Reza Pahlavi : mais qui est vraiment ce prince pro-Trump qui veut incarner le renouveau en Iran ?
Il est le fils aîné du dernier chah d'Iran. Reza Pahlavi, né le 31 octobre 1960 à Téhéran et prétendant au trône depuis plus de quarante-cinq ans et la mort de son père Mohammad Reza Pahlavi en juillet 1980, voit aujourd'hui son nom être scandé par certains manifestants en Iran.
Alors que la colère gronde dans les rues iraniennes ces derniers jours, celui qui vit exilé aux États-Unis n'hésite pas à attiser le mouvement en appelant sur les chaînes d'information par satellite en langue farsi et divers sites internet étrangers à se mobiliser contre la République islamique. Comme le relaie Euro News, Reza Pahlavi ne plaide pour autant pas forcément pour un retour de la monarchie en Iran. S'il souhaite le renversement du régime actuel, il affirme vouloir ensuite l'organisation d'un référendum permettant aux Iraniens de choisir leur futur système politique. Une volonté qui divise toutefois ses propres soutiens.
Un prince exilé et un "chic type" pour Donald Trump
Reza Pahlavi est le fils de Mohammad Reza Pahlavi et de sa troisième épouse, Farah Diba, ses deux premiers mariages ayant été infructueux. Après avoir quitté l'Iran en 1978 afin de suivre aux États-Unis une école de pilotage, il est devenu prince héritier après la mort de son père qui avait alors déjà dû fuir en Égypte après la révolution iranienne. Depuis, Reza Pahlavi s'est imposé comme une figure importante de l'opposition monarchiste.
S'il représente malgré tout toujours la royauté et la répression qui y régnait, Reza Pahlavi apparaît toutefois aujourd'hui comme l'une des rares alternatives au régime actuel, à qui la population reproche le manque de progrès économiques et sociaux durables, mais aussi de nombreuses atrocités. Celui qui défend l'idée d'instaurer en Iran un système démocratique laïc, bénéficie par ailleurs de la sympathie de Donald Trump, qui n'a pas hésité à le qualifier de "chic type" dans le podcast The Hugh Hewitt Show, sans pour autant juger bon de le recevoir. En revanche, Reza Pahlavi a été reçu en avril 2023 par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
Un "leader par défaut"
À Public Sénat, le photographe franco-iranien Reza Deghati note cependant qu'à ce jour, "les partisans de Reza Pahlavi ne sont pas nécessairement les plus nombreux dans les manifestations organisées en dehors de l'Iran". Pour autant, "ces dernières années, on les a vus devenir plus bruyants et plus vindicatifs. Ils sont également très actifs sur les réseaux sociaux", constate-t-il, ajoutant par ailleurs que "son entourage compte de nombreux millionnaires et milliardaires iraniens en exil, mais aussi des anciens dignitaires du régime".
Mais selon la sociologue franco-iranienne Azadeh Kian, Reza Pahlavi serait plus un "leader par défaut". "Les Iraniens ont bien conscience que ses chances sont minces, et ils ne croient pas tellement à un retour, mais c'est aussi une forme de symbole", explique-t-elle à Public Sénat, commentant : "On parle de lui, on crie son nom et on affiche son visage pour montrer au régime qu'il existe autre chose."