Mort de Marie-Thérèse Bonfanti : pourquoi l'homme qui a avoué le meurtre restera libre
Le meurtrier de Marie-Thérèse Bonfanti n'ira pas en prison. Près de quarante ans après les faits, et alors même que le meurtrier avait confessé son crime en 2022, soit trente-six ans après les faits, la justice a rendu une décision, qui était particulièrement attendue ce vendredi 16 janvier 2026. La Cour de cassation, plus haute juridiction de l'ordre judiciaire, a en effet estimé que la prescription s'appliquait bel et bien dans l'affaire Marie-Thérèse Bonfanti.
À la question un meurtre avoué – et élucidé – trente-six ans après les faits en raison notamment de la dissimulation du corps et de l'absence de mobile de crime apparent, peut-il rester impuni en raison de sa prescription ? La Cour de cassation a affirmé, par la voix de son premier président, Christophe Soulard, qu'"il existait, dès la disparition de la victime, une suspicion d'infraction et que des actes d'enquête pouvaient être menés". De fait, "aucun obstacle insurmontable n'a suspendu le recours du délai de la prescription", a-t-elle jugé, comme le relève Le Monde. Ainsi, la Cour de cassation estime que "la prescription de l'action publique est acquise".
Une décision lourde, qui "peut être difficile à comprendre"
Marie-Thérèse Bonfanti, 25 ans, avait mystérieusement disparu en mai 1986 alors qu'elle distribuait des journaux à Pontcharra, en Isère. Un cri entendu par plusieurs témoins avait toutefois rapidement mis les enquêteurs sur la piste d'un acte criminel, rappelle Marianne. Une piste qui les avait alors conduits à un certain Yves Chatain, âgé de 21 ans.
Faute d'aveux ou d'éléments matériels, la procédure avait finalement été refermée en 1989 avant d'être rouverte en 2020 grâce à l'obstination des proches de Marie-Thérèse Bonfanti. Âgé désormais de 56 ans, Yves Chatain avait à nouveau été interpellé en mai 2022 et avait fini par avouer avoir étranglé la jeune femme, justifiant son acte par une voiture mal garée. Sur les indications d'Yves Chatain, qui avait également révélé s'être débarrassé du corps dans un ravin, des fragments du crâne de Marie-Thérèse Bonfanti avaient pu être retrouvés. Pour autant, dès la fin 2023, le meurtrier avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire au motif de la prescription.
"C'est un jour terrible pour nous, c'est incroyable d'entendre ça de la part d'une justice dont nous sommes les victimes", a réagi Thierry Bonfanti, l'époux de Marie-Thérèse Bonfanti, à la sortie d'audience. Et de questionner : "Je ne sais pas comment va se passer l'avenir des pôles cold cases, mais si c'est pour avoir des résultats comme celui-ci, je leur souhaite bien du courage." "Cette décision est une décision lourde", a de son côté reconnu Christophe Soulard, avant de justifier : "Elle peut être difficile à comprendre, y compris pour les parties civiles, dont la douleur est profonde. La Cour en est consciente. Elle doit cependant assurer son rôle d'application des règles de droit."