Midterms 2026 : quels sont les Swing States et qui peut les remporter ?
Les Américains sont appelés aux urnes pour les midterms 2026, ou élections de mi-mandat, ce mardi 3 novembre. Ils voteront pour renouveler la grande majorité des élus du Congrès, plus précisément les 435 élus de la chambre des Représentants et 35 des 100 sénateurs. Ces élections étant locales, les candidats diffèrent d'un Etat à l'autre, mais les électeurs américains ont toujours le choix entre aux moins deux noms : celui d'un candidat républicain et celui d'un candidat démocrate, sans compter de possibles prétendants indépendants aux sièges du Congrès.
Républicains et démocrates constituent les deux grandes familles politiques américaines qui se disputent le pouvoir. Lors de la présidentielle 2024, c'est le camp républicain qui a remporté la Maison Blanche avec l'élection de Donald Trump, mais aussi la majorité dans les deux chambres du Congrès. Le scrutin des midterms 2026 est donc rempli d'enjeux pour les républicains qui espèrent conserver leur majorité, comme pour les démocrates qui souhaitent reprendre la main à la chambre des Représentants et au Sénat. Qui l'emportera ? Difficile à dire, car si plupart des Etats américains penchent vers l'une ou l'autre des familles politiques et donnent l'avantage à celle-ci élection après élection, les "Swing States", ou Etats clefs, peuvent créer la surprise et chambouler le scrutin.
Qu'est-ce qu'un Swing State ?
Les "Swing States" ou Etats clefs, sont les territoires américains où les électeurs républicains et démocrates sont suffisamment proches pour faire basculer le scrutin d'un côté ou de l'autre à chaque élection à la différence d'autres Etats où des majorités politiques sont établies et difficiles à renverser : l'Utah ou l'Alabama sont des Etats républicains (Etats rouges) historiques, tandis que New York et la Californie sont des bastions démocrates (Etats bleus) depuis toujours. Lors des midterms, le concept de Swing States vaut surtout pour les élections des sénateurs, plus que pour celles des représentants. Les représentants, dont le nombre dépend de la population de l'Etat, sont élus par district ce qui permet aux deux bords politiques de remporter des sièges en proportions différentes, tandis que les sénateurs sont élus à l'échelle de l'Etat.
Aucune liste des Swings States n'est officiellement établie, car elle évolue au fil des élections. Le plus souvent, on compte entre 7 et 13 Etats clefs. Pour les midterms 2026, une dizaine d'Etats sont considérés comme des Swing States : l'Alaska, la Caroline du Nord, l'Iowa, la Géorgie, le Maine, le Michigan, le New Hampshie, le Texas et l'Ohio.
Quels sont les résultats attendues dans les Swing States aux midterms 2026 ?
Sur les neufs Swing States identifiés pour les midterms 2026, six ont penché vers le camp républicain lors des dernières élections et trois vers le camp démocrate. Mais d'après les résultats des sondages, plusieurs Etats ayant plébiscité le partie rouge pourrait offrir la victoire aux partie bleus le 3 novembre prochain. Tour d'horizon Etat par Etat :
En Alaska
En Alaska, le parti républicain part théoriquement avec un avantage, mais le sénateur républicain sortant Dan Sullivan n'est pas sur de rempiler. Les sondages le donnent en difficulté et même en retard d'un à deux points sur la candidate démocrate Mary Petlola. Celle-ci est toutefois accusée de fraude par le camp adverse après des révélations du New York Times selon lesquelles son équipe de campagne aurait engagé un homonyme du candidat républicain pour disperser les voix.
En Caroline du Nord
Le sénateur républicain de Caroline du Nord, Thom Tillis, prend sa retraite en 2026. Le parti rouge a donc envoyé Michael Whatley, un allié de Donald Trump, pour lui succéder. L'homme est toujours largement dépassé par le candidat démocrate Roy Cooper dans les sondages avec 8 à 14 points d'avance. Roy Copper a déjà été élu procureur général de l'Etat à quatre reprises et même deux fois gouverneur en 2016 et 2020, une popularité qui pourrait lui permettre de faire basculer la Caroline de Nord du côté démocrate.
En Iowa
L'Iowa dirigé par le camp républicain depuis une décennie, l'issue du scrutin est cette fois très indécise. La sénatrice républicaine Joni Ernst prend sa retraite et c'est Ashley Hinson qui tente de conserver le siège au Sénat face au démocrate Josh Turek, ancien élu de la chambre des Représentants qui tente de séduire les électeurs rouges en mettant en avant son travail bipartisan. Les sondages ne parviennent pas à se mettre d'accord dans cet Etat et donnent tour à tour l'avantage à la républicaine puis au démocrate.
En Géorgie
La Géorgie est un Swing State particulièrement scruté depuis les dernières élections présidentielles après avoir fait élire le démocrate Joe Biden en 2020 puis le républicain Donald Trump en 2024. Cette année, le sénateur démocrate Jon Ossoff remet son siège en jeu face au républicain Mike Collins, un "Maga" soutenu par Donald Trump et ayant accusé Joe Biden d'avoir orchestré un assassinat contre le locataire de la Maison Blanche. Le sénateur sortant semble toutefois avoir un avantage confortable avec 7 à 8 points d'avance dans les sondages.
Dans le Maine
L'affiche sénatoriale dans le Maine oppose la sénatrice républicaine modérée en place depuis 1997 qui tente de rempiler à un outsider démocrate : Troy Jackson, un ancien bûcheron et élu local progressiste. Ce dernier a été nommé pour mener la campagne moins de 100 jours avant le scrutin. Il a remplacé en urgence le candidat initialement choisi, Graham Platner, ostréiculteur progressiste et novice en politique, qui a renoncé à sa candidature après des accusations de viol le visant. Des accusations que l'ex-candidat réfute. Etonnement, c'est le candidat démocrate qui est crédité d'un léger avantage dans les sondages avec 2 à 4 points d'avance sur Susan Collins.
Dans le Michigan
Les démocrates ont beaucoup à perdre dans le Michigan, c'est là que le risque de perdre un siège est le plus grand pour eux. Le sénateur sortant Gary Peters a pris sa retraite et c'est le progressiste Abdul El-Sayed qui est candidat à sa succession. Si le démocrate convainc l'aile gauche du parti, il ne fait pas l'unanimité chez les modérés qui craignent de voir les électeurs indépendants se détourner du candidat démocrate parfois jugé trop radical. Une faiblesse exploitée par Donald Trump qui accuse le candidat d'être un "djihadiste des Frères musulmans, qui déteste les Juifs, les Noirs, les Américains et Trump". Face au démocrate, le républicain Mike Rogers se présente et fait campagne sur les mêmes arguments que le président américain. Si les sondages annonçaient un écart serré début octobre, de seulement 1 ou 2 points, Abdul El-Sayed a repris un peu d'avance dans les dernières études avec 7 points d'avance en moyenne, sans doute aidé par le soutien de Barack Obama.
Dans le New Hampshire
Le résultat des midterms est plus difficile à anticiper dans le New Hampshire où 39,9 % des électeurs se déclarent indépendants, soit une majorité face aux 31,9 % se disant républicains et au 28,1 % se considérant démocrates. Les dernières élections ont souri aux démocrates qui occupent les deux sièges de représentants et les deux sièges de sénateurs de l'Etat, mais le gouverneur du New Hampshire, lui, est républicain. Pour rafler le siège au Sénat, le camp rouge mise sur un ancien sénateur en poste de 2003 à 2009, John E. Sununu, face au sortant Chris Pappas, un modéré pouvant séduire les indépendants. Dans les sondages, c'est le sénateur sortant qui récolte l'avantage avec 6 à 8 points d'avance.
Au Texas
Etat républicain par excellence, la Texas n'a eu que des sénateurs républicains depuis le début des années 1990, mais les démocrates croient en leurs chances de remporter un siège dans l'Etat lors des midterms 2026. Les derniers sondages donnent généralement l'avantage au démocrate James Talarico face au républicain Ken Paxton. Ce dernier, procureur général du Texas, avait failli perdre son poste en 2023 après des accusations d'infidélité. Il a été choisi de justesse à la primaire républicaine grâce au soutien de Donald Trump. Une victoire démocrate au Texas porterait un coup sévère au camp républicain.
Dans l'Ohio
C'est une élection spéciale qui se tient dans l'Ohio. Les Américains doivent élire un sénateur après la nomination de J.D. Vance à la vice-présidence. Jon Husted, qui assure l'intérim depuis deux ans, se présente donc pour être officiellement élu sous les couleurs républicaines. Face à lui, le démocrate Sherrod Brown qui a déjà été sénateur de l'Etat entre 2007 et 2025. Si les scores sont serrés dans cet Etat qui a glissé vers le camp rouge ces dernières années, les sondages donnent tout de même un avantage au démocrate à raison de 3 à 5 points d'avance.