Mercosur : tout ce qu'il faut savoir sur l'accord de libre-échange signé ce samedi au Paraguay

Mercosur : tout ce qu'il faut savoir sur l'accord de libre-échange signé ce samedi au Paraguay Après plus de vingt-cinq ans de négociations, l'Union européenne et les pays du Mercosur vont signer un traité de libre-échange, samedi 17 janvier, au Paraguay. Voici ce qu'il faut savoir sur ce texte.

C'est le point final d'une discussion débutée en 1999. Ce samedi 17 janvier, au Paraguay, l'Union européenne et les pays du Mercosur signeront définitivement le traité de libre-échange, pourtant largement contesté par le monde agricole et plusieurs pays européens, dont la France et l'Italie.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa seront présents lors de la cérémonie de signature du Mercosur, à Asuncion, aux côtés du président du Paraguay, Santiago Peña, et de l'Uruguay, Yamandu Orsi, tandis que le flou persiste sur la présence de Javier Milei, le chef d'État argentin, explique Le Figaro.

Un accord "très bon, surtout pour le monde démocratique et pour le multilatéralisme", affirme Lula

Pourtant essentiel dans l'avancée des négociations, le président du Brésil Lula n'y assistera pas. Un rôle moteur qu'a reconnu Ursula von der Leyen, affirmant qu'il a mis "le pouvoir du partenariat et de l'ouverture". "C'est ainsi que nous créons une vraie prospérité", a-t-elle ajouté.

Ce dernier avait d'ailleurs qualifié ce traité de libre-échange entre l'UE et le Mercosur de "très bon, surtout pour le monde démocratique et pour le multilatéralisme", allant "au-delà de la dimension économique". "L'Union européenne et le Mercosur partagent des valeurs telles que le respect de la démocratie, de l'État de droit et des droits humains", a-t-il insisté.

Par ailleurs, cet accord ouvre une troisième voie autre que celle des États-Unis et la Chine pour Antonio Costa : "C'est un message très fort à un moment où le droit international est menacé, où des pays comme la Chine pratiquent une concurrence déloyale dans le commerce international, où des pays comme les États-Unis augmentent leurs droits de douane".

Le Mercosur inquiète l'agriculture européenne 

Cet accord du Mercosur, ratifié à midi heure locale (16 heures à Paris), permettra de faciliter les échanges de biens entre les deux blocs - peuplés de 700 000 000 d'habitants - qui représentent 30% du PIB mondial. Résultat : les 27 pourront plus facilement exporter leurs voitures, leurs machines, leurs vins ou encore leurs fromages, explique le quotidien. À l'inverse, les pays d'Amérique latine enverront du bœuf, de la volaille, du sucre, du riz, du miel et du soja sud-américains, sans être taxés.

Pour les défenseurs du texte, cela donnera de l'élan à une économie européenne qui marque le pas et améliorera les relations avec le continent sud-américain. Mais l'agriculture européenne, elle, dénonce une concurrence déloyale liée à des produits moins chers et non respectueux des normes de l'Union européenne.

Les concessions de Bruxelles pour valider l'accord du Mercosur

Bruxelles avait alors multiplié les concessions, ces derniers jours, pour obtenir l'aval de tous les pays. Comme l'explique Euronews, l'UE a accepté de suspendre rétroactivement, à compter du 1er janvier, la taxe carbone européenne sur les engrais, pour éviter d'être désavantagée face aux termes de coûts de production. La présidente de la Commission européenne a également promis aux agriculteurs un accès à 45 000 000 000 d'euros issus du budget de la politique agricole commune (PAC) dès 2028.