Accident de trains en Espagne : "l'erreur humaine est exclue", des questions sur la cause de la collision "étrange"

Accident de trains en Espagne : "l'erreur humaine est exclue", des questions sur la cause de la collision "étrange" Un accident de trains a fait au moins 40 morts et 123 blessés en Espagne, le dimanche 18 janvier. Les causes du drame interrogent alors que les infrastructures étaient neuves ou rénovées.

L'essentiel
  • Un grave accident de trains s'est produit en Espagne dans la soirée du dimanche 18 janvier. Un train circulant en direction de Madrid a déraillé et a été percuté par un deuxième train à grande vitesse roulant dans le sens inverse.
  • L'accident de trains ayant eu lieu à Adamuz, en Andalousie, a fait au moins 40 morts selon le dernier bilan provisoire du président de la région d'Andalousie. Le bilan fait également état d'au moins 123 personnes blessées, dont 41 toujours hospitalisées, parmi lesquelles 12 se trouvent en soins intensifs. Au moins cinq mineurs figurent parmi les victimes.
  • Le premier train, de la compagne privée italienne Iryo, transportait 294 passagers. Il a déraillé et a envahi la voie opposée sur laquelle circulait un train Alvia de la compagnie nationale Renfe comptant près de 200 passagers d'après El Païs. Les deux premières voitures de ce train ont été éjectées des voies sous l'effet du choc.
  • Les circonstances de l'accident de trains en Espagne sont "véritablement étranges", a déclaré le ministre espagnol des Transports en conférence de presse dimanche soir. Les voies ferrées sur lesquelles la collision a eu lieu sont en ligne droite et ont été rénovées au printemps, tandis que le train Iryo, qui a déraillé, est "âgé de moins de quatre ans" et a été inspecté le 15 janvier.
  • L'accident de trains en Espagne ne serait pas dû à un excès de vitesse des trains selon le président de la compagnie ferroviaire Renfe, Álvaro Fernández Heredia. "Nous savons déjà, grâce aux enregistrements de vitesse, que les trains circulaient à une vitesse inférieure à celle autorisée sur cette section", a-t-il assuré à la RNE. "L'erreur humaine est exclue" a-t-il ajouté.
  • Une commission indépendante chargée d'enquêter sur l'accident afin d'en établir les circonstances va être créée a annoncé le ministre des Transports. "À ce stade, nous ne pouvons même pas spéculer sur la nature du problème, qu'il s'agisse du matériel roulant ou des voies. Nous l'ignorons tout simplement", a déclaré Óscar Puente.
En direct

19/01/26 - 23:17 - Au moins 40 morts, le bilan pourrait bientôt s'alourdir à nouveau

FIN DU DIRECT - Lors d'une conférence survenue un peu plus tôt dans la soirée, le président de la région d'Andalousie, Juan Manuel Moreno, a révélé qu'il y avait désormais "40 décès". Et de préciser : "Au cours des prochaines 24 à 48 heures [...], nous pourrons savoir avec certitude combien de décès ont été causés par ce terrible accident." En fin de soirée, le conseiller à la présidence de l'Andalousie, Antonio Sanz, expliquait à El Pais que le bilan allait sans doute augmenter dans les prochaines heures, une fois les deux voitures extraites. Il pourrait ainsi y avoir encore trois corps toujours coincés dans les débris du train Alvia.

19/01/26 - 16:16 - La zone de l'accident n'était a priori pas dangereuse

Le tronçon de la voie ferrée où a eu lieu l'accident de trains n'était, a priori, pas dangereuse, voilà pourquoi les autorités espagnoles qualifie l'accident d'événement "extrêmement étrange". Il s'agit d'une voie rectiligne, donc en ligne droite, et qui ne semble "pas contenir de système d’aiguillage". Un virage ou un système d'aiguillage aurait pas expliquer le déraillement du train, mais l'absence de ces deux éléments compliquent la compréhension des faits. Une vitesse excessive et un défaut des infrastructures, voies et trains, ont également été exclues des hypothèses par les compagnie ferroviaire et les autorités au regard des travaux de rénovation et de l'entretien des véhicules. Des questions restent toutefois en suspend souligne Arnaud Aymé, spécialiste des Transports interrogé par le Parisien. "Des accidents peuvent avoir lieu en ligne droite, à cause d’un défaut d’infrastructure, d’une rupture de rail ou d’un affaissement de la plate-forme par exemple", explique-t-il. Des questions auxquelles les conducteurs pourront répondre s'ils ont survécu. 

19/01/26 - 15:33 - La compagnie ferroviaire Iryo n'a connu aucun accident depuis ses premiers voyages en 2022

La compagnie ferroviaire privée Iryo avait débuté ses opérations commerciales en novembre 2022 et s'était depuis imposée comme le second opérateur de trains à grande vitesse sur le marché espagnol derrière la Renfe. Dotée de 20 trains pouvant aller jusqu'à 360 km/h, l'entreprise n'a été mêlée à aucune accident avant ce dimanche 18 janvier. Entre 2022 et 2024, Iryo a transporté 13 millions de passagers sans accident grave rapporte l'agence de presse espagnole EFE.

19/01/26 - 15:04 - Le président de la compagnie Iryo évoque un "déraillement très étrange" et "inexplicable"

Le président de la compagnie ferroviaire Iryo, Carlos Bertomeu, s'est également exprimé au sujet de l'accident qu'il juge "inexplicable" : "On ne sait pas comment le déraillement s'est déroulé". Rappelant que le train ayant déraillé "n'a même pas trois ans", le président de la compagnie a évoqué un "déraillement très étrange". Il a, comme plus tôt dans la matinée, souligné que les trains circulaient "à la vitesse réglementée". Après avoir transmis ses condoléances aux victimes de l'accident, Carlos Bertomeu a promis de "mettre tous ses moyens" à disposition de l'enquête en cours : "Nous coopérons".

