La fessée est justifiée face à ce comportement d'un enfant pour plus d'un tiers des parents

La fessée est justifiée face à ce comportement d'un enfant pour plus d'un tiers des parents La fessée est une punition corporelle encore souvent employée. Si elle est légalement interdite, un comportement particulier des enfants la rend acceptable pour plus d'un tiers des parents.

La fessée est une punition bien connue utilisée par certains parents, mais qui fait débat. Selon une étude de la Fondation pour l'enfance et de l'équipe de recherche Prévéo, publiée ce vendredi 17 avril, elle continue d'être employée alors qu'elle est en réalité interdite : 22% des parents y ont eu recours lors des douze derniers mois. Depuis 2019, une loi française a, en effet, établi que "l'autorité parentale" s'exerce "sans violences physiques ou psychologiques". Pourtant, dans l'enquête menée par l'IFOP auprès de 1005 personnes représentatives des parents d'enfants âgés de 0 à 17 ans et interrogées début 2026 sur les violences éducatives ordinaires, 8 parents sur 10 ont avoué avoir eu recours à une violence verbale ou psychologique au moins une fois au cours des douze derniers mois. La forme la plus courante est les cris ou hurlements après l'enfant, mais aussi la privation de quelque chose qu'il aime. Les violences physiques sont moins fréquentes, mais concernent tout de même plus d'un tiers des parents au cours de l'année écoulée (41%). Cela comprend la fessée, les gifles, les bousculades...

Les punitions corporelles sont ainsi estimées légitimes par certains parents face à différents comportements de l'enfant. Le plus prépondérant est la violence : 39% des parents interrogés estiment que cela est acceptable quand l'enfant est violent. Pour 27%, il en est de même quand il se montre provocant, alors que pour 21%, c'est valable quand un enfant désobéit. 40% des parents pensent d'ailleurs que l'enfant peut apprendre ce qui est bien ou mal par les punitions corporelles.

Sur la fessée plus particulièrement, 36% estiment que ce geste est acceptable dans un but éducatif. Elle est bien plus approuvée que d'autres violences corporelles : seulement 9% sont favorables à la gifle. 30% des parents considèrent même que la fessée est parfois l'unique moyen pour que l'enfant obéisse et pour 25%, elle est jugée efficace pour éduquer.

La Fondation alerte toutefois sur le risque de séquelles liées aux violences éducatives ordinaires. Joëlle Sicamois, directrice de la Fondation pour l'enfance, a rappelé, pour france info, que l'enfant peut avoir l'impression "que ses émotions ne sont pas entendues, ne sont pas écoutées. Il va comprendre que face à ses émotions qu'il n'arrive pas à maîtriser, la réponse de l'adulte, c'est de le taper". Elle appelle alors à mener une politique de sensibilisation.

Les parents semblent tout de même conscients des risques d'effets néfastes des punitions corporelles. 71% estiment qu'il y a un risque que l'enfant considère la violence physique comme "normale" et la reproduise, tout comme 67% ont conscience de l'impact possible sur la santé mentale de tels gestes.