Incendie dans un gîte en Charente : ce que l'on sait des causes du drame qui a fait au moins 5 morts

Incendie dans un gîte en Charente : ce que l'on sait des causes du drame qui a fait au moins 5 morts Au moins cinq personnes sont mortes dans un incendie dans un gîte en Charente. Le corps de la dernière personne portée disparue a été retrouvé ce mardi 29 juillet, annonce la préfecture du département.

Un incendie et un bilan déjà lourd. Cinq personnes sont mortes, après l'incendie d'un gîte accueillant des personnes en situation de handicap en Charente. Ce mardi 29 juillet, la préfecture annonce que le cinquième et dernier corps qui était recherché. "Les opérations de recherche menées par les sapeurs-pompiers et les gendarmes ont permis de retrouver le corps" de la dernière personne portée disparue, a souligné la préfecture de la Charente dans un communiqué. 

Hier, quatre individus ont été "évacués vers le centre hospitalier d'Angoulême, dont une personne en urgence absolue" sans que son pronostic vital ne soit engagé. Une femme handicapée âgée de 60 ans fait partie des victimes décédées d'après la Charente Libre, de même qu'un des deux propriétaires du gîte. La Charente Libre précise qu'au total, huit adultes handicapés se trouvaient au gîte au moment de l'incendie, en plus de quatre encadrants et du couple propriétaire des lieux.

L'incendie s'est déclaré autour de 4h30 du matin ce lundi 28 juillet sur la commune située au sud d'Angoulême selon les informations de la préfecture. Il a été maîtrisé, mais les flammes ont eu le temps de ravager 300 m² d'habitations autour du gîte situé sur un ancien corps de ferme. "Les pompiers sont intervenus rapidement pour secourir les personnes et éteindre le feu", indique l'autorité dans un communiqué : "De nombreux moyens ont été engagés dont 68 pompiers et 4 engins de lutte incendie".

L'origine du feu est encore inconnue, mais une enquête a été ouverte par le parquet et doit faire la lumière sur les circonstances et les causes du sinistre. Pour l'heure, aucune piste n'est privilégiée par les gendarmes. Selon un membre des forces de l'ordre, l'incendie serait dû à un dysfonctionnement de l'installation électrique du gîte. Sans s'avancer sur la cause de l'incendie, le sous-préfet a indiqué que la piste accidentelle serait surement l'hypothèse de départ.

Des mesures de sécurité respectées dans le gîte ?

Cet incendie n'est pas sans rappeler un sinistre similaire qui avait touché un gîte de vacances installé dans une ancienne grange rénovée et accueillant des personnes en situation de handicap mental léger à Wintzenheim, dans le Haut-Rhin, en août 2023. Le drame avait alors fait onze morts. L'enquête avait mis en lumière un "dysfonctionnement général" et des manquements des propriétaires du gîte par rapport aux mesures de sécurité. La gérante de l'établissement avait été mise en examen pour "homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence en créant ou en contribuant à créer la situation qui a permis la réalisation du dommage ou en ne prenant pas les mesures qui auraient permis de l’éviter". Il lui était reproché de ne pas avoir précisé la destination du gîte, ni la capacité d’accueil du public lors du dépôt des permis de construire ou déclarations de travaux auprès de la mairie et de s'être soustraite "de manière délibérée à la réglementation relative à ce type d’établissement tout particulièrement en ne respectant pas les normes relatives à la sécurité incendie applicable dans ce type d’établissement".

Dans le cas de l'incendie dans le gîte charentais, l'établissement est doté du "label pour accueillir des personnes handicapées pendant la période des vacances", a déclaré le maire Jean-Michel Bolvin à l'AFP. Et si le gîte "n’est pas soumis aux contrôles de sécurité car il accueille moins de seize personnes" selon la Charente Libre, il avait fait l'objet d'une inspection des services de l'Etat il y a deux ans et avait obtenu un avis favorable selon les précisions du sous-préfet auprès de BFMTV. Il semble que les conditions de sécurité s'appliquant aux établissements recevant du public étaient respectées, un point qui devra être vérifié au cours de l'enquête. Le ministre chargée de l'Autonomie et du Handicap, Charlotte Parmentier-Lecoq, a indiqué que les services de l'Etat avaient la "certitude" du bon respect des mesures de sécurité dans l'établissement. "Il y avait les détecteurs de fumée, les extincteurs incendie, les couvertures antifeu. Donc, au moment du contrôle, il y a deux ans, tout était aux normes", a indiqué le secrétaire général de la préfecture et sous-préfet d'Angoulême, Jean-Charles Jobart.