19/01/26 - 14:51 - Le Premier ministre promet des "réponses" et une "transparence absolue" sur les causes de l'accident

Le Premier ministre espagnol a pris la parole vers 14h30 et a évoqué "un jour de douleur pour toute l'Espagne" aux côtés du ministre des Transports, Óscar Puente, et du président du gouvernement régional d'Andalousie, Juan Manuel Moreno. "Toute tragédie exige l'unité dans la douleur et l'unité dans les réponses", a-t-il ajouté, assurant que l'"État a agi comme il devait agir : uni, coordonné et loyal".

Pedro Sanchez a décrété "trois jours de deuil" national qui débuteront ce lundi à minuit et dureront jusqu'à jeudi. Il a eu un mot pour les victimes promettant qu'elles seront "protégées, aidées et assistées". Le Premier ministre a également promis "des réponses" et une "transparence absolue" : "Nous nous demandons comment cette tragédie a pu arriver et le temps nous apportera la réponse" : "Le temps et le travail des experts apporteront la réponse. Nous ferons toute la lumière sur cette affaire en toute transparence et la rendrons publique". 

19/01/26 - 14:30 - Des victimes retrouvées à plusieurs centaines de mètre du lieu de l'accident

Si de nombreuses victimes ont été retrouvées dans les wagons percutés et dans ceux projetés hors des rails par le choc, certaines ont été retrouvées à plusieurs centaines de mètres du lieu de l'accident a fait savoir le président du gouvernement régional d'Andalousie, Juanma Moreno, interrogé ce lundi par la radio publique espagnole.

19/01/26 - 14:22 - Les experts de la Guardia civil recherchent des preuves et des moyens d'identification

La Guardia civil a publié une courte vidéo montrant les experts de son équipe centrale d'inspections effectuant "l'examen exhaustif de la zone de l'accident" sur X. Ces équipes "recherchent des preuves essentielles et prélèvent des échantillons pour permettre l'identification complète des victimes et l'élucidation des causes", précise la Guardia Civil. El Païs ajoute que les agents de l'unité de police judiciaire de la Guardia Civil ont également commencé à recueillir les témoignages des témoins de la tragédie.

19/01/26 - 14:05 - Encore 43 personnes hospitalisées, 12 en soins intensifs

Selon l'agence des urgences de la province d'Andalousie, 43 personnes sont toujours hospitalisées à la mi-journée ce lundi. Cinq personnes blessées ont donc pu quitter l'hôpital depuis 8h30 ce matin. Douze blessés se trouvent en soins intensifs, dont neuf dans un état grave selon le journal Junta de Andalucia.

19/01/26 - 13:28 - Le Premier ministre et le ministre des Transports doivent s'exprimer vers 13h30

Le ministre des Transports espagnol Óscar Puente et le Premier ministre Pedro Sánchez se sont rendus sur les lieux de l'accident ce lundi matin. "Après plus de trois heures sur place, nous avons pu confirmer la gravité de l'incident et ses terribles conséquences", a indiqué le premier sur X. Les deux hommes doivent s'exprimer vers 13h30 a annoncé le ministre. Les causes de l'accident sont toujours inconnues.

19/01/26 - 13:11 - La majorité des personnes blessées "se porte bien"

Presque tous les blessés de l'accident de trains d'Adamuz "se portent bien" selon les déclarations du président du gouvernement régional d'Andalousie Juanma Moreno à la télévision espagnole. Seules 11 personnes, dont un mineur, se trouvent toujours en soins intensifs, mais la situation "évolue favorablement" pour chacun d'entre eux et leurs vies "ne sont pas en danger", a ajouté le politique. Le bilan de 39 morts reste cependant susceptible d'évoluer, car des engins sont arrivés sur les lieux de l'accident pour évacuer les trains accidentés et des corps pourraient être retrouvés.

19/01/26 - 12:50 - Des prélèvements d'échantillon d'ADN organisés dans plusieurs villes espagnoles

La Garde civile continue de récolter des échantillons d'ADN pour accélérer l'identification des victimes de l'accident ferroviaire. Après avoir déployé des bureaux à Cordoue et à Huelva, les autorité ont ouvert des antennes supplémentaires à Madrid, Malaga et Séville. "Afin d’accélérer et de centraliser l’identification des victimes de l’accident, les membres de la famille proche des personnes touchées doivent se rendre dans les bureaux situés dans les locaux de la Garde civile à Madrid, Malaga, Cordoue, Huelva et Séville pour fournir des informations d’identification et prélever des échantillons d’ADN", a indiqué la Garde civile dans un communiqué de presse.

Une collision a eu lieu entre deux trains à grande vitesse, dimanche 18 janvier 2026, dans le sud de l'Espagne. L'un des deux convois a déraillé. La collision a eu lieu à 19H45 (18H45 GMT) près d'Adamuz, à environ 200 km au nord de Malaga, entre un train Iryo (un opérateur de transport ferroviaire privé) à destination de Madrid, qui a déraillé et s'est déporté sur la voie parallèle, heurtant un autre train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, circulant dans l'autre sens et en direction, lui, de Huelva (sud). Le drame a fait plusieurs dizaines de morts et plus d'une centaine de blessés.