par cinq adolescents âgés de 15 à 19 ans mis en examen depuis. Nez cassé, pommette enfoncée... L'homme de 52 ans est toujours en arrêt de travail à l'heure actuelle.
Quatre mois auparavant, il était "en planque pour un vol de trottinette" dans le quartier du Pont de Neuville, à Tourcoing, lorsqu'il a été pris à partie. "Alors qu'il s'apprêtait à procéder à une interpellation, plusieurs individus se sont rués sur lui et l'ont lynché. Il a été extirpé de ses agresseurs par ses deux autres collègues de la BAC", expliquait le journal Le Parisien.
Aujourd'hui, il a décidé de témoigner pour dénoncer la banalisation de la violence envers les policiers, notamment de la part des jeunes. Au-delà du nez cassé, il explique avoir "des ligaments déchirés au niveau de l'épaule. Je dois subir une chirurgie avec une rééducation assez longue. Et psychologiquement c'est très difficile (...) L'agression m'a fait beaucoup réfléchir sur mon avenir professionnel", confie-t-il, profondément marqué, auprès de RMC.
"Aujourd'hui les gens n'ont plus peur d'agresser"
Louis tient un discours alarmant sur une haine anti-flic, et plus généralement, une défiance, voire une détestation de l'Etat français et des éléments qui la représentent, en l'occurrence les forces de police. "L'âge des agresseurs est celui de mes enfants. Aujourd'hui, c'est comme ça, aujourd'hui les gens n'ont plus peur d'agresser. C'est à cause de l'impunité tout simplement", dit-il. Il poursuit : "Je pense qu'un policier, c'est le défouloir de la France. On veut s'attaquer à l'Etat, mais comme c'est difficile à l'atteindre, ils s'attaquent aux institutions de l'Etat : les mairies, les pompiers, les fonctionnaires de police", déplore le quinquagénaire, toujours au micro de RMC.
C'est un témoignage exclusif que vous révèle RMC ce matin.
— RMC (@RMCInfo) January 29, 2026
Celui d'un policier de la BAC, la brigade anti-criminalité, de Tourcoing, violemment agressé le 11 septembre dernier.#LeMorningRMC pic.twitter.com/WaRymqs2dz
Désormais, il reconnaît avoir peur pour sa famille en raison de l'emploi qu'il occupe et de sa fonction au contact de la délinquance. "Avant d'être fonctionnaire de l'Etat, on est des humains, on a une famille et moi, je n'ai pas envie de laisser des orphelins et une veuve (...) On a peur de dire qu'on est policier. Mes enfants connaissent très peu ma vie professionnelle, je préfère les préserver", déplore-t-il. Un des agresseurs de Louis est actuellement en prison, un deuxième est en maison de correction.
Peu après les faits en septembre 2025, le ministre démissionnaire de l'Intérieur de l'époque, Bruno Retailleau, assurait que "ce lynchage filmé et diffusé sur les réseaux, fait froid dans le dos. Il n'est pas un fait divers ou un acte isolé". "C'est régulièrement que nos forces de l'ordre sont agressées", appuyait-il. Les chiffres peuvent difficilement lui donner tort : en 2024, les agressions physiques sur les policiers avaient augmenté de 13% par rapport à l'année précédente, d'après les chiffres de Beauvau.