États-Unis : qu'est-ce que le mouvement "No Kings" qui manifeste contre Donald Trump ?
Des millions d'Américains ont manifesté contre Donald Trump samedi 18 octobre. Ils se sont ralliés au cri de "No Kings", "pas de rois". Les organisateurs ont fait savoir que les manifestants dénoncent "la prise de pouvoir autoritaire" du président américain, a rapporté franceinfo. Au total, plus de 2700 rassemblements étaient prévus dans les grandes villes américaines, mais aussi dans des bourgades républicaines ou à proximité de Mar-a-Lago, la résidence en Floride de Donald Trump dans laquelle il reste ce week-end. Parmi les pancartes brandies par les manifestants, certaines qualifient le président américain de "fasciste". D'autres montraient Donald Trump grimé en Staline, en reine d'Angleterre ou en Roi-Soleil.
Environ 7 millions de personnes ont manifesté selon les organisateurs. Les associations qui se sont réunies sous le slogan "No Kings" avaient déjà organisé une mobilisation à la mi-juin, à laquelle 5 millions de personnes avaient participé, a indiqué Le Parisien. Samedi, entre 8 000 et 10 000 personnes ont manifesté à Washington, tandis que plus de 100 000 personnes ont défilé à New York, a indiqué la police locale. Des manifestations ont aussi eu lieu au Texas et en Floride, des fiefs conservateurs.
Le "shutdown" se poursuit aux États-Unis
Les manifestants ont notamment dénoncé le bouleversement provoqué par le retour au pouvoir de Donald Trump qui empiète sur les pouvoirs du Congrès et des États et menace ses opposants de représailles judiciaires. "Ils détruisent nos institutions, licencient des fonctionnaires et s'emparent des fonds publics", a regretté Jennifer Bryant, une avocate qui défilait à Houston au Texas, citée par Le Parisien.
Cette mobilisation a eu lieu alors que les États-Unis sont en "shutdown" depuis le 1er octobre. Le président américain utilise la paralysie de l'État fédéral comme un moyen de pression sur les élus démocrates. Son administration a commencé à licencier des milliers de fonctionnaires. Vendredi 10 octobre, le dirigeant républicain a promis de licencier "les fonctionnaires étiquetés démocrates", a rapporté RFI. Le "shutdown" est pour lui une occasion de se débarrasser des programmes et des agences défendus par ses adversaires politiques. Il prévoit de supprimer en priorité plus de 30 milliards de dollars de fonds fédéraux destinés aux États et aux villes démocrates.
Donald Trump a également déployé des militaires dans plusieurs villes démocrates afin de lutter, selon lui, contre l'immigration illégale et la criminalité. Plusieurs rassemblements ont eu lieu dans les villes dans lesquelles il a envoyé la Garde nationale, comme à Chicago ou à Los Angeles.