Baptiste, 12 ans, mort en EPS par négligence : une condamnation et un outil de l'Education nationale pointé du doigt

Baptiste, 12 ans, mort en EPS par négligence : une condamnation et un outil de l'Education nationale pointé du doigt Un professeur d'EPS a été condamné a de la prison avec sursis pour l'"homicide volontaire" d'un adolescent de 12 ans, décédé après un cours d'EPS alors qu'il avait un certificat d'inaptitude au sport.

Un professeur d'EPS condamné à 18 mois de prison avec sursis pour "homicide volontaire" sur un élève de 12 ans. La décision a été prise ce mardi 27 janvier par le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie. L'instance a rendu son verdict sur l'affaire concernant la mort de Baptiste Ledoux, un collégien décédé en décembre 2020 des suites d'un malaise cardiaque survenu lors d'un cours d'EPS au collège de Bons-en-Chablais. 

L'adolescent de 12 ans souffrait d'une hypertrophie du myocarde, disposait d'un certificat d'inaptitude au sport et ne devait pas participer aux cours d'EPS. Alors pourquoi s'est-il retrouvé à faire de la course à pied ? D'autant que l'enquête a démontré que le certificat signé par un cardiologue a été transmis par les parents de Baptiste à l'établissement scolaire et téléchargé sur le logiciel Pronote qui sert, entre autres, de plateforme de communication entre les enseignants et les parents d'élève.

La plateforme Pronote de l'Education nationale mise en cause

Durant le procès, le professeur d'EPS de 58 ans a rejeté la faute sur cet outil numérique. S'il n'a pas nié la présence de la dispense sur Pronote, il a assuré ne l'avoir jamais vue. Il a dénoncé une interface pas suffisamment "intuitive" et à laquelle il n'a jamais été formé. "Pour nous, c'est uniquement un outil d'appel", a-t-il insisté lors de l'audience en novembre dernier rapporte France 3. Concernant l'état de santé de Baptiste Ledoux, il a reconnu avoir été informé "entre deux portes" par l'élève que ce dernier avait "un problème cardiaque" mais que "ce n'était pas que grave et qu'il pouvait s'adapter".

La défense du prévenu n'a pas été entendue à son grand regret et celui de son avocate, Me Mathilde Reboux, qui plaidait la relaxe. "C'est un professeur qui a toujours clamé qu'il n'avait absolument pas eu connaissance du certificat médical de son élève. [...] Il y a clairement dans ce dossier un problème au niveau du circuit de la transmission des dispenses qui a conduit à ce drame, mais il n'y a absolument pas de responsabilité du professeur", assure cette dernière auprès de France 3. Et l'avocate d'ajouter : "Il a le sentiment de payer tout seul et c'est la raison pour laquelle on va faire appel".

Le verdict est amer pour le professeur qui est considéré comme le seul responsable de la mort de Baptiste Ledoux. Si le principal du collège, la CPE et l'infirmière scolaire ont été un temps poursuivis, ils ont tous bénéficié d'un non-lieu prononcé par la chambre de l'instruction en novembre 2024.

Une plainte des parents contre l'Etat

Les parents de Baptiste Ledoux se préparent également au procès en appel, eux qui ont été déçus de la peine prononcée par la justice, comme de celle requise par le ministère public qui était de 24 mois de prison avec sursis. "La sanction prononcée est disproportionnée au regard de la gravité des fautes commises, des manquements caractérisés à une obligation de prudence, et surtout des conséquences dramatiques irréversibles, à savoir le décès de leur enfant", a déclaré Me Hervé Gerbi, l'avocat des parties civiles, à l'antenne locale de France Télévisions.

Non seulement de revivre le procès de l'enseignant d'EPS, les parents de Baptiste Ledoux prévoient de porter plainte contre l'Education nationale et d'"engager la responsabilité de l'État" pour la mort de leur fils. "Tout le monde était au courant des problèmes de Baptiste. [...] Il y a une chaîne de personnes responsables par laxisme et par manque de communication", a assuré Xavier Ledoux, le père de Baptiste, a France 3.