Procès de Maylis Daubon : des explications sur l'empoisonnement des enfants, le père qualifie son ex-femme de "démon"
Maylis Daubon est jugée depuis le lundi 24 novembre aux assises des Landes pour l'empoisonnement de ses 2 filles. Le drame, dont les circonstances restent floues, s'est produit à Dax en novembre 2019, lorsque la fille aîné, Enéa, 18 ans, est décédée à l'hôpital d'une surdose de médicaments. L'accusée, qui encourt trente ans de réclusion, nie les faits et affirme que sa fille s'est suicidée.
Que sait-on de ce qu'il s'est passé ? Le 13 novembre 2019 vers 11h30, les pompiers arrivent à la maison des Daubon dans le centre-ville de Dax. Enéa, 18 ans se trouve à l'étage, elle est en arrêt cardiorespiratoire après avoir convulsé dans sa chambre. Les pompiers sont interpellés par l'état de la chambre de la jeune fille : l'unique fenêtre est obstruée par une armoire et des phrases lugubres recouvrent les murs. Ils parviennent finalement à la réanimer mais son état reste critique. Elle décède 6 jours plus tard à l'hôpital.
En janvier 2022, la mère de famille est mise en examen pour l'empoisonnement mortel de sa fille. Suite à plusieurs analyses toxicologiques "incohérentes", les médecins ont indiqué que l'équivalent de 50 à 75 cachets a été décelé dans le sang d'Enéa. Aucune boîte n'a été retrouvée près du corps de la jeune fille. Après le décès suspect d'Enéa, la justice a réclamé des analyses toxicologiques sur sa sœur cadette Luan, âgée de 16 ans au moment des faits. Une dizaine de molécules, antidépresseurs anxiolytiques et somnifères, sont recensées dans son corps, alors même qu'elle n'avait aucune ordonnance à son nom.
En mars 2023, la mère est mise en examen une seconde fois pour "empoisonnement". L'adolescente est placée en famille d'accueil. Les enquêteurs sont cependant dans l'incertitude sur la question du mobile, l'expertise psychiatrique avance une hypothèse : Maylis Daubon serait atteinte du syndrome de "Münchhausen" par procuration. Cette pathologie rarissime consiste à rendre volontairement son enfant malade afin d'attirer l'attention et la compassion. En effet, en 2018, un psychologue avait constaté une situation "d'emprise totale" de Maylis Daubon sur ses filles rapporte 20 Minutes.
"Je l'ai dit aux magistrats, c'est un démon"
En 2009, au moment de la séparation conflictuelle avec son ex-mari, Yannick Reverdy, une enquêtrice sociale a décrit Enéa comme une "petite fille en danger psychologique" à un juge des enfants. En 2011, malgré les tentatives de conciliation organisée par la justice, les deux fillettes refusent tout contact avec leur père. De son côté, Yannick Reverdy ne cesserait d'alerter, depuis leur divorce, sur le comportement de son ex-femme selon France 3 : "Je prêche dans le désert, je l'ai dit aux magistrats, c'est un démon". Aujourd'hui, six ans après les faits, la mère Maylis Daubon comparaît pour l'empoisonnement mortel d'Enéa et celui de sa fille cadette Luan. Elle nie les faits et affirme que sa fille aînée était dépressive, qu'elle avait parfois des "idées noires", et qu'elle se serait donc suicidée.
À la barre, l'enquêteur de personnalité a décrit l'accusée comme une femme "hautaine", surjouant les émotions et aux postures "théâtrales" rapporte France 3. Les proches de l'accusée, dont son frère Lilian, la présente comme "menteuse" et "mythomane". "Certains témoins assurent même qu'elle leur a dit qu'elle avait construit la centrale nucléaire de Blaye en 1976, mais elle est née en 1972", s'est agacé ironiquement Me Font, avocat de Yannick Reverdy, selon le média. L'avocate de la défense, Me Carine Monzat, a de son côté fustigé cette argumentation : "Si elle est mythomane, est-ce que ça fait d'elle une empoisonneuse ?" Le procès se poursuit encore pendant une dizaine de jours à la cour d'assises des Landes à Mont-de-Marsan.