Verdict du procès Péchier : la peine prononcée peut encore changer, ce n'est pas fini
- Le verdict du procès Péchier est tombé ce jeudi 18 décembre au terme de 65 jours d'audience. L'ancien anesthésiste a été condamné à la peine maximale : la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté de 22 ans. Elle correspond aux réquisitions, Frédéric Péchier ayant été reconnu coupable de 30 empoisonnements, dont 12 mortels. Il écope également d'une interdiction définitive de pratiquer la médecine.
- Frédéric Péchier a toujours clamé son innocence dans cette affaire, affirmant être victime d'une erreur judiciaire. Il avait annoncé faire appel en cas de condamnation, appel qui doit être fait dès ce jeudi a fait savoir son avocat, Me Randall Schwerdorffer.
- L'appel de Frédéric Péchier n'a cependant pas d'effet suspensif sur la peine de prison. L'ancien anesthésiste va donc être conduit en prison dès ce jeudi. Il passera sa première nuit derrière les barreaux puisqu'il comparaissait libre à son procès et n'a jamais été placé en détention provisoire durant l'enquête ou l'instruction de l'affaire. Me Schwerdorffer a prévu de déposer une demande de remise en liberté.
- À la veille du verdict, le condamné avait confié que sa "seule priorité est de mettre [s]a famille à l’abri, quoi qu’il arrive".
- L'audience civile, qui permettra de statuer sur les dommages et intérêts des parties civiles, aura lieu le 22 juin prochain.
30 empoisonnements, dont 12 mortels, entre 2008 et 2017
Frédéric Péchier a été jugé à Besançon (Doubs) pour 30 empoisonnements, dont 12 mortels, entre 2008 et 2017, dans deux cliniques privées de la ville. Durant cette période, plusieurs événements indésirables graves (EIG) se sont produits. Il s'agit de patients qui ne présentaient pas de fragilités particulières, mais qui ont fait des arrêts cardiaques en pleine opération chirurgicale. L'homme était soupçonné d'avoir provoqué ces incidents médicaux pour mettre en avant ses qualités de réanimateur et nuire à certains de ses collègues avec qui il était en conflit.
"Parce que ses crimes sont hautement pervers, parce que Frédéric Péchier a commis l’irréparable, parce qu’il est un tueur en série, parce qu’il est inventeur du crime à double lame - la mort physique du patient et l’atteinte psychique de ses confrères jusqu’à les conduire à la disgrâce -, parce qu’aucun regret n’a été exprimé, parce qu’il n’est que mensonge, tricherie, dénigrement, parce que Frédéric Péchier ne sait pleurer que sur lui-même et ses proches, parce qu'il apparaît d’une dangerosité criminelle extrême… Nous requérons la réclusion criminelle à perpétuité, avec une peine de sûreté maximale de 22 ans", avait justifié vendredi 12 décembre Christine de Curraize, l'une des deux avocates générales, au moment des réquisitions. Et de renchérir en ajoutant une requête de plus : "Une interdiction définitive d’exercer la profession de médecin."
Lors de son ultime prise de parole lundi 15 décembre, pendant près de 6 heures, la défense avait dénoncé "la construction intellectuelle de l'accusation", caractérisée selon les avocats par une absence "de preuves évidentes". Elle avait donc demandé l'acquittement.