Suicide de Camélia : l'adolescente harcelée ? Cette "fausse conversation" qui a laissé les enquêteurs perplexes

Suicide de Camélia : l'adolescente harcelée ? Cette "fausse conversation" qui a laissé les enquêteurs perplexes Camélia, 17 ans, s'est suicidée le 13 janvier dernier en se jetant sous les rails du RER. Une enquête pour harcèlement scolaire avait été ouverte, mais a finalement été classée sans suite.

Qu'est-ce qui a poussé Camélia, une lycéenne de 17 ans, à s'allonger sur les rails du RER B mardi 13 janvier vers 16h50, alors qu'un train entrait en gare de Mitry-Le-Neuf ? Après ce suicide, le parquet de Meaux avait ouvert une enquête pour chercher les causes d'un tel geste. Rapidement, des faits de harcèlement qu'aurait subis la victime ont été relatés, notamment par sa famille, ce qui explique l'ouverture d'une seconde enquête "du chef de harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider".

Le procureur avait indiqué dans un premier temps que "la défunte a pu faire état, auprès de sa famille, de harcèlement scolaire sans qu'aucune plainte ou signalement n'ait été porté à la connaissance de la police ou du parquet", rapportait Jean-Baptiste Bladier peu après le drame, avant de préciser que "la direction de l'établissement scolaire avait pris en compte cette situation, notamment l'année passée et encore récemment". Ils avaient, en effet, rencontré l'adolescente et sa mère, appelé les professeurs à la vigilance, puis avaient reçu la lycéenne avec la CPE. Une extrême précaution était toutefois de mise sur cette version. 

Ce lundi 9 février, lors d'un point presse, le procureur a annoncé que l'enquête pour harcèlement scolaire était finalement classée sans suite. "Au terme des investigations, je suis amené à considérer qu'il n'existe pas d'éléments suffisants pour rechercher la responsabilité pénale de quiconque dans la survenance du décès de Camélia", a précisé Jean-Baptiste Bladier. Malgré le "constat de la souffrance de cette mineure", l'enquête n'a pas permis d'établir qu'un ou plusieurs de ses camarades l'avaient poussée à l'acte. Aucun témoignage d'amis, de camarades ou du corps enseignant n'a corroboré de faits de harcèlement.

Une "fausse conversation" à l'origine de tensions

Le procureur a même soulevé un élément déstabilisant : Camélia aurait, début décembre, inventé une fausse conversation Snapchat en usurpant l'identité de trois camarades. Elle a ensuite diffusé ces faux échanges pour "faire le tri entre ses vrais et ses faux-amis". Ces trois derniers sont ceux qu'elle a accusés de la harceler peu de temps après. Si ces camarades lui ont demandé une explication, aucune menace ni insulte n'ont été rapportées par les témoins. Cela a tout de même créé une période de "tensions". Le jour du drame, elle avait alors été convoquée pour un entretien avec d'autres élèves et avait appris qu'elle allait recevoir une sanction disciplinaire pour cette fausse conversation. 

"Il en ressort plus sûrement qu'elle avait pu interpréter quelques faits ponctuels comme étant gênants pour elle alors qu'ils n'avaient pas été jugés comme tels par les autres lycéens présents", a conclu le procureur. La famille de Camélia peut encore, si elle le souhaite, déposer une plainte avec constitution en partie civile, ce qui engendrerait l'ouverture d'une information judiciaire.