Jacques Leveugle : des dizaines de viols et des meurtres avoués... Qui est cet ancien éducateur au profil de prédateur ?
Un seul homme pour au moins 89 victimes. Jacques Leveugle, aujourd'hui âgé de 79 ans, est suspecté d'avoir abusé toutes ces victimes alors qu'elles étaient mineures entre 1967 et 2022 et dans huit pays différents. Sur les 89 victimes, seule une quarantaine de personnes ont pu être identifiées et la justice française redoute que d'autres victimes n'aient pas encore été retrouvées. Ce mardi 10 février, le parquet de Grenoble a lancé un appel à témoins pour retrouver d'autres éventuelles victimes.
"Si des victimes souhaitent se manifester, qu'elles le fassent rapidement", a déclaré le procureur de la République de Grenoble lors d'une conférence de presse. Il a précisé que seuls les faits commis à partir de 1993 et jusqu'à aujourd'hui peuvent faire l'objet de poursuites, du fait du délai de prescription, mais invite toutes les victimes à se faire connaître.
Le septuagénaire, suspecté d'avoir sévi pendant près de 60 ans, ne peut plus faire de victime aujourd'hui. Jacques Leveugle a été mis en examen pour "viols" et "agressions sexuelles" sur mineurs et écroué en février 2024. Il a été dénoncé à la justice en octobre 2023 par son neveu, alors qu'il rendait visite à son frère en Isère.
Des "mémoires" recensant les agressions sexuelles
Ce sont les soupçons de neveu de Jacques Leveugle qui ont permis de découvrir les agissements du septuagénaire a indiqué le procureur. Le jeune homme avait profité d'une sortie entre son père et son oncle pour fouiller dans les affaires du mis en cause et avait trouvé une clé USB sur laquelle figuraient des photos, mais surtout des "mémoires" recensant de nombreux rapports sexuels avec des jeunes garçons âgés de 13 à 17 ans.
Le journal numérique tenu par Jacques Leveugle présente des passages dans lesquels le septuagénaire se décrit lui-même comme "pédéraste" et évoque une "nature particulière" le poussant à s'attacher à de jeunes garçons. Il précise aussi la manière dont il se rapprochait des victimes, le plus souvent en les séduisant intellectuellement. Un mode opératoire en partie corroboré par les victimes entendues par la justice. Plusieurs d'entre elles "admettent que cet homme a passé beaucoup de temps à leur apprendre des langues étrangères, à éveiller leur culture", a expliqué le procureur qualifiant Jacques Leveugle de "personnage complexe".
Lors de son interpellation et de sa garde à vue, en février 2024, le mis en cause avait exprimé des regrets disant ne pas avoir eu "conscience de l'ascendant moral qui pouvait être imposé" aux mineurs.
Deux enquêtes pour meurtre
En plus de l'enquête pour les faits de viols et d'agressions sexuelles, le procureur de la République a indiqué qu'une autre enquête a été ouverte concernant deux meurtres que Jacques Leveugle aurait commis. L'homme a reconnu avoir tué sa mère en l'étouffant à l'aide d'un coussin. Il a également avoué avoir tué sa tante nonagénaire de la même manière en 1992. Il a semblé expliquer ses actes par le fait que les deux femmes étaient en fin de vie, sa mère était notamment en phase terminale d'un cancer en 1974.
Qui est Jacques Leveugle ?
Jacques Leveugle est né en 1946 à Annecy, en Haute-Savoie. S'il a fait des études pour devenir professeur ou infirmier, il n'est jamais allé au bout de ses formations et n'a jamais obtenu de diplôme. Il a enchaîné les petits boulots tout au long de sa vie en tant qu'enseignant ou encadrant auprès de la jeunesse, notamment à l'étranger a fait savoir le procureur de la République. L'homme a travaillé dans le sud de la France, en Algérie, en Suisse, en Allemagne, au Niger, aux Philippines, en Inde, en Colombie ou encore en Nouvelle-Calédonie. Avant sa mise en examen, il s'était installé au Maroc.
Né en 1946 à Annecy, Jacques Leveugle est poursuivi pour des viols et agressions sexuelles aggravées commis sur 89 mineurs entre 1967 et 2022. Des faits qui auraient eu lieu dans différents pays, sur les cinq continents : en Allemagne, en Suisse, au Maroc, au Niger, en Algérie, aux Philippines, en Inde, en Colombie et en France, spécifiquement en Nouvelle-Calédonie. Il est aussi accusé dans une autre enquête de deux homicides : celui de sa mère en 1974, alors qu'elle était en phase terminale d'un cancer, et sa tante, en 1992, alors qu'elle "souffrait d'une maladie grave". Elles auraient toutes les deux été étouffées par le suspect, à l'aide d'un coussin.