Pétrolier russe saisi par les Etats-Unis : ce que l'on sait de ce navire

Pétrolier russe saisi par les Etats-Unis : ce que l'on sait de ce navire Un pétrolier battant pavillon russe depuis peu a été intercepté dans l'Atlantique Nord pour "violations des sanctions américaines". Il était poursuivi depuis le 21 décembre par les gardes-côtes américains.

Ce mercredi 7 janvier, les Etats-Unis se sont emparés d'un pétrolier russe - le Marinera - après deux semaines de poursuite. La nouvelle a été annoncée par le Commandement des forces des Etats-Unis en Europe (Eucom) sur X. Le navire qui voguait entre l'Ecosse et l'Islande est accusé de "violations des sanctions américaines". Dans les faits, le pétrolier parti d'Iran était soupçonné d'avoir voulu charger du pétrole au Venezuela quand il a été repéré dans les Caraïbes. Il n'a jamais pu accoster au Venezuela. Il est aussi sous sanctions américaines depuis 2024 pour ses liens présumés avec l'Iran et le Hezbollah.

"Le navire a été saisi (...) en vertu d'un mandat délivré par un tribunal fédéral américain après avoir été suivi par l'USCGC Munro", précise l'armée américaine. "Le blocus du pétrole vénézuélien, qu'il soit sous sanctions ou illicite, reste pleinement en vigueur, partout dans le monde", a réagi le secrétaire d'Etat à la Défense américain, Pete Hegseth. D'abord baptisé "Bella 1", ce navire battant désormais pavillon russe est l'ultime pétrolier visé par les garde-côtes américains depuis le début de la séquence d'offensives de Donald Trump contre le Venezuela.

Un navire membre de la "flotte fantôme" russe ?

La chaîne russe RT a diffusé une vidéo sur laquelle on distingue un hélicoptère, affirmant qu'il s'agit de forces spéciales américaines qui tentaient d'arraisonner le pétrolier. En revanche, son chargement convoyé depuis mi-août depuis l'Iran vers le Venezuela, puis dans l'Atlantique, n'est toujours pas connu. Selon le site spécialisé TankerTrackers, il ne transportait pas de cargaison. La saisie est intervenue quelques heures après des informations de presse selon lesquelles la Russie a envoyé au moins un bâtiment de sa marine pour escorter ce navire, révèlent Fox News et CNN.

Le pétrolier avait également contourné le "blocus" maritime américain imposé aux pétroliers sanctionnés et repoussé les efforts de la garde côtière américaine pour monter à bord. Il fait, en réalité, partie d'une flotte clandestine aussi appelée "flotte fantôme", qui a transporté du pétrole pour la Russie, l'Iran et le Venezuela en violation des sanctions imposées par les Etats-Unis et d'autres pays, d'après Washington. Des responsables américains ont confirmé que des navires militaires russes se trouvaient dans les environs au moment de l'opération, notamment un sous-marin russe.

Le ministère des Affaires étrangères russe a dit suivre l'affaire "avec inquiétude", dans un communiqué relayé par l'agence de presse Tass, ce mercredi 7 janvier. "Notre navire navigue actuellement dans les eaux de l'Atlantique Nord, sous pavillon russe et dans le strict respect du droit maritime international", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères. "Pour des raisons qui nous échappent, le navire russe suscite une attention accrue de la part des armées américaine et de l'Otan, une attention manifestement disproportionnée au regard de son statut pacifique", déplore le ministère.