Des descendants d'Adolf Hitler en France ? Des tests ADN effectués, un "fils illégitime" sûr de lui
C'est le plus célèbre des dictateurs européens. Adolf Hitler est mort le 30 avril 1945, à quelques jours de la capitulation allemande lors de la Seconde Guerre mondiale. Il a épousé Eva Braun à la veille de leur suicide en commun dans le bunker. Ils n'ont pas eu d'enfants. Tout du moins, c'est ce que tout le monde croyait sans l'ombre d'un doute jusqu'à la revendication du Français Jean-Marie Loret. Né en 1918, il a affirmé être le fils illégitime d'Hitler car sa mère, Charlotte Lobjoie, aurait eu une liaison avec ce dernier quand il était jeune soldat. Pendant la Première Guerre mondiale, le régiment bavarois serait venu en repos dans son village de Fournes-en-Weppe, au sud de Lille.
Dès son enfance, Jean-Marie Loret a affirmé être le fils d'un soldat allemand, mais sans savoir lequel. Ce serait finalement peu avant de mourir, en 1948, que sa mère lui aurait révélé que ce soldat était Adolf Hitler. Cette révélation l'aurait alors choqué. Une fois remis de la nouvelle, il aurait souhaité prouver ce lien de parenté en faisant notamment appel à un avocat et un historien. Il a alors fini par publier un livre en 1981 titré Ton père s'appelait… Adolf Hitler. En annexe de son ouvrage, il a partagé plusieurs études pour étayer son propos. La première est une expertise d'identification par la physionomie comparative : selon une experte qui aurait fait plusieurs portraits du dictateur, Jean-Marie Loret aurait le "même regard que son père". Une seconde étude leur donne le même groupe sanguin et une troisième une écriture proche.
Cette thèse a été soutenue par un historien allemand, Werner Maser, qui avait émis l'hypothèse d'un fils caché d'Hitler conçu en France. Dans ses arguments, il avait notamment évoqué un portrait de femme qui aurait été dessiné par le dictateur allemand et qui ressemblait à Charlotte Lobjoie. La chronologie de ce qui est connu de la vie d'Hitler ne permet pas non plus de démentir une partie des faits : il a été engagé volontaire dans un régiment de l'armée bavaroise et se trouvait dans la région en 1917. D'autres historiens s'y sont toutefois opposés, jugeant cette thèse improbable. Les études leur apparaissent comme inexactes et sujettes à interprétation.

Jean-Marie Loret est décédé en 1985, mais l'affaire ne s'est pas arrêtée là. Des tests ADN ont été réalisés après les années 2000. D'abord en 2009, des Belges ont récupéré de l'ADN de petits-neveux du dictateur ainsi qu'un timbre collé par Jean-Marie Loret. Les tests en laboratoire ont établi une absence de lien entre l'ADN contenu dans la salive supposée de Jean-Marie Loret et celui de la famille de Hitler. Ces résultats restent toutefois incertains au vu des échantillons récoltés. Le processus a été lancé une nouvelle fois en 2014, mais à l'initiative des enfants Loret, qui eux aussi interrogeaient leur descendance avec le dictateur.
Grâce à un médecin spécialiste du génome humain, ils ont pu comparer leur ADN à celui de lointains cousins d'Hitler retrouvés grâce à son arbre généalogique. Une absence de lien est de nouveau constatée, mais le fils Loret a assuré avoir toujours un doute. Selon lui, l'un des pères de l'arbre généalogique pourrait ne pas être le bon du fait d'une infidélité dans la lignée de ces cousins très éloignés. Il a estimé que la vérité ne serait jamais établie tant que le corps d'Alois Hitler, le père d'Adolf, ne sera pas exhumé, ce qui a été refusé par l'Eglise autrichienne.
Finalement, cette filiation ne serait pas impossible, mais semble très improbable. Même si tout est faux, est-ce la mère ou le fils qui a menti ? Jean-Marie Loret a-t-il voulu toucher un héritage ou se venger de sa jeunesse d'"enfant de boche" ou sa mère a-t-elle voulu se donner de l'importance ? Malgré les tests ADN, le mystère demeure.