Piratage du ministère de l'Intérieur : des "millions de données" volées ? Ce que les hackers ont pu obtenir
"Cette fois, vous allez payer pour ce que vous avez fait à nos amis." Dans leur dernière revendication, publiée samedi 13 décembre, les hackers laissent entendre qu'il pourrait s'agir d'une vengeance. Vengeance après l'interpellation de quatre jeunes hackers français soupçonnés d'avoir piraté, en mai dernier, sous le nom de "Shiny hunters", plusieurs institutions. Quoi qu'il en soit, dans ce texte de revendication, la mouvance de hackers BreachForums affirme avoir pu consulter les données de 16 444 373 personnes.
Un chiffre dont semble toutefois douter le ministère de l'Intérieur. Si le piratage du ministère a bien été confirmé par les autorités compétentes, l'ampleur de l'attaque, découverte dans la nuit du 11 au 12 décembre, restait ce mercredi 17 décembre encore incertaine. Reconnaissant au micro de franceinfo un "acte grave" et la consultation par les hackers d'"un certain nombre de fichiers importants", parmi lesquels notamment "quelques dizaines d'extractions" de fichiers confidentiels, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a en tout cas réfuté le fait qu'il puisse s'agir de "millions de données".
Un piratage au ministère de l'Intérieur "[...] il a pu consulter un certain nombre de fichiers importants pour nous, notamment le traitement des antécédents judiciaires, et procéder à un certain nombre d'extractions", explique Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur pic.twitter.com/quo6KwT3zf
— franceinfo (@franceinfo) December 17, 2025
"Il ne faut pas verser dans la panique"
Au Parisien, l'entourage du ministre de l'Intérieur évoque le hackage de, "a minima", un peu moins de 100 fiches. Ces "quelques dizaines de fiches", selon Laurent Nunez, auraient été non seulement consultées, mais également extraites des serveurs du ministère par les hackers. Elles proviendraient d'au moins deux fichiers de police plutôt sensibles, à savoir le traitement d'antécédents judiciaires (TAJ) et le fichier des personnes recherchées (FPR).
"Il n'y a pas eu extraction de millions de données. À ma connaissance, c'est faux, mais je reste très prudent sur le niveau des compromissions", a réagi sur franceinfo Laurent Nunez ce mercredi. Auprès du Parisien, les experts ne cachent pas leur étonnement non plus, car en temps normal, les hackers aiment publier des preuves de leurs méfaits. Or ici, très peu ont été dévoilées.
Si fanfaronner ainsi pourrait avoir comme vocation de permettre aux hackers d'augmenter la valeur de leurs données piratées, la spécialiste Pauline Losson pointe auprès du Parisien qu'en matière de cybercriminalité, la communication prend une place non négligeable. "Tout cela reste politique. Les hackers veulent déstabiliser le ministère de l'Intérieur et décrédibiliser nos institutions", remarque-t-elle, ajoutant : "Tant qu'on ne sait pas exactement ce qu'a été leur action, il ne faut pas verser dans la panique."
Un suspect interpellé à Limoges
Mercredi soir, Le Figaro a révélé qu'un suspect âgé de 22 ans, et déjà condamné en 2025 pour des faits similaires, aurait été arrêté à Limoges. Interpellé dans le cadre de l'enquête en cours pour atteinte à un système de traitement automatisé des données, le jeune homme né en 2003 a été placé en garde à vue. Une garde à vue qui pourra durer 48 heures